La première impression n’était franchement pas bonne. Dégoûtée du Noé de Darren Aronofsky, malgré une performance bouleversante de la part d’Emma Watson qui tenait à elle seule tout le film, j’avais décidé que plus jamais mon argent n’irait cautionner une nouvelle adaptation de la Bible made in Hollywood. Mais je ne sais pas dire non à Christian Bale. [...]
J’aimerais débuter par un détail que moi, représentante du sexe faible aimant les soldes et les sels de bains, ai trouvé aussi aberrant qu’affligeant : la coupe de cheveux de notre bon Christian Bale (oui, vraiment, mais ça ne sera pas long). Au beau milieu de l’Egypte antique, le seul gars qui a une coupe absolument impeccable, c’est Moïse. Autant dire qu’on aurait pu voir les sillions de la tondeuse sculpter ses mèches brunes en regardant de près. Pas vraiment ce qu’on nous apprend dans les bouquins d’Histoire.
Mais passons. Le plus dérangeant reste la direction artistique du film. Pas que j’ai quoi que ce soit contre la volonté de notre bon Ridley Scott d’obscurcir le mythe de Moïse, au contraire, mais réussir à complètement refroidir l’ambiance d’un pays composé de 90% de sable, c’est très fort. On assiste à un sacré abus du filtre bleu pendant plus de deux heures. Je prône peut-être un manque d’originalité en réclamant un minimum de stéréotypes universels, mais dans mon imagination, l’Egypte est un pays où il fait chaud, où le soleil brille sur les dunes et les pyramides, un pays coloré, et pas ce paysage monochromique que nous dépeint le réalisateur. Sérieux, l’âge d’or de l’Egypte fait peine à voir.
Plus loin encore que les images littéralement froides du film, la réalisation toute entière est emprunte à une grande austérité. Les plans sont brefs, efficaces, sans fioriture, sans une once de recherche créative –à quelques exceptions près. Nous restons très extérieurs à l’histoire, simples spectateurs dont on ne demande même pas vraiment de grande réflexion religieuse –politiquement correct, quand tu nous tiens. On observe, on constate, voilà. Bouh, Moïse n’a pas eu la vie facile, mais au moins il avait une femme canon qui ne vieillit jamais. J’ai envie de dire que c’est la vie d’un mec, réalisée par un mec, pour un public de mecs avec des enjeux très masculins.
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