"L’Affaire SK1" est probablement l'une des affaires criminelles les plus complexes que la France ait pu connaître. Alors, via cette idée de vouloir retranscrire cette traque du tueur de l'est parisien au cinéma, il est peu dire que j'attendais beaucoup de cette tâche qui s'annonçait particulièrement complexe. Cependant, je suis bien obligé d'admettre que le rendu de ce drame policier est plus que remarquable ! Connaissant l'affaire sur le bout des doigts, je peux affirmer que le projet est extrêmement précis dans ce qu'il entreprend et dans la manière dont il choisit son point de vue. Pour le coup, avant de nous enfoncer dans cette affaire, le film nous plonge d'abord dans les couloirs du 36 quai des Orfèvres. Par le personnage de Franck Magne, nous découvrons donc tout ce petit monde et le fonctionnement de cette institution française. Dans son idée, le film cherche avant tout à raconter le métier de ces personnages, avant même de parler de cette série de meurtres. Quand on connaît bien l'histoire, nous savons qu'elle a été très importante, surtout par la manière dont elle redéfinit la façon de résoudre des affaires criminelles. Bien loin de notre époque actuelle, la Crime de cette période ne partageait pas les affaires entre services, ne se servait pas d'identité ADN, etc... En gros, l'objectif du film est de nous faire comprendre en quoi cette série de meurtres a bouleversé le système judiciaire français. Et honnêtement, c'est exactement le point de vue qu'il fallait aborder ! Cette idée renforce énormément les enjeux et leurs dénouements, dans un jeu de piste qui ne cessera d'évoluer au fur et à mesure des avancées et des décisions. Dans son ensemble, la tension ne faiblit jamais, alors que le long-métrage ne cherche pourtant jamais à en faire trop. Au global, la musique se fait très discrète, le jeu des acteurs est en finesse et Guy George n'est jamais représenté comme un monstre cinématographique. Ici, l'idée est donc bien plus de faire transparaître la violence du réel, et c'est cela qui choque ! Rien n'est plus choquant que de découvrir brutalement une scène de crime absolument inimaginable. Rien n'est plus choquant que de se rendre compte de la peine qui parcourt la famille des victimes. Et enfin, rien n'est plus choquant que de voir la sérénité morbide qui se dégage du tueur dans ces paroles. À ce compte-là, je tire évidemment mon chapeau à Adama Niane, qui a clairement livré une performance de très grande qualité. Elle n'était pas la plus facile à délivrer, mais il a pourtant offert quelque chose de très marquant. Durant ces deux heures, le film ne va donc jamais nous lâcher, et le résultat s'avère plus qu'efficace. Certes, comme dans beaucoup de films de ce genre, les personnages principaux sont un peu délaissés dans leurs développements personnels, mais ce n'est pas foncièrement un problème. En soi, cela n'entache jamais le bon visionnage du projet, et c'est tant mieux. Je vous conseille donc fortement de le visionner, il en vaut le détour ! Pour conclure, une très bonne retranscription.