1917
Note moyenne
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1 548 critiques spectateurs

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J&B
J&B

16 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 août 2026
Le concept du faux plan séquence finit par plomber le film, le rendant épuisant et gâchant toute tentative de créer l'événement au détour d'une scène marquante.
Arkab Prior
Arkab Prior

5 abonnés 127 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 juillet 2026
L’année 1917
Sam Mendes et son grand-père Alfred
Ce qui m’a plu dans le film

L’année 1917
1917 se passe en 1917, qui fut une année tournant de la Guerre de 14-18. Elle fut marquée par la révolution bolchevique en Russie et le retrait subséquent de la Russie du conflit, par l'entrée en guerre décisive des États-Unis et par de nombreuses mutineries au sein des troupes françaises. Cela, on peut le comprendre devant les conditions de combat atroces de tous ces jeunes hommes arrachés à leur petit village pour les tranchées. Ils virent tomber d’innombrables victimes dont beaucoup furent abandonnées à la pourriture. Ils durent obéir à certains ordres considérés comme suicidaires. Ils souffrirent en 1917 sous le coup de nouveaux armements : les avions de combat, les premiers chars d’assaut, les armes semi-automatiques et automatiques, l’utilisation massive d’obus d’artillerie et le fameux gaz moutarde des Allemands, champions de chimie. Un grand-oncle que je n’ai pas connu a été gazé. Il a survécu à tous les sens du terme et ma mère témoignait de son épouvantable aspect, de ses problèmes respiratoires, de sa réclusion sociale et de son alcoolisme d’homme souffrant de faire peur aux enfants.


Sam Mendes et son grand-père Alfred
Sam Mendes ne parle pas de tout cela mais il semble avoir une connexion directe avec ce qu’il nous montre. Et en effet, le film se termine sur des remerciements envers Alfred Mendes pour avoir raconté ses histoires de guerre. Et Alfred Mendes est son grand-père. J’apprends sur le site de la BBC que cet homme fut enrôlé à l’âge de 17 ans, de 1916 à 1918. Sam Mendes nous les montre, ces adolescents, se trainant dans la boue, déjouant la peur, l’épuisement, la souffrance, l’ennui et la pénurie, blaguant souvent et faisant preuve d’héroïsme et mourant parfois en pensant à leur maman. « Les histoires (de mon grand-père) n’étaient pas des histoires d’héroïsme ou de bravoure, ou de comment il gagna ses deux médailles, raconte Mendes, mais des histoires de chance et de coïncidence et de combien il était chanceux d’être en vie. » L’une des histoires marqua Sam Mendes, celle où Alfred transporta seul un message à travers un no man’s land, au crépuscule. Cette évocation donna au réalisateur l’idée d’en faire une aventure de « proportion plus épique. »

1917, le film, c’est cela, l’aventure de deux, spoiler: puis d’un seul,
soldats britanniques, à travers les lignes ennemies supposément désertées, jusqu’à un poste anglais avancé, pour transmettre un message décisif, qui accessoirement doit sauver le frère de l’un des messagers. L'action se situe printemps, au mois d'avril. Les prairies, quand elles existent encore, sont vertes et les arbres en fleurs.
Mendes a déclaré en 2019 que son film montrait "the story of a messenger who has a message to carry ». Et c’est vrai et c’est épique.

Ce qui m’a plu dans le film
Les deux jeunes soldats sont magnifiquement incarnés par Dean-Charles Chapman (le caporal Blake) et surtout George MacKay, dont le personnage (le caporal Schofield) se dépasse physiquement et moralement pour accomplir sa mission surhumaine. Cet acteur, que j’avais vu dans Captain Fantastic, est un acteur fantastique qui a appris le métier sur le tas.

Plusieurs comédiens très connus font de courtes apparitions appréciées : Colin Firth, Andrew Scott, Mark Strong à la voix grave enchanteresse, Benedict Cumberbatch. Dans ce film essentiellement masculin, une femme et un bébé fille sont des civiles françaises se terrant dans les ruines en feu d’un village français, Ecoust (dans le Pas-de-Calais). Les femmes sont néanmoins très présentes dans l’esprit des soldats et dans leurs poches, sous la forme de photos. Ce sont leur mère, leur fiancée, celles vers qui ils souhaitent retourner.

1917 est « a movie with no cuts, rather than a one-shot movie » a dit Sam Mendes. « Compliqué à tourner, 1917 est pourtant ce qu'on appelle un "faux plan-séquence". Ce n'est en effet pas un unique plan-séquence qui compose le film, mais plusieurs scènes longues mises bout à bout, donnant l'impression de ne jamais être coupées grâce à des ficelles de montage et une virtuosité technique. »
En effet, le film est célèbre pour la façon dont il a été filmé, un morceau de bravoure à lui tout seul. La caméra suit les personnages lors de leur périple et on a l’impression de faire partie de l’expédition. De mini documentaires sont disponibles ici et là sur ce sujet, y compris sur Allociné.

Certaines scènes sont effrayantes : la découverte des tranchées allemandes, l’exploration d’une ferme abandonnée, la traversée d’Ecoust. On a pris dans une ambiance d'angoisse, de désolation, dea mort qui se cache derrière la moindre porte, le moindre obstacle sur la plaine.

D’autres scènes sont de petits moments de respiration et de poésie, comme celle où les deux soldats traversent un verger massacré de cerisiers en fleurs ; celle où Schofield chante une berceuse à un doux bébé dans une cave. La jolie et terrible scène où Schofield, presque mort, se laisse dériver dans la rivière Croisilles évoque Ophélie chantant et flottant parmi les fleurs, juste avant de se noyer, dans le tableau de 1851 de John Everett Millais. (La référence la plus contemporaine de ce tableau, nous la devons à Taylor Swift dans son merveilleux clip « Fate of Ophelia »). La référence a été explicitement placée par Roger Deakins, le directeur de la photographie. Il évoque l’abandon à la mort du personnage à ce moment-là de l’histoire. Roger Deakins fait d’autres références artistiques dans le film : l’expressionnisme allemand (la nuit à Ecoust) ; le clair-obscur du Caravage dans la scène de la cave à Ecoust ; Turner et le romantisme dans la scène de l’église en flammes ; la série de gravures « Les désastres de la guerre » de Goya dans la représentation du no man’s land. Même sans reconnaitre ces références, on ne peut que trouver le film beau.

La musique du compositeur américain Thomas Newman a été très appréciée semble-t-il. Elle est belle mais trop démonstrative à mon goût. C’est-à-dire qu’elle précède et accompagne trop les émotions que les spectateurs sont censées éprouver. Elle est trop manipulatrice, même si ce terme est un peu fort.
En revanche, j’ai été très touchée par la chanson « I Am a Poor Wayfaring Stranger », gravement interprétée par Jos Slovick, dans une scène quasi onirique où le héros trouve enfin le bataillon qu’il recherche. Cette chanson de folk / gospel est née au 19e siècle aux Etats-Unis. Elle raconte le voyage d’une âme désolée vers sa maison, qui semble être au delà de la mort :
« I am a poor wayfaring stranger
I'm travellin' through this world of woe
Yet there's no sickness, toil, nor danger
In that bright land to which I go »

Elle illustre parfaitement l’histoire.
Un autre moment musical est très touchant. C’est la berceuse chantée par Schofield, multi blessé et épuisé, au bébé dans la cave, alors que le bébé lui tient la main. Bon, on peut aussi y voir une métaphore optimiste des motivations du soldat : Je me bats pour toi, bébé fille, car tu es l’avenir !
Michael78420
Michael78420

66 abonnés 1 941 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 juillet 2026
6 avril 1917. Une journée parmi d'autres, sauf pour deux soldats britanniques à qui l'on confie une mission a priori impossible. Le général Erinmore (Colin Firth) les encourage à sa façon : "Vers la gloire ou vers le linceul, voyagera plus vite qui va seul." À partir de cet instant, la caméra ne lâche plus les caporaux William Schofield (George MacKay) et Tom Blake (Dean-Charles Chapman). Aucun moment de répit ou presque dans cette course contre la montre empreinte d'un réalisme saisissant. À commencer par l'incroyable reconstitution des tranchées et du no man's Land. La réalisation de Sam Mendes est stupéfiante, comme un long plan séquence de deux heures. Les costumes et les accessoires semblent d'époque. Le film en devient presque envoûtant, tant on est aspiré par chaque instant de la mission de ces deux hommes. À découvrir en se souvenant que cette horreur de la Première Guerre mondiale a vraiment eu lieu et qu'il convient de toujours garder à l'esprit les conséquences de mauvaises décisions politiques.
Laplusjeunecinéphile
Laplusjeunecinéphile

54 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juillet 2026
Dans 1917, ce qui m’a le plus marqué, c’est la sensation de temps réel. Le film donne l’impression de suivre les personnages sans interruption, comme si on était collé à leur expérience du début à la fin. Cela crée une immersion très forte, presque physique.

Ce qui est intéressant, c’est que l’histoire est en réalité simple : deux soldats doivent traverser un territoire dangereux pour transmettre un message. Mais cette simplicité rend chaque obstacle beaucoup plus intense. On comprend que ce n’est pas la complexité de l’histoire qui crée l’émotion, mais la manière dont elle est vécue.

Le film montre aussi quelque chose de très profond : la guerre n’est pas seulement une suite d’événements, mais une expérience humaine continue où chaque seconde compte. Le spectateur ne voit pas seulement des actions, il ressent la fatigue, la peur et l’urgence avec les personnages.

En tant que future actrice, je trouve que ce film enseigne quelque chose d’essentiel : il ne faut pas “jouer” une situation, mais la traverser. Un personnage ne doit pas donner l’impression d’exister, il doit exister dans un flux continu, sans rupture, comme dans la vraie vie.

Au fond, 1917 montre que l’intensité ne vient pas de ce qui est raconté, mais de la manière dont on habite chaque instant.
Elie Debodman
Elie Debodman

16 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 juin 2026
Quel pari ! Sam Mendes ( American Beauty , Skyfall) nous offre du renouveau avec ce film de guerre se déroulant durant la Première Guerre mondiale ! Un seul plan séquence pour suivre les personnages principaux , ce qui rend l'histoire très immersive. La musique est juste, les acteurs sont bons , mais ce n'est pas un film d'action violent mais un beau film ( peut être ennuyeux si on est pas passionné de cinéma) . Le plan séquence ( faux) nous prouve la qualité du montage et semble très réaliste . La réalité historique est respectée, les costumes , les décors ...
Bref, film qui marque tant par son histoire que par son style !
Tiéfenn P.
Tiéfenn P.

3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 avril 2026
Sam Mendes signe ici un film très personnel, il fait le choix audacieux d’un film presque entièrement tourné en plan séquence (truqué certe mais très bien truqué) il c’était déjà exercé à cette technique sur l’intro de 007 spectre ( selon moi le meilleur passage du film tant le reste est bancale) avec 1917 il transforme l’essai pour le plus grand bonheur des yeux les film est magnifique et techniquement irréprochable mention spéciale pour le directeur de la photographie sur toute la scène de nuit et ses jeu d’ombres sublime par la de Thomas Newman, le tout malgré quelque lenteur il faut bien l’avouer et un scénario très simpliste ce qui n’empêche pas d’apprécier ce film comme une œuvre à part qui dénote avec les film de guerre traditionnelle, je le recommande c’est un vrai film d’auteur et il mérite d’être vu au moins une fois.
belmoute
belmoute

8 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 mars 2026
Une claque de cinéma, immersive de bout en bout, qui te prend à la gorge sans jamais te lâcher. Sam Mendes transforme la guerre en expérience physique, avec une virtuosité sidérante et une tension folle.
Dag
Dag

38 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 8 mars 2026
En fait je coupe au bout de 2 minutes quand je comprends que c'est mauvais, mais là celui qui me l'a prêté m'a assuré que j'allais ''kiffer''... alors je le regarde, par bribes tant j'ai du mal... toutes les scènes sont plus ridicules les unes que les autres, il ne manque que Jean Lefebvre et la 7ème compagnie... oups c'est la guerre suivante
THIBAUT GRIENEISEN 
THIBAUT GRIENEISEN 

2 abonnés 9 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 février 2026
Œuvre très réaliste et impressionnante avec, selon moi, la scène de mort la mieux faite que j’ai pu voir ! Bravo
Loick.cine
Loick.cine

3 abonnés 47 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 janvier 2026
Un joli film qui raconte l'horreur de 14-18 d'un point de vue diffèrent. Loin de la claque annoncée, on reste quand même dans un film bien scénarisé avec de beaux effets spéciaux.
Guillaume.G
Guillaume.G

9 abonnés 896 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 janvier 2026
Film ou on ne voit pas le temps passer qui sait nous tenir en haleine mais qui fait un peu penser au Film de Steven Spielbeg Il Faut Sauveur Le Soldat Ryan mais à la différence que dans 1917 on envoie un homme sauver tout un régiment d’une mort certaine et que dans le film de Spielberg on envoie un régiment de quatre hommes sauver un homme pour le renvoyer au pret de sa mère
lazarus
lazarus

12 abonnés 216 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 novembre 2025
Eblouissant, assourdissant, intense et bouleversant. Ce chef d’oeuvre filme la Grande Guerre comme aucun autre. Le plan sequence magistral, la mise en scène maitrisée et photographie incroyable nous transporte dans cette odyssée au travers les lignes ennemies pour nous montrer toute l’absurdité de la guerre, sa monstruosité dans des décors d’un grand réalisme. Les deux acteurs principaux et les seconds roles sont parfaits. Une oeuvre magistrale.
Coltito
Coltito

5 abonnés 237 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 novembre 2025
1917 est un film sur la première guerre mondiale qui raconte l’histoire de deux jeunes éclaireurs chargés d’apporter un message important. Ils devront donc traverser les lignes ennemies et survire aux épreuves qui les attendent.
Un superbe film de guerre qui nous transporte à travers l’histoire.
Cadreum
Cadreum

62 abonnés 807 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 novembre 2025
Qui est le film ?
Avec 1917, Sam Mendes revient à une forme de cinéma total : celle où la technique, la dramaturgie et la conscience morale se confondent. Ce n’est pas un film sur la guerre, mais dans la guerre - au ras du sol, à hauteur d’homme, dans la fatigue du pas. Le récit tient en un fil : deux jeunes soldats chargés de transmettre un message qui pourrait sauver des centaines de vies. Ce prétexte narratif, minimal, devient le socle d’une expérience de cinéma. Sous l’illusion technique du plan-séquence, le film reconstruit la subjectivité du messager : la course, le doute, la fatigue et les décisions.

Que cherche-t-il à dire ?
Envoyer deux jeunes hommes porter un message devient prétexte pour sonder la manière dont le temps se contracte et s’étire sous pression. Mendes ne s’intéresse pas au grand théâtre des stratégies militaires mais au travail intime et morcelé de la survie, l’héroïsme banal.

Par quels moyens ?
L’illusion d’un plan-séquence continu institue une économie de tension : sans coupe, il n’y a pas d’oubli possible, pas de respiration artificielle. Nous ne pouvons ni détourner le regard ni accélérer la durée. La guerre devient un présent sans issue, où le spectateur partage la contrainte du soldat. Mais attention : Mendes n’est pas le seul auteur de l’effet. Roger Deakins et le montage invisible (les raccords cachés, la chorégraphie des déplacements) font exister cette continuité. Le procédé transforme le temps cinématographique en temps vécu, rendant chaque obstacle (un fil barbelé, une rivière, une maison en ruine) significatif.

La photographie de Deakins travaille la frontière entre beauté picturale et documentaire. Les palettes oscillent : ocres et bruns des tranchées, verts fanés des plaines, noirs d’encre des ruines. La lumière naturelle est sculptée pour donner au paysage une présence tactile. Deakins compose des cadres tableaux où la géographie devient épreuve : un village désert, un champ ravagé, une ligne d’horizon basse qui écrase les corps. La caméra, souvent sur l’épaule, devient extension du pas ; parfois elle s’élargit pour offrir une respiration panoramique mais toujours au service de l’épreuve temporelle.

Le son est un capital d’immédiateté: pas dans la surenchère, mais dans l’accumulation (boue qui colle, souffle haletant, frottement des uniformes, avions dans le ciel, explosions lointaines). La musique (Thomas Newman) intervient en ponctuation, rarement pour lisser : elle crée des nappes émotives qui soutiennent la tension quand le silence devient trop nu.

Le suspense de 1917 n’est pas lié à la grande stratégie mais à l’imprévisible local : un passage inondé, un avion qui s'écrase, une rue occupée. Mendes opère par série d’obstacles qui semblent banals mais qui menacent la mission entière. La dramaturgie se construit comme une partition de haltes et de reprises. C’est une dramaturgie de l’entretien de l’espoir malgré tout.

Schofield et Blake (ou leurs équivalents narratifs) sont des jeunes anonymes, pas des figures mythiques. Leur anonymat réhabilite l’anonymat le sacrifice ordinaire. L’héroïsme ici est modeste, fait d’obstination, non de gestes grandiloquents. Le film refuse la glorification militaire flamboyante et choisit la dignité des corps simples.

La mission donne au film sa loi tragique : la course contre la montre. Mais Mendes joue subtilement avec la fatalité : la simulation du plan-séquence augmente la sensation d’inéluctabilité (tout paraît dépendre du prochain pas) et pourtant le film ouvre des fenêtres d’imprévu et de grâce (l’enfant dans la maison, la femme dans la cave).

Où me situer ?
Je vois dans 1917 un film fascinant et paradoxal. Fascinant par sa rigueur formelle, par son ambition, par la puissance avec laquelle il restitue la guerre comme expérience du présent. Paradoxal, car cette perfection technique court parfois le risque de la distance : la beauté de l’image menace d’absorber la douleur qu’elle montre. Pourtant, le film trouve son équilibre dans l’attention. Mendes ne cherche pas à choquer ni à édifier, mais à maintenir le regard ouvert. Ce que je trouve moins convaincant, c’est la relative neutralité politique du film : son refus de nommer les responsables, de replacer cette traversée dans une Histoire plus vaste. Mais c’est peut-être ce retrait qui lui donne sa force : il fait du soldat, et non de la guerre, le centre du monde.

Quelle lecture en tirer ?
Au fond, 1917 ne se contente pas de raconter une mission périlleuse : il interroge ce que signifie agir, transmettre, regarder. La responsabilité du soldat devient celle du témoin, du passeur, du survivant. Celle du spectateur, immergé dans le plan-séquence, est de ne pas détourner le regard, de ressentir sans se réfugier dans le confort de la fiction. Et celle du cinéaste, enfin, est de rendre visible l’invisible, de faire mémoire sans esthétiser la mort, de porter le poids du récit avec justesse.
Kouto
Kouto

30 abonnés 4 775 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 septembre 2025
Lors de la Première Guerre Mondiale, deux soldats anglais sont chargés de transmettre l’ordre d’annulation d’une attaque au travers les lignes ennemies dans un long-métrage techniquement époustouflant par sa succession de plan-séquences réalisé avec virtuosité par Sam Mendes dont le sens de la direction artistique n’est plus à prouver. En se focalisant sur une histoire simple plutôt que de jouer sur la grandeur des batailles, le cinéaste confère à son récit une émotion toute particulière parcourue d’un souffle tragique. Le film retranscrit la barbarie des tranchées sans être trop démonstratif ou choc dans ses images car le réalisateur fait montre d’un raffinement esthétique sans égal pour faire de ce « 1917 » davantage un hommage aux soldats ayant participé au conflit plutôt qu’une orgie sanguinolente suintant l’héroïsme facile comme souvent dans ce type de film.
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