Hypnotic de Robert Rodriguez part d’une idée prometteuse, un thriller psychologique mêlant hypnose, faux-semblants, conspiration, un cocktail qui aurait pu donner quelque chose de réellement hypnotique, complexe, voire audacieux. Le film débute toutefois sur des bases très classiques, voire usées, le flic broyé par ses traumatismes, obnubilé par son travail. Ben Affleck, dans ce rôle, apparaît souvent comme distant, peu habité, ce qui nuit à l’identification du spectateur dès le départ.
Quelques moments relèvent le niveau, l’arrivée du « méchant » joué par William Fichtner, un braquage bien mis en scène, certaines scènes visuellement soignées donnent un espoir. Rodriguez semble y croire, offrant des idées de mise en scène intéressantes, une atmosphère qui pourrait rappeler Hitchcock, ou le mélange d’irréel et de réalité façon Inception ou The Truman Show.
Mais malheureusement, le film ne tient pas ses promesses. À mesure que l’intrigue progresse, on navigue entre la surenchère, des retournements peu convaincants, des personnages mal écrits, notamment le rôle de la femme du héros, ou celui de Alice Braga qui, selon les critiques, ne sert guère, et dont le développement semble ridicule. Le scénario paraît piocher chez d’autres succès du genre sans vraiment assumer son propre cadre de départ. On attend l’hypnose comme élément central, mais elle reste souvent en arrière-plan, mal exploitée. Le dernier tiers se complaît dans l’explication, ce qui mine la tension psychologique qu’on espérait.
Côté esthétique, réalisation, photographie, musiques, rien de catastrophique, mais rien de marquant non plus. On sent les contraintes, budget, délais, production troublée, peser sur le résultat. Au final, Hypnotic est une déception, un film qui avait des idées mais ne les concrétise pas à la hauteur de ses ambitions. Même si les bénéfices qu’un film réalise ne sont pas nécessairement un gage de qualité, le fait que celui-ci ait perdu près de 50 millions de dollars s’explique aisément par la médiocrité de l’ouvrage.