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Rémi Robert
1 abonné
49 critiques
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1,5
Publiée le 28 juillet 2026
[Regardé en VF]
Les acteurs jouent très bien, et la mise en scène ainsi que l’éclairage sont vraiment réussis. Cependant, le film se veut « épouvante‑horreur », et pour ma part cela n’a absolument pas fonctionné. Malgré sa durée de seulement 1h30, je l’ai trouvé étonnamment long par moments. Le scénario manque d’idées fortes ou semble mal mené, ce qui fait que l’histoire n’arrive jamais à installer une tension efficace. L’atmosphère est travaillée, mais elle ne suffit pas à rendre le film réellement captivant.
Encore une fois un film magnifique dans sa proposition visuelle, captivant du début à la fin, prouvant encore que Robert Eggers vise toujours très juste avec sa direction artistique.
«The Witch» est un film d’horreur lent et austère, qui mise avant tout sur l’ambiance et la tension psychologique. À travers ce cadre puritain, il montre avec justesse comment la religion et la superstition peuvent nourrir la peur et transformer chaque événement en signe de mauvais augure.
Si le rythme peut sembler long, le film devient de plus en plus captivant grâce à une véritable montée d’hystérie collective, où la paranoïa détruit peu à peu la cellule familiale. L’horreur n’est pas tant dans ce que l’on voit que dans cette peur constante de l’invisible et de l’incompréhensible.
Le premier long-métrage de Robert Egger et surement un de ses meilleurs films. L'histoire est simple, un couple avec cinq enfants, s'installe dans une ferme isolée en bord de forêt, où non loin une sorcière habite, et ce, dans la Nouvelle-Angleterre du XVIIe siècle. L'ambiance est excellente, le manque de lumière rend l'endroit très morne et inquiétant, l'intense piété de la famille renforce cette lourdeur que le film veut nous faire ressortir. Les acteurs remplissent leur rôle, mention spéciale à la performance impressionnante de Harvey Scrimshaw qui jouespoiler: une scène de possession magistrale pour son jeune âge.
Sombre expérience que ce bannissement de cette famille dans une forêt hantée par une sorcière… bien joué et réalisé même sans être amateur du genre on est happé dans cette ambiance et cette improbable intrigue fantastique d épouvante
Un conte horrifique austère et envoûtant, où Robert Eggers installe une tension sourde dans un cadre puritain oppressant. L’ambiance est réussie et l’horreur subtile, même si le rythme lent peut désarçonner.
Comment ne pas avoir de frissons devant "The Witch" ?
Ce qui fait, à mes yeux, la très grande richesse du film, c'est avant tout sa justesse historique - qui permet au spectateur de plonger entièrement dans le contexte de l'époque - et de mieux vivre la tension psychologique qui se déploie graduellement.
La production et le costume ont mené un travail de fond, archival, pour reconstituer le contexte historique - les méthodes de constructions traditionelles du bâti, les matières premières et les méthodes de couture utilisées pour les costumes. Le language est fidèle au parler de cette époque. La photographie est excellente, austère, précise - permettant d'aider cette immersion.
Les quelques premières scènes permettent déjà de comprendre la maitrise et la qualité de ce film.
Ensuite, il y a juste à se laisser aller dans l'histoire déployée : la tension est permanente, graduelle. Les personnages sont originaux, profonds, intenses. La détresse, le malaise, le doute est vécu, pleinement.
Il aurait été merveilleux de laisser au film s'installer une ambiance encore plus épurée, encore plus pesante, encore plus radicale, peut-être - qui aurait particulièrement aider à le rendre "magistral". Ici, on regrettera (un peu), que l'enchainement d'actions se déroule sur 1h30 uniquement - et dans un relatif huis-clos (hormis la scène initiale) - donnant un rythme globalement "soutenu" et une histoire un peu "en silo". Tout était en place pour que se déploie un film encore plus ambitieux, et une frayeur encore plus fondamentale.
Ici, c'est déjà un film fort, intense, original - dont on se souvient longtemps, et pour lequel on revient avec plaisir. Un bel accomplissement.
Une très intéressante reconstitution de la façon de penser des anciens puritains, et de ce qui les horrifiait. Comme d'habitude, pour répondre aux commentaires du type "ça fait pas peur", folk horror représente les peurs ancestrales traditionnelles, rien à voir avec les films d'horreur habituels, c'est pas pour le même public.
Non « The Witch » n’est pas qu’un simple film d’horreur mais une profession de foi, un récit gorgé d’une symbolique religieuse importante évoquant la question de la foi et de la dévotion au malin dans une culture jetant l’opprobre à toute irrationalité. Par ses longs plans fixes et sa musique dissonante, le long-métrage surprend parfois, inquiète et jette un trouble suffocant au spectateur attentif.
The Witch s’inscrit dans une esthétique austère et dépouillée, qui intensifie une narration à la croisée de la théologie, de la psychiatrie et de la phénoménologie. Le film explore en profondeur le fanatisme religieux dans un contexte post-réformé. La famille, exclue de la communauté puritaine, s’enfonce dans une solitude eschatologique où chaque événement est interprété à l’aune d’une théodicée implacable. La foi, privée de toute grâce, devient un dispositif paranoïaque : elle n’interprète pas, elle condamne. Ce calvinisme radical dérive vers une forme de psychose religieuse, où les structures symboliques s’effondrent au profit d’un délire de persécution à caractère mystique. Le film mobilise également l’archétype de la sorcière comme allégorie du féminin réprimé. La figure de Thomasin incarne une subjectivité en tension : à la fois objet de désir (regard du frère, soupçon de la mère) et menace d’altérité (maturation sexuelle, perte du statut d’enfant). La sorcière, dans ce contexte, n’est pas simplement un agent du Mal, mais une projection collective de l’angoisse sexuelle et sociale, une extériorisation du refoulé freudien dans un imaginaire pré-moderne. Thomasin devient ainsi une figure de transgression ontologique : elle passe de l'état de sujet subordonné à celui de puissance active, fut-ce par le pacte. Cette dynamique s’exprime dans la désintégration progressive du lien familial, dont les éléments évoquent une symptomatologie délirante collective : suspicion, isolement affectif, mutisme, inversion des rôles parentaux. Le cadre rural, la famine et l’hyperinterprétation religieuse contribuent à un syndrome de Folie à plusieurs (folie à famille). Le père s’enferme dans une hypercompensation viriliste, la mère dans un deuil mélancolique, les enfants dans une suggestibilité pathologique. Caleb, en particulier, présente un tableau clinique évoquant un épisode de type épileptique temporo-limbique ou une crise extatique : hallucinations visuelles, glossolalie, perte de conscience avec rigidité tonique, puis euphorie délirante. Ce moment, attribué à l’intervention démoniaque, peut être lu comme une manifestation neuropsychiatrique interprétée dans un cadre mythologique, où l’épilepsie est encore pensée comme visitation divine ou diabolique. Le basculement final de Thomasin est le point nodal du film. spoiler: Lorsque Black Philip lui demande : « Wouldst thou like to live deliciously? », la question n’est pas simplement diabolique ; elle est éthique. Loin d’être possédée, Thomasin consent en toute lucidité à une rupture radicale avec le Logos chrétien. Ce choix, nihiliste ou prométhéen selon les lectures, interroge l’éthique kantienne : agir par devoir ou par désir ? La jeune fille devient un sujet moral autonome, mais dont l’autonomie passe par l’acceptation du mal, c’est-à-dire d’une liberté sans transcendance.
Le film peut aussi se lire comme une allégorie de la crise de l’adolescence — une puberté vécue dans un environnement claustrophobe, sans médiation symbolique. La transformation physiologique, la menstruation suggérée, la pulsion d’individuation sont vécues comme des menaces. La sorcellerie devient alors une métaphore endocrinologique de l’émancipation : un corps qui échappe au contrôle parental et religieux. The Witch n’est donc pas un simple film d’horreur. C’est un traité de la désagrégation psychique, morale et sociale d’une famille placée hors du monde, où l’angoisse théologique devient pathologie, et où le féminin, pour exister, doit pactiser avec l’exclu. Le mal n’est pas ici une essence ; il est une nécessité dialectique de la libération.
Film assez spécial, j'ai bien aimé le suspens, le fait qu'on ne sache pas à qui se fier c'étais intéressant. Lacting est très bon de la part de toute la famille même les enfants pour leur âge s'en sortent très bien. Mais je sais pas j'ai pas pour autant kiffer, il manquait un petit quelque chose.
Une variation de sorcellerie diabolique longtemps soporifique, à l'interprétation stéréotypée. Alors qu'il ne se passe pas grand chose, que l'ennui est grand, cette histoire ne prend pas.
Extrêmement déçu. Il ne se passe absolument rien durant 1h20.Un conseil, regardez un épisode de la Petite maison dans la prairie vous aurez plus de sursaut et d'angoisse que ce pseudo film d'horreur.
Vraiment une belle découverte, le décor, les costumes et l’ensemble de la pièce nous immerge totalement dans l’époque. Même en terme d’écriture sur les croyances et superstitions… à voir