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Henning P
82 abonnés
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4,5
Publiée le 29 janvier 2019
Un film émouvant et empli de poésie. Cette famille qui n'a pas la chance et la réussite financière, nous montre le plus important, l'amour que l'on donne à ses proches. Une grande tendresse s'en dégage. Une autre vision du Japon, loin des stéréotypes. Tous les acteurs jouent juste, sans mélo.
Enfin, Kore Eda repart de Cannes avec la Palme d’or après avoir remporté Prix du Jury, Grand Prix ou le Prix du scénario « Un certain regard » avec certains de ses précédents films. Ce film est l’agrégation de tous les thèmes chers au nippon dont le principal : sa perpétuelle interrogation sur les éléments qui forment une famille. ADN ou amour ou envie de vivre ensemble ? Liens du sang ou liens du cœur ? Cette question est posée avec une force décuplée ici par rapport à ses précédents films. Durant 90 minutes, immersion complète dans le quotidien d’une famille de marginaux : une grand-mère vivant de sa petite pension et d’un chantage récurrent, un « fils » vivant de vols à l’étalage et y formant son fils pré ado, une « belle fille » ouvrière au salaire faible, une autre fille ramenant un peu d’argent de ses gains d’hôtesse dans un peep-show ; et puis la petite dernière de 5 ans dont on nous montre l’arrivée dans la famille. Une fillette maltraitée récupérée dans la rue et qui trouve de l’amour dans ce cocon si particulier ; un enlèvement, non pour cette famille, ils ne demandent pas de rançon. Et voilà un portrait, et c’est peut-être le seul bémol, un peu long d’une famille aux accents d’ « Affreux sales et méchants » de Scola. Cette petite tribu modeste vit une forme de bonheur loin des conventions sociales ; et le dernier tiers du film montrera au combien ces conventions ne sont pas la préoccupation de cette communauté de vie. Et là, Kore Eda se révèle politiquement incorrect vis-à-vis de son pays ; en montrant déjà la faillite d’un modèle familiale nippon (et plus largement occidental). Défaillant par opposition à d’autres formes de relations filiales plus harmonieuses ; mais aussi en montrant ce que l’on cache souvent au Japon, les exclus du système qui font tâches dans le tableau de la réussite nippone assénée aux yeux du monde. Kore Eda finit par choisir de faire triompher l’ordre social des choses sur de nouvelles formes de famille ; mais pour le pire. Il interroge dans cette dernière demi-heure, avec une puissance encore plus importante que dans ses derniers films, la cellule familiale basé sur la génétique commune de ses membres. Au final la vision proposée par Kore Eda de l’humanité n’est pas du tout désespérée, car elle est sauvée au final par l’affection et la transmission que l’on peut trouver partout et aussi en dehors des siens. Et comme dans ses précédents films, Kore Eda démontre tout son talent pour filmer au plus juste le monde de l’enfance : la relation entre les deux enfants et les interactions avec les adultes sont joliment senties. Et donc ce Kore Eda, belle synthèse de son œuvre, est une chronique douce-amère, drôle et attachante d’une finesse et d’une intelligence assez exceptionnelle. L’écriture est brillamment ciselée, tout est gentiment nuancé ; même si le message porté par Kore Eda est toujours identique, il est porté de manière habile, avec minutie et dans toute sa complexité. A voir absolument. tout-un-cinema.blogspot.fr
Un peu de longueur mais une belle image de la société japonaise sans toutefois que ce film soit un chef d’œuvre ! Des questions essentielles sur la filiation, "l'adoption", la place des enfants au sein d'une grande famille et l'amour qu'on leur donne. A voir pour ces questions "philosophiques". Tournage dans une ville qui nous prive des beaux paysages et temples japonais. Dommage que ce film ne présente pas mieux la culture, les paysages et la population japonaise qui sont un des plus beaux que j'ai pu rencontrer.
Dès la première scène magistrale du film, tout est dit de l'Art de Kore-eda : mise en scène d'une incroyable fluidité, des travellings somptueux et un sens de l'ellipse tellement chargé de sens. La suite du film confirme cette impression tout en creusant le sillon des thèmes chers au réalisateur déjà abordés dans "Nobody knows" ou "Tel père, tel fils" à savoir si une famille réinventée vaut mieux que les liens de sang. Doit-on se conformer à des schémas classiques pour exister aux yeux des autres ou se créer ses propres liens y compris ceux construits dans la plus totale illégalité pour se réaliser ? Si Kore-eda nous donne souvent l'impression d'insister dans ses thèmes de prédilection, tout en gardant la magnificence de ses cadrages ou de sa lumière, il innove, cette fois, en dramatisant la fin de son film parvenant ainsi non seulement à renouveler les enjeux mais surtout en offrant une bouleversante charge émotionnelle, rare chez lui. Il faut dire que les comédiens y sont pour beaucoup dont l'exceptionnelle Sakura Ando. Un immense chef d'oeuvre, une Palme d'or enfin susceptible de plaire au grand public comme aux amoureux du cinéma.
A l'occasion du festival Ciné Télérama, j'avais l'occasion de voir le film, auquel j'avais vu aucune bande annonce ni de pub, aucune image du film, ni même l'histoire donc c'était une totale découverte. Palme d'or 2018, le film n'a pas volé sa Palme. Un film touchant, qui arrive et fait tout pour ne pas tomber dans le prévisible ni le tire larme et dieu que ça fait plaisir. La beauté des plans, toujours accentué sur la lumière, les décors d'un Japon méconnu et évite à tout prix les clichés. La finesse de l'écriture, les personnages incarnés par de superbes acteurs ajoute une touche de réalisme et de cohésion avec la beauté voulue. Il étonne dans une vision non commune, d'une "famille" pauvre, qui tente de se débrouiller tant bien que mal, toujours avec une morale qui essaye d'être juste. A voir absolument, histoire de s'évader assez longtemps pour vouloir recommencer.
Dans Une affaire de famille, comme une sorte de huis clos social, Kore-eda prend pour cadre le lumpuenproletariat japonais pour traiter d’un thème qui lui est cher : la famille. Et dans un sens plus large : la filiation. Subtilement, mais malgré peut-être une narration prolixe, on perçoit à mesure que le film avance, la complexité des liens qui unissent les membres de cette famille marginal.
Assez touchante plongée dans le Japon des pauvres : une drôle de famille de bric et de broc tassée dans une vieille baraque d’autrefois, devenue une dent creuse au milieu des buildings du quartier. C’est attachant, mais non sans un certain ennui : les membres de la drôle de famille sont tous attachants, mais hétéroclites comme un étal de brocanteur. Puis on entre dans le vif du sujet. Tout change de sens, la famille se disloque d’un coup : derrière les bons sentiments, le sordide : pourquoi ? On n’a guère le temps de se poser la question : le film se termine sur une scène magnifique dans un commissariat, en plan long, qui fait regretter les lenteurs, voire longueurs, précédentes.
Une réflexion intéressante sur ce qu’est une famille et des images fabuleuses! Il faut accepter de se laisser embarquer dans cet univers qui se dévoile petit à petit. A voir absolument!
Un film montrant le Japon sous un angle inhabituel. La vie d'une famille pauvre qui vit au jour le jour sans argent mais avec beaucoup d'amour. Un beau film.
Quel scénario génial, les personnages sont passionnants... mais la réalisation est tellement poussive . Vraiment dommage, il y a tout pour faire un grand film... mais sans cette étincelle qui transforme tout .
Je n’ai pas aimé, l’histoire de cette famille qui s’est choisie, et qui a surtout choisi les petites arnaques et les expédients comporte beaucoup de longueur, je me suis ennuyée. C’est tourné sans émotion, sans affect. Évidemment la palme d’or j’aurais du me méfier.
Le film nous plonge d'emblée dans un univers misérabiliste aux relents de promiscuité, aux odeurs rapprochées et amplifiées par les aléas du climat japonais. Il brise les conventions aussi bien occidentales qu'asiatiques sur l'idéal de parentalité. Cependant, l'humanité se niche dans le cœur de ces indigents malgré une grand-mère qui pourvoit à leur besoins et est confrontée aux normes sociales, à défaut d'être sociétales, du Japon moderne, rigide. Un film déroutant par les particularités du Pays du soleil levant mais qui se révèle progressivement dans l'universalité des liens du cœur.
Un très beau film. De l'amour, beaucoup de chaleur dans un environnement de grand dénuement mais aussi, toujours présentes, une durété, une cruauté même, qui font toute la profondeur du film et sa complexité.