Un nanar subventionné, typiquement français, qu’on aime détester. On attend jusqu’au bout, entre espoir et frustration, mais ça ne décolle jamais. Le film s’éteint et se termine dans une indifférence molle. Il repose uniquement sur son acteur principal, qui le porte tant bien que mal à bout de bras. En dehors de cette tête d’affiche, fidèle à elle-même, pas mauvaise dans son rôle mais sans jamais se réinventer, tout sonne creux. Laurent Lafitte (il faut dire "de la comédie française" même si c'est lourdingue) est en pilote automatique, sans prise de risque. Il n’y a aucune évolution narrative ; le personnage reste le même du début à la fin, alors qu’une transformation aurait enrichi le récit (et la morale, si tant est qu'il y en est une). Ce n’est sans doute pas de son fait, mais ce n’en est pas moins regrettable. Au-delà d’une direction artistique teintée d’amateurisme, la réalisation est aux fraises, avec un son inaudible, des dialogues souvent incompréhensibles et des voix couvertes par les sons ambiants. La mise en scène ne relève pas le niveau, avec des décors tous plus froids, fades et glauques les uns que les autres. Quel que soit le décor, l'illusion ne prend pas. En termes de casting et de personnages secondaires, le constat est sans appel : ils sont catastrophiques, totalement fades, sans aucune consistance, on n’y croit pas une seconde. Autant de caricatures dignes du théâtre de boulevard. En cherchant à désorienter le spectateur, le film s’est perdu en chemin et propose une fin prétentieuse et artificielle. Derrière ce vernis pseudo-intellectuel se cache surtout une conclusion facile, bâclée, destinée, on le devine, à en finir au plus vite avec ce navet sous perfusion.