Une vie cachée
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267 critiques spectateurs

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Cacam
Cacam

3 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 janvier 2020
Ce que j'aime chez Terrence Malick, c'est qu'il pose les questions, il n'y réponds pas et c'est cette humilité qui le rend supportable. C'est le mystère qui donne à ses films leur splendeur, c'est ce qui nous offre une place à nous spectateur. Terrence Malick, c'est l'art du murmure, ce don de la question, c'est ces voix off déchirantes. Une vie cachée ne m'as pas déçue. Je ne l'ai pas compris, ce serai prétentieux de dire le contraire, il m'a laissé avec des questions. Et ces questions, je le sais, me hanteront longtemps. Comme celles de Tree of life.
Il y a cette vision, ce regard singulier. La nature. La douceur. La violence. Cette passion du détail.
Il y a cette quête de la lumière.
Les personnages sont exceptionnels. Le temps est dilaté pour nous laisser le temps de s'interroger, de comprendre. La musique de James Newton Howard est superbe.
Je ne sais pas quoi vous dire. Évidement, j'ai pleuré. Bien sur, je suis bouleversée. Il faut voir ce film c'est sur.
Mais il n'aura pas cinq étoiles. Parce qu'il y a malgré tout des zones d'ombres.
L'anglais, pourquoi l'anglais pour faire parler les héros? Pourquoi l'anglais seulement pour les héros et l'allemand seulement pour les nazis ? Franz Jägerstätter parlait allemand, cette langue ne peut être monopolisée par le nazisme.
Un autre aspect un peu décevant c'est qu'on ne sait pas comment le héros est informé de la dangerosité du nazisme.
Enfin, ce film c'est aussi la bascule du métaphysique vers le religieux chez Terrence Malick, bascule intéressante et nuancée, certes mais peut être que l'iconographie religieuse est un peu trop présente.
Alexandre Cacheux
Alexandre Cacheux

77 abonnés 645 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 janvier 2020
Aller voir un film de Terrence Malick est toujours une expérience de cinéma. Ce réalisateur américain atypique s'intéresse cette fois à l'histoire vraie d'un paysan autrichien durant la période nazie qui refuse de prêter allégeance à Hitler, dont les décisions heurtent profondément ses convictions religieuses. Prés de 3 heures de réflexion sur les valeurs humaines, les convictions, le prix à payer pour les défendre, s'opposer au groupe, la force du religieux dans l'épreuve...Malick tire le spectateur vers le haut en le forçant à se questionner, à réfléchir. C'est âpre, c'est conceptuel, souvent long mais surtout magistral. Une interprétation habitée, des images somptueuses. A tenter. A vos risques et périls.
Xavier Oudot
Xavier Oudot

1 critique Suivre son activité

1,0
Publiée le 5 janvier 2020
"Une vie cachée" est un très long pensum (3 heures!) mélangeant le calvaire d'un objecteur de conscience autrichien en 1943 -- sujet qui aurait pu être passionnant s'il avait développé un minimum les motivations du personnage, les circonstances qui l'avaient amené à s'opposer à la tyrannie nazie, au lieu de le présenter comme un doux illuminé ne comprenant pas bien ce qui lui arrive -- des paysages du Tyrol qui auraient pu être magnifiques s'ils n'avaient pas été filmés comme une pub Ricoré, des évocations de la vie pastorale d'un petit village autrichien qui auraient pu nous émouvoir si elles n'étaient pas aussi grotesques qu'un pastiche des Inconnus. C'est redondant, dégoulinant comme une tartine que l'on aurait couverte de confiture des deux côtés, emprunt d'une spiritualité de pacotille se résumant à "le mal, c'est pas bien". Une seule scène m'a touché: Bruno Ganz, président d'une cour martiale du III-ième Reich, ne croit plus visiblement au dogme hitlérien. Profondément ému par l'accusé, il lui demande : "Me jugez-vous?". On sent ici le piège qui s'est refermé sur beaucoup d'Allemands qui, de bonne foi, ont cru pouvoir conserver leurs fonctions sans se compromettre avec le régime et qui se retrouvent dans l'obligation de le servir dans ses plus sinistres tâches pour sauver leur propre vie. Voilà qui aurait pu faire un film à soi seul!
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 3 janvier 2020
C'est long, c'est lent, douloureux, ennuyeux.
Je me méfie toujours du cinéma de Malick. Je n'adhère pas à sa philosophie christique. Le sujet m'intéressait et je voulais lui donner une chance même si passer 2h40 devant l'un de ses films, m'effrayait un peu.
Ce film est fidèle à son œuvre, esthétique, lourd, pesant.
L'intérêt du film réside dans la reconstitution de la vie paysanne des années 30/40. On sent la souffrance des hommes et des bêtes travaillants la terre. Je plains les acteurs principaux du tournage.
On se rend compte que le film traite d'un fait divers de quelques mois qui paraissent durer des années sous la caméra de Malick.
J'apprécie l'esthétique d'un poème, d'un tableau ou d'une mélodie. Mais quand ça dure près de 3 heures, ça fait trop...
Le héros marche dans les pas d'un Jésus sans père et on goutte à la passion du christ tant le rythme et la durée du film semblent très, trop lents et longs.
Bref je déconseille.
Givdul
Givdul

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 janvier 2020
Film épistolaire qui montre la beauté de l'Autriche du secteur primaire en opposition à la répression naziste autoritaire
Reverdy
Reverdy

27 abonnés 92 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 janvier 2020
L'obstination à la Antigone du personnage principal, Franz Jägerstätter, est profondément marquante. A un certain moment du film, le narrateur dit : "il y a une lueur qui se dégage chez celui qui ne s'accroche pas coûte que coûte à la survie" : une liberté se déploie qui rend Franz intouchable. Il le dit à un certain moment quand on lui propose une énième fois d'arrêter de s'obstiner pour être libéré : "mais je suis libre". C'est donc l'histoire de cet homme de foi, chrétien, qui a confiance en Dieu, plus que dans un régime injuste, et qui pratique ce que Thoreau nomme la désobéissance civile, c'est-à-dire le droit de désobéir à la loi quand elle est injuste au nom de ses convictions morales.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 janvier 2020
Un film véritablement magnifique, mais prudence les choses belles sont toujours difficiles. Ce film exigeant, long, souvent obscur demandera de la patience et de la bonne volonté. Cependant, comme tous les grands films, il laissera une empreinte et des images dans la mémoire pour ceux qui se laissent imprégner par sa beauté plastique.
Le film se déroule lentement avec des thématiques complexes, aucun segment du film n'étant gratuit, néanmoins le thème central (René Girard/Simone Weil ?) semble être celui du sacrifice eucharistique avec les plans qui insistent sur le travail de la terre, la fête du corpus christi, le moulin, le blé, le pain et la mort finale de Jäggerstater.
Il est difficile de ne pas être rébuté par la folie tranquille du personnage principal, son action tout à fait insensée mais qui aurait prévenue la guerre si d'autres l'avaient suivie. Le film insiste d'ailleurs très peu sur la vie intérieure du Franz historique, fondée sur la prière, la lecture de la Bible et la vie des Saints.
Bref, un film absolument à voir pour ceux qui souhaitent éprouver une véritable expérience esthétique avec un film qui impose son propre langage, riche de références et de réflexions. Terrence Malick continue sa quête dans l'extension des limites de l'expressivité cinématographique (d'où l'incompréhension qu'il suscite) et nous lui sommes reconnaissants !
robert
robert

1 abonné 7 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 janvier 2020
Très belles images des montagnes autrichiennes
Très belle images en général
Une lenteur adaptée au thème
Suscite une belle réflexion sur le sens de la vie, la liberté, quel sacrifice est on prêt à faire pour ses valeurs
jeanpV
jeanpV

5 abonnés 31 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 31 décembre 2019
Comment ne pas voir que ce film fait la démonstration contraire de celle qu’il voulait ? Cet homme, au courage justement surhumain, paraît trop « radicalisé » pour ne pas être soumis à une pulsion de mort, qui lui fait renoncer à sa propre vie, mais aussi au bonheur de sa femme et ses fillettes ? Avoir prêté serment à Hitler ? Ce soldat allemand, comme le raconte Anouk Aimée, qui prend sa main, petite fille, dénoncée comme juive, et la conduit chez elle en repartant sans l’inquiéter avait certainement prêté serment et a favorisé la vie.
Renaud
Renaud

3 abonnés 71 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 décembre 2019
Superbe film qui témoigne de l'importance fondamentale de l'objection de conscience dans le contexte consensuel du nazisme. De plus, comparé aux filmes Sophie Scholl ou bien le Neuvième jour, Franz n'est pas un militant ou un religieux mais un simple quidam auquel quiconque peut plus facilement d'identifier.
Françoise B
Françoise B

3 abonnés 10 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 décembre 2019
film très esthétique et intéressant mais un peu long.
des belles images et une bande son de qualité
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 30 décembre 2019
titre inapproprié, mieux vaut l'appeler «la vie de saint Franz des Alpes "
..
Arnaud75016
Arnaud75016

8 abonnés 106 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 décembre 2019
Un beau film, interprété avec beaucoup de sincérité et qui retrace un aspect peu relaté de l'époque nazie, à savoir la popularité politique forte des idées nazies. Au delà des sentiments filmés avec une grande délicatesse, le film relate ce que n'a PAS fait le hero, à savoir prêter allégeance. Le manque d'action dans le scénario est donc logique.
MaCultureGeek

1 170 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 décembre 2019
Une vie cachée s'ouvre sur une beauté contemplative un poil excessive durant laquelle la part belle sera faîte aux paysages, au bonheur d'un quotidien insouciant et isolé de la dureté du monde extérieur, aux relations idylliques et pures de cette famille parfaitement composée sur fond de voix-off aux paroles poétiques écrites de main de maître par un Terrence Malick au talent irréfutable, que ce soit pour la composition de ses plans ou la justesse littéraire de ses dialogues.

La vérité du moment, reproduction parfaite d'un réel auquel chacun aspire, tient autant de la réalisation touchante, humaine et chaude que du jeu de son duo d'acteurs absolument brillant, August Diehl et Valerie Pachner formant l'un des couples les plus attachants, vrais et déchirants vus sur grand écran depuis de nombreuses années. On se prend au jeu dès le départ, de sa première phrase à son dernier plan, tous deux d'une beauté sidérante, même lorsqu'on se rend compte en introduction que Malick, soucieux de mettre en valeur la beauté des panoramas autrichiens, use et abuse des compositions de paysages certes réussies, jolies et planantes mais répétitives et, d'une certaine manière, attendues.

Après cette première demi-heure aussi charmante que laborieuse, survient le véritable sujet du film : Franz Jägerstätter, héros purement moral au sein d'une période historique désastreuse, s'élève en réaction de l'arrivée du nazisme comme le Christ face au pouvoir répressif des romains. Un postier aperçu au détour d'une ballade, qu'on voit de plus en plus à mesure que le temps passe; trois soldats venus réclamer vivres et soutien pour l'effort de guerre, rejetés par un montage brutal et ciselé; une première incursion dans le domaine de la guerre, au camp d'entraînement, où l'on croirait que Franz, chargé de perforer des mannequins de paille à coups de baïonnette, va s'évanouir ou vomir : il n'en faudra pas plus pour le placer sur la seule voie qui lui semble destinée, la solitude d'un martyr transcendant sa propre condition d'homme.

Celui que l'on suivait au départ comme seul travailleur des champs, rapidement épaulé par sa femme, la quitte de nouveau après une heure et demi de quotidien sublime pour rencontrer le tournant de sa vie, l'engagement militaire forcé. C'est là que Malick décidera de passer du tout au tout en élevant ce fermier sans prétention au stade de figure héroïque qu'on pourrait idéaliser pour sa bonté morale, et l'infaillibilité de ses concepts humanistes.

La réflexion est à ce sujet suffisamment poussée pour désacraliser en même temps ce personnage principal que tout indique comme la nouvelle représentation du messie : de multiples fois, Malick fait appel au mépris de ses opposants pour glisser l'hypothèse somme toute intéressante son laquelle Franz, tout humain qu'il soit, fait moins preuve de courage par bonté d'âme que par simple question d'égo; l'idée de s'agenouiller devant un dirigeant autoritaire ne serait-elle pas impensable pour un homme de famille indépendant, totalement autonome, à ce point borné qu'il provoque lui-même les punitions qu'on lui inflige?

Il existe donc, dans Une vie cachée, une dualité comportementale qu'on retrouve autant chez nos personnages principaux (Franziska, femme de Franz, qui ne sait jamais où se situer moralement, si elle doit écouter les remontrances de sa soeur ou soutenir à 100% les choix de son mari, quitte à devenir la risée du village) ou de ce même village, premiers partisans d'Hitler qu'on croise au travers du maire, effrayants au départ, possédés par la montée des idées haineuses pour redevenir, sur la fin, plus humains, plus touchants, en un simple plan de réaction fasse à la magnifique conclusion de l'intrigue.

Malick détruit ici les attentes qu'on pouvait avoir du développement de ses personnages : là où l'on attendait forcément une histoire touchante, de fait romantique et tragique, il la change en appelle d'espoir divinement porté par ses multiples passages racontés à la voix-off jusqu'à cette fantastique idée d'en faire une partie épistolaire durant laquelle il nous partagera la détresse, l'amour infaillible de ses personnages, la tragédie forcée mais transcendantale à laquelle on se préparait depuis le début.

Le retour, à ce moment, d'un personnage secondaire entraperçu aux premiers pas dans l'armée, ajoute à l'oeuvre une fragilité toute belle au travers de danses improvisées, entre le grotesque et la mélancolie, au sein de cellules sales baignant dans une lumière solaire brûlante. On pense même à Charlie Chaplin, particulièrement à Charlot, alors que ce personnage touchant est la proie de sévices pour avoir voulu ramener un soupçon de gaieté, de légèreté dans un pays que son peuple ne reconnaît plus (pour ceux encore capables de réfléchir en dehors de la propagande parasitaire).

Le dialogue, rare, passe majoritairement par la mise en scène expressive et riche de Malick, ainsi qu'au travers des passages narrés par les multiples voix-off, en forme d'appel à l'aide mélancolique ou de preuve de soutien infaillible : dans Une vie cachée, les personnages se parlent de façon superposée, rarement en face à face : on rigole aux champs plus que ce qu'on y discute, à défaut de s'y faire insulter, crier, cracher dessus, tout autant que les prisonniers, forcés de se taire pour ne pas se faire réprimander, avancent en traînant derrière eux la peine du monde en adoptant le pas de zombies, repris de justice déshumanisés par la destruction progressive de notre principal point d'existence : le langage.

Ce fossé entre narration et dialogue, finalement très important, est mis en forme par la barrière de la langue : dans le monde personnel de Franz, on parle anglais; ses ennemis, hommes qu'il ne comprend pas, parlent entre eux allemand, autrichien. Quand ils entrent dans son monde, dans sa vie, l'anglais se fait plus courant; il faut, pour cela, qu'il les estime ou désire les combattre, qu'il humanise finalement des ennemis sadiques, mauvais, ou trop insensibles, à la limite de l'inhumain.

Au lieu de voir cela comme une façon simple de permettre au spectateur international de comprendre plus aisément son film, il paraît tout de même intéressant de se dire que la rencontre de ces deux langues disparates traduit justement la dualité profonde de l'oeuvre, qu'elle concerne le comportement paradoxal de ses personnages, tiraillés entre deux camps, l'absence de manichéisme de ses antagonistes, qui d'un côté nous présente une vie rêvée contemplatrice des paysages au travers de grands angles de caméra, et d'un autre celle d'une existence brimée par de petits décors de prison aux sévices terribles, sublimés par une photographie digne des plus belles toiles classiques, deuxième partie dure à voir qu'on pourrait considérer comme le miroir de sa première heure et demie : les arbres, remplacés par les immeubles, servent à l'effort de guerre; le travailleur, loin d'être fermier ou cultivateur, se tue à la guerre et range, aux abattoirs, les vies supprimées dans des dossiers classés, déshumanisant totalement une nation qu'on nous présentait verte, luxuriante en début de bobine, et qui n'est plus animée d'un côté que par la lueur faiblarde d'une bougie sur fond de notre père en cellule d'attente, et de l'autre par le teint blafard d'un ciel nuageux au moment d'un baiser d'adieux.

Parce qu'il ne reste, au final, que cela : l'amour véritable, qu'il soit conjugal ou amical, permet de faire de cette vie gâchée une existence cachée qu'on découvre avec une fascination inexplicable, et qu'on abandonne, en fin de bobine, avec le coeur lourd, l'esprit embrumé devant tant de sensibilité, d'humanité, de simplicité.
Sam L.
Sam L.

25 abonnés 121 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 décembre 2019
Beau film. Malgré un thème poignant et une histoire tirée de faits réels, beaucoup trop de longueurs sur les plans de la très esthétique campagne autrichienne, trop d'insistance sur les réactions inhospitalières des habitants envers la femme et les enfants du déserteur, et enfin sur la vie carcérale de ce dernier.
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