On s'attendait à un film à concept sans idées ("Une maison hantée...sous l'eau ? Prochaine étape, dans l'espace ?"), et finalement, The Deep House exploite très bien les atouts de la plongée (certes, c'est ultra facile de faire peur avec de l'eau trouble et sombre, ça n'a rien de fin, mais ici on exploite aussi la lenteur de la nage pour échapper aux monstres... Brrr...) et dégaine une histoire effroyable dans sa deuxième partie. Après son twist (qu'on n'imaginait pas, vraiment on pensait juste à deux plongeurs qui ont peur de leur ombre dans l'eau sale...Eh ben non), le film passe aux choses sérieuses, juste après une chouette scène d'hallu sur You Don't Own Me (en version française), le comble du bon goût (après l'ouverture électrisante de Le Couvent, cette musique passe décidément super bien dans les films d'épouvante). Il est facile, pourtant, de ne pas adhérer au concept clivant de The Deep House, car il faut accepter de suivre uniquement deux personnages tout le film, en esthétique du found-footage (on voit tout à la première personne sur une image de caméscope, qui coupe, parfois), et avec une ouverture franchement pas terrible (le cliché du petit copain qui fait "bouh", ça devrait être assorti d'une amende au scénariste, de même que le panneau "3 mois plus tard" qui est assez grossier). Mais si l'on passe l'éponge (avec toute cette eau croupie, prenez la serpillère) sur cette ouverture médiocre et la facilité des jumpscares (le silure, la poupée, etc...), alors on tombe sur un twist assez glauque (il s'agit d'une
maison de satanistes qui ont enlevé et torturé des enfants, pour ressusciter au premier couillon qui viendra enlever le masque de cérémonie à leurs "cadavres intacts" conservés à la cave...
Évidemment, les couillons, ce sont nos plongeurs), qui embraye sur une course-poursuite à la brasse (6km/h max, mais ça file encore plus les pétoches), avec des
macchabées qui sortent d'absolument tous les recoins boueux et lugubres de cette maison sous l'eau.
On est juste un peu déçu de l'extrême nihilisme de la fin, qui fait
clamser notre héroïne (elle s'était entraînée à l'apnée, pour rien...)
en la réduisant à un petit effet de style "Vous y avez cru ?" de la dernière minute, mais nous frustre inutilement (une fin de petit malin, pour le dire gentiment). Il n'en reste pas moins que l'on a frissonné, que l'esthétique de la GoPro sous la flotte sale fait son petit effet, et que l'on ne s'attendait pas à une histoire aussi glauque. On n'ira plus se baigner là où l'on n'a plus pieds, même en-dehors de la mer, maintenant...