Lorsque Seth McFarlane s’affirme, il ne le fait jamais avec beaucoup de sensibilité. Ici, le créateur et cinéaste du succès commercial Ted, créateur de séries animées dont American Dad, le contexte humoristique du bonhomme est facilement discernable, s’essaie pour la première fois à la quadruple casquette, celle de producteur, scénariste, réalisateur en enfin interprète vedette de son long-métrage. Le moins que l’on puisse en dire, c’est que McFarlane ne perd jamais le nord, toujours fidèle à son postulat comique aussi subtil qu’un bulldozer de démolition. Certains apprécient, d’autres moins. Si je ne m’offusque pas facilement face à une cascade de réparties grossières, face à un humour douteux, il en est simplement question de sens de l’humour, une notion toute aussi personnelle que l’appréciation générale d’une œuvre cinématographique. Pour l’occasion, le trublion comique américain revisite l’univers sacralisé du Western.
Bien loin d’une œuvre historique, ou s’en doutait bien, Albert à l’ouest est une comédie ultra référencée qui revisite librement ce genre culte du cinéma. Cela dit, McFarlane peine sincèrement à s’émanciper de ses racines et de ses références. Si les clins d’œil sont nombreux, dont l’un d’eux, franchement jouissif, qui voit le Doc Brown de Retour vers le futur bricolé sa machine dans une grange, il ne suffit pas de référencé un produit à outrance pour en faire une comédie réussie. Malgré un récit traditionnel confrontant un bon gars à une bande de hors la loi sans morale apparente, malgré une romance improbable et piquante, Albert à l’ouest tourne tout de même majoritairement autour du thème du sexe, de la moquerie. L’humour déployé n’est en ce sens pas foncièrement novateur, en dépit des nobles velléités du réalisateur de rapprocher son western des problématiques contemporaines.
On ne s’étonne donc de rien de la part de Seth McFarlane, qui à l’évidence, semble très bien s’accommoder à sa fonction d’acteur. On ne s’étonne en rien, non plus, des apparitions salaces et amusantes de Giovanni Ribisi et Sarah Silverman, ou encore de Neil Patrick Harris, comédiens caméléons dans l’univers hollywoodiens. Plus particulières sont du moins les participations de Charlize Theron, Liam Neeson et d’Amanda Seyfried. Sans doute jugeant leurs carrières respectives comme tournant légèrement en rond, ces vedettes du Box-Office se soumettent à la direction d’un réalisateur et partenaire audacieux pour passer un agréable moment sur un plateau ou règnent bonne ambiance et rires grassouillets. D’autant que la participation de tels acteurs à ce type de production n’est ne pas moins qu’une plus-value indéniable.
On apprécie, ou non, cette comédie parodique franchement audacieuse. Le moins que l’on puisse reprocher à Seth McFarlane est d’oser à tous les coups s’affranchir du marasme des comédies américaines tous publics, un tout-venant de productions souvent insipides qui ne font rire qu’en de très rares occasions. On peut donc considérer Albert à l’Ouest comme une production assumée et réussie, pour peu que l’humour du moment ne nous rebute pas. En tout état de cause, ce simulacre de Western permettra au fan du célèbre homme-à-tout-faire de patienter en attendant la venue de la suite des aventures de l’ours en peluche le plus immoral de l’histoire. C’est déjà ça de pris. 10/20