Un écran noir, les sons, les plans larges, les détails en arrière plan, ainsi qu'un style graphique utilisé pour l'histoire d'une petite fille : voilà ce que je retiens en grande partie de ce film.
"La Zone d'intérêt", se démarque énormément des autres oeuvres sujette à la Seconde Guerre Mondiale : une vie de famille comme il y en a beaucoup, une maison et des décors colorés, et aucune trace de violence physique directe, ni d'hostilité de quiconque, qui sont récurrentes dans les films abordant ce sujet si terrible. Le jeu de sons extérieures
(aboiements de chiens, cris des soldats nazis et des prisonniers d'Auschwitz, ou encore les nombreux coups de feu tirés à longueur de temps)
, est particulièrement bien utilisé. Il nous renferme nous spectateur, dans cet oasis coloré et innocent aux côtés de la famille Höss, derrière ces murs gigantesques. Nous sommes innocents, nous ignorons tout, autant que les 5 enfants de cette famille. On perçoit d'ailleurs ce désir de sauvegarder leur innocence, de la part des parents Hedwig et Rudolf
(lors de la balade en barque, lorsque Rudolf aperçoit un os dans la rivière)
.
Les plans larges, nous permettent d'ailleurs de nous concentrer sur les différents détails d'arrière plan, comme ont été utilisés ces sons. Les feux des cheminées du camp d'extermination, les fumées des trains entrant dans cet endroit horrifique, et d'un autre côté, les plantes du jardin des Höss, le gazon d'un vert éclatant : le malheur et le bonheur.
Le malheur, est d'ailleurs représentatif dans ce film, avec un protagoniste à l'idéologie purement nazie, des femmes de maisons surmenées, non respectées, Annagret Höss, la doyenne de la famille, décidant de s'échapper de cet endroit abominable en cachette. Si ce film est en grande partie démonstratif du malheur, le bonheur s'y installe pendant un court instant. Une petite fille, l'innocence incarnée, nous redonne un peu d'espoir dans ce monde faussé.