Vice
Note moyenne
4,0
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334 critiques spectateurs

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Moorhuhn
Moorhuhn

167 abonnés 579 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 mars 2019
Dick Cheney. Un nom qui semblait si familier durant le mandat Bush Jr mais dont nous ne savions finalement pas grand chose. Et c’est là tout le sujet de Vice, s’attaquer à la vie de cet homme de l’ombre qui a fortement pesé dans la politique américaine depuis les années 70. Le terme « s’attaquer » prend d’ailleurs ici tout son sens tant le cinéaste Adam MacKay va s’acharner à démonter tout un système politique à travers cette figure énigmatique et controversée. Il n’y aura jamais tromperie sur la marchandise tant la démarche est explicite, nous assistons ici à un véritable film à charge pleinement assumé. Et comme tout film à charge qui se respecte, il n’y aura aucun consensus possible et les avis auront du mal à être unanimes. D'autant plus que la liberté de ton de Vice peut aussi dérouter plus d’un spectateur. Un film aux multiples facettes donc qui a beaucoup de choses à raconter et avec panache. Peut-être un peu trop?

Après une courte (et amusante) séquence d’introduction présentant les difficultés à faire un film sur un homme aux nombreuses parts d’ombre, le film démarre in media res dans un contexte qui constitue le point d’orgue de la carrière de Cheney : les attentats du 11 Septembre. Mais comment cet homme peu connu et peu charismatique a-t-il pu se retrouver dans cette salle pour prendre des décisions urgentes pour solutionner cette crise inédite et inouïe ? C’est l’un des propos du film, montrer cette ascension sur les marches du pouvoir et les étapes/limites à franchir pour arriver ses fins.

La narration du film, non-linéaire, est assurée par un mystérieux personnage dont on apprendra le rôle un peu plus tard. Difficile de ne pas être intrigué par ce procédé tout comme il est difficile de ne pas être intrigué par le portrait dressé de Dick Cheney qui apparaît déjà comme étant un homme de contrastes dès sa jeunesse. Aussi intelligent qu’intenable (viré de Yale après une bagarre), mutique et imprévisible, difficile d’imaginer que cet électricien troublé deviendra l’un des hommes les plus puissants de son pays. C’est ce qui est d’ailleurs très intéressant, de voir comment un homme si effacé d’apparence parviendra petit à petit à poser ses pions pour affirmer son emprise autour du pouvoir, aidé par une épouse aux dents longues.

Et c’est ce qui est vraiment palpitant dans ce film, cette progression de Cheney dans la vie politique. Cette plongée dans les arcanes du parti républicain est captivante avec l’accumulation de plusieurs contextes géopolitiques controversés et passionnants (la guerre du Vietnam, le Watergate, le 11 Septembre, etc.). Les grandes étapes de cette carrière sont à la fois marquées par le travail, la chance et les opportunités plus que par un réel sens. On notera cette scène marquante où Cheney s’interroge un temps sur la vision politique des républicains, ce qui déclenchera un fou rire chez Donald Rumsfeld (incarné ici par Steve Carrell). Le film est dans l’ensemble très cynique et acerbe sur le monde politique, ce qui aurait pu être plus marquant s’il ne cantonnait pas qu’au simple monde républicain.

C’est bien là toute la limite d’un film orienté politiquement et qui ne va pas faire preuve d’un sens de la nuance exemplaire. Ça vise juste dans bien des cas mais ça tombe également dans la facilité et la spéculation. Spéculation qui, même si elle apporte un point de vue intéressant sur Cheney et l’Amérique en général, reste très discutable sur le plan éthique. Ceci dit la part de véracité reste majoritaire et fait plutôt froid dans le dos. Quand on pense à l’intervention américaine en Irak qui favorisait les intérêts de Cheney ou encore la douleur qu’il inflige à sa fille homosexuelle en se positionnant contre les avancées LGBT, on se dit qu’on avait affaire à un sacré personnage qui contraste fortement avec l’image qu’il dégage.

Vice est donc un film à l’image de son personnage : plein de contrastes. On a d’un côté une mise en scène dynamique et originale qui sort des sentiers battus du biopic mais ce côté insolent peut s’avérer lassant à la longue tant les effets se multiplient trop souvent. Sur le fond il y a de la matière qui pousse à la réflexion et qui dérange mais encore une fois le côté très orienté et à charge peut déranger. D'autant plus qu’il ne s’agit pas forcément de sujets ultra récents. Contemporains certes mais pas récents. On les connaissait les mensonges liés à l’invasion de l’Irak et les fameuses armes de destruction massives. Et si en parler et montrer les coulisses est intéressant, j’ai l’impression que McKay cherche à nous choquer à partir d’un truc inouï que nous connaissions déjà. C’est du moins la sensation que j’en ai eu, peut-être est-ce dû à cette fougue et cette énergie créatrice folles mais mal canalisées?

J’appuie volontairement sur les aspects plus dérangeants du film pour mettre en avant ce qui me perturbe un peu mais je ne peux pas dire que je ne l’ai pas apprécié. Il y a quand même une certaine intelligence de traitement dans l’ensemble et le récit est prenant grâce à son approche quasi documentaire. Christian Bale offre une performance solide tant il arrive à s’effacer derrière son personnage (et pourtant Dieu sait que les métamorphoses d’acteurs m’insupportent). On notera également les prestations excellentes d’Amy Adams, Steve Carrell et Sam Rockwell. Ce dernier est génial d’ailleurs dans son incarnation d’un George W. Bush sur lequel on a un angle de vue intéressant, celui d’un pantin plus que d’un leader.

Vice soulève des questions intéressantes tantôt avec habileté tantôt avec maladresse. Il peut enthousiasmer comme exaspérer et faire preuve de finesse comme de lourdeur. Et c’est vraiment dommage que le parallèle très évitable avec la politique de Donald Trump soit dressé dans cette scène de générique qui tombe dans une facilité vulgaire. Pour le reste on tient un film intrigant qui nous offre une plongée passionnante dans le monde politique malgré quelques défauts parasites. L’ampleur du sujet était peut-être trop grande pour tenir sur un seul film de 2 heures mais ce qui est évoqué a de quoi marquer, interroger et alarmer.

C’est d’ailleurs ce qui fait que je recommande le visionnage de ce film qui explore des pistes intéressantes sur lesquelles le spectateur peut s’appuyer pour creuser le sujet de son côté. C’est ce qui pourra définir Vice, à savoir un fond brut très riche mais traité de manière un peu trop superficielle.
Malevolent Reviews

1 104 abonnés 3 207 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 mars 2019
Depuis qu'Adam McKay, alors réalisateur quasi-attitré des comédies loufoques de Will Ferrell, s'est lancé dans le biopic en 2015 avec l'excellent The Big Short, on se demandait quelle tournure allait prendre sa carrière. Ni une ni deux, il récidive de manière cette fois-ci plus politique en mettant en scène la montée au pouvoir du polémiqué Dick Cheney, de son rôle de petit faire-valoir à la Chambre des Représentants à son poste de vice-président aux côtés de George W. Souhaitant tirer son épingle du jeu et éviter au maximum de proposer un biopic ennuyeux, McKay nous livre un long-métrage passionnant car finalement très drôle et parfois même déstabilisant. En effet, quand il n'ajoute pas des interludes du narrateur qui casse le quatrième mur, le film s'avère déstructuré au possible, alternant entre passé et présent et entre réalité et fiction, le tout parsemé de séquences inattendues qui tendent à expliquer de manière souple et limpide des détails politiques que l'on pourrait trouver barbant ou incompréhensibles. Des séquences comme un serveur proposant un menu à base des crasses que le Sénat va prévoir ou un petit montage humoristique à base de photos interchangeables dévoilant la mise en place des futurs dirigeants du pays. Le casting quatre étoiles n'est pas en reste, que ce soit Amy Adams épatante en Lynne Cheney ou encore Sam Rockwell en W. Bush, tout aussi convaincant que le fut Josh Brolin dix ans plus tôt. Christian Bale est, lui, comme d'habitude bluffant, son talent ne se résumant pas à prendre 20kg pour le rôle mais bel et bien en adoptant la gestuelle, les mimiques et la voix de l'ex-Vice-Président. Parfois plus proche de la comédie que du drame, Vice est une œuvre singulière passionnante de bout en bout qui se hisse sans mal au sommet des biopics politiques.
MC feely
MC feely

84 abonnés 671 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mars 2019
Pour un film sur une personnalité politique c'est plutôt bon,on sent bien sur que le film est orienté politiquement évidemment, mais il reste dans l'ensemble efficace et montre bien comment fonctionne la machine politique avec ses opportunismes,ses absences de convictions et son cynisme.Dick Cheney est incarné avec brillo par Christian Bale qu'on reconnait pas avec le maquillage c'est bluffant et qui joue un personnage (vice président de l'administration Bush) qui est l'incarnation de l'individu attiré par la gloire et le pouvoir par n'importe quel moyen,la en l’occurrence il participera fortement à déclencher une guerre en Irak qui a tuée des centaines de milliers de gens pas forcément concernés pour la plupart par les attentats de 2001 et sans retrouver d'armes de destruction massives avec un Cheney qui nous soutien ne rien regretter,que ça a protégé les usa avec aucune remise en question ça en dit long sur le type...3,5/5
defleppard

483 abonnés 3 676 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 mars 2019
Biopic sur Dick Cheney......bien sans être passionnant non plus sur la durée..........................3 étoiles.....!!!!!!
Heidi75013
Heidi75013

8 abonnés 59 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 mars 2019
Christian Bale est comme toujours dans l'excellence, cependant le jugement de valeur pleinement affiché sur Dick Chenney a complètement bloqué ma lecture du film. Sa lenteur est désespérante, à voir après une bonne nuit de sommeil, au risque de piquer du nez.
orlandolove
orlandolove

169 abonnés 1 731 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 mars 2019
Le réalisateur combine avec brio une forme ultra ludique (on s'amuse beaucoup) et un fond implacable et glaçant.
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mars 2019
L'histoire de l'Amérique bat aux portes de nos cinémas, en ces temps complexes de relation internationale. Et pour autant, le cinéaste nous invite à regarder le passé politique récent des USA à travers le personnel troublant Dick Cheney, plus intéressé de pouvoir et de conquête du monde, que d'idéal politique, avec un air à la fois très drôle, très cynique, mais aussi profondément inquiétant. Car "Vice" raconte justement cela : la façon dont cet être alcoolique, désinvolte. et incroyablement libéral, est parvenu à rentrer dans la Maison Blanche jusqu'à occuper le poste de Vice-Président aux côtés de George W Bush.

Vice sonne l'ambiguïté. Le spectateur ne peut s'empêcher de comprendre le terme comme, certes le préfixe de la fonction que Cheney occupait au moment du 11 septembre 2001, mais surtout comme l'expression d'une façon d'exercer un pouvoir autocratique, dénué de toute forme d'empathie, au service des grands patrons et des idées réactionnaires. Pourtant, derrière l'homme politique, il y a une famille. Justement, on se rend compte combien l'épouse de Cheney a considérablement tenu les rênes d'un pouvoir exigeant et insensible.

La mise en scène opte pour un rythme relevé. Les chronologies se mélangent et on cerne l'ironie et l'humour en faisant raconter le destin exceptionnel de cet homme par un américain lambda. Si le format est relativement dense, l'ennui est rare. On nous donne à voir une Amérique à la limite de la repentance dans l'analyse qui est faite notamment de la guerre du Golf. "Vice" est donc un film essentiel, à cette heure, où sonne le tocsin d'un nouvel impérialisme américain, dépourvu d'éthique, mené par un Trump aussi fou que singulier.
Mathieu L
Mathieu L

7 abonnés 27 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 mars 2019
La première heure est vraiment longue, pas mal de longueurs et pas trop de cohérence la suite est plutôt agréable, la succession des actions se fait plutôt bien, on apprend beaucoup de choses.
Caine78

7 757 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 mars 2019
Avant tout réservé à un public américain (déjà que l'Histoire de notre pays on a parfois du mal, alors celle des autres...), « Vice », sans faire de révélations fracassantes, apparaît rapidement comme un biopic assez original dans sa forme et percutant sur le fond. Plus la carrière d'Adam McKay avance, plus celui-ci semble vouloir lui donner un tournant politique, qu'il assume donc totalement ici. Audacieux également de s'intéresser à un homme de l'ombre, sans le moindre charisme, resté finalement presque peu connu alors qu'il était juste vice-président des États-Unis... Tout aussi intéressant de découvrir que celui-ci était quasiment le « cerveau » de George W. Bush, notamment lors de la désastreuse et funeste intervention américaine en Irak. Le film s'arrête longuement et logiquement sur cet aspect, même si l'on regrette un peu, du coup, que ce dernier ne s'attarde plus longtemps sur d'autres aspects de ces huit années de pouvoir, les événements pouvant apparaître parfois un peu complexes si l'on n'est pas « spécialiste » du sujet. Ce sont mes seules (légères) réserves, le parcours du bonhomme étant décrit avec précision, mettant bien en avant sa dimension totalement insaisissable, mystérieuse, jusque dans sa façon de se déplacer, s'exprimer (on a l'impression que chaque mot est difficile à prononcer) ou encore son absence quasi-totale d'empathie spoiler: (l'homosexualité de sa file restant l'heureuse exception, et encore, mise à mal par la suite)
. Dans ce rôle complexe, Christian Bale livre une nouvelle prestation « transformiste » étonnante, bien secondé par Sam Rockwell et surtout Steve Carell, ma chérie d'amour Amy Adams m'ayant semblé moins éclatante que de coutume. Sincèrement, je ne suis pas sûr qu'il y avait vraiment moyen de faire un meilleur film, les saillies humoristiques spoiler: (ce générique façon « La Petite maison dans la prairie » en plein milieu ne semblant jamais s'arrêter, ce narrateur dont on ne découvre l'identité que dans les dernières minutes ou encore le « débat » dans les dernières minutes, j'ai trouvé ça vraiment savoureux)
comme les apartés cyniques au possible ou donnant une vraie personnalité à ce biopic pas comme les autres. En tout cas, voilà un titre qui, à défaut de captiver (pas simple, au vu du sujet), mérite indéniablement qu'on y jette un œil attentif.
Tchetchile
Tchetchile

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mars 2019
Ce que j’ai vraiment apprécié c’est le travail de mise en scène très punchy limite enjoué pour raconter l’ascension politique d’un ultra libéral au comble du conservatisme. Un peu comme si on racontait l’histoire en mode rock star d’un personnage politique qui n’a absolument rien de la rock star !
Quel ballet d’opportunistes et carriéristes politiques !
C’est une lecture subjective du mandat Bush toutefois le message est amené avec subtilité.
Encore une fois ce qui m’a le plus plu dans ce film c’est son format original au service d’une lecture acide du monde politique.
Je recommande!
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 22 mars 2019
Absolument incroyable, un film certes orienté mais qui énonce des faits vérifiables.
Les moments d'humour permettent de cerner le personnage dans sa globalité et restent pertinent.
Un moment de dingue et qui enclenche un réflexion de fou.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 22 mars 2019
Bon film, très bien réalisé en mode mi-documentaire/mi-film très agréable et très pédagogique. J’ai appris beaucoup de choses. Les acteurs sont très bien choisis et cela nous permet de mieux comprendre les enjeux du pouvoir aux Etats-Unis. Allez le voir cela vaut le coup
Sabrina S
Sabrina S

43 abonnés 127 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 mars 2019
Film choc sur les politiques et décisions des républicains américains depuis les années 70, mais surtout sous la présidence Bush... Sur un ton humoristique, parfois cynique. Une satire politique, à charge, mais non moins divertissante et originale, produite par Brad Pitt. Je recommande !
Mathieu Y
Mathieu Y

47 abonnés 9 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mars 2019
Un film qui met en lumière le sale type tapis dans l’ombre qu’est depuis des décennies Dick Cheney, celui qui a tiré les ficelles sous Bush et responsable de pas mal de troubles géopolitiques majeurs, dans le simple but d’enrichir les compagnies qui l’ont embauché. Impressionnant sur la forme (le ton, le brisage de 4ème mur, les choix narratifs, le morphing de Bale et même Sam Rockwell) et sur le fond (quel attaque frontale), un film indispensable.
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 mars 2019
Aussi intéressant qu'effrayant, ce thriller politique se regarde avec plaisir et consternation. Le film est remarquablement documenté et nous en apprend beaucoup sur l'histoire américaine récente. Les acteurs sont tous impressionnants, et le ton satirique du film est très appréciable.
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