Avec X, Ti West signe une déclaration d’amour crasseuse et viscérale au cinéma d’horreur des années 70. Dès les premières minutes, on est projeté dans une Amérique rurale poussiéreuse, moite, presque suffocante. Le Texas écrasé de soleil devient un personnage à part entière et impossible de ne pas ressentir l’ombre de The Texas Chain Saw Massacre planer au-dessus du film. Même isolement, même sensation de chaleur étouffante, même menace invisible qui grandit lentement.
L’ambiance est la grande réussite du film. Tout respire les années 70 : les décors, la photographie granuleuse, les costumes, la liberté sexuelle assumée, et cette manière de poser la caméra qui prend son temps. On ne cherche pas le jumpscare facile, on installe un malaise progressif. Et quand la violence éclate, elle est sèche, brutale, presque choquante par son côté cru et sans glamour.
Côté casting, Mia Goth est magnétique. Elle dégage quelque chose d’étrange, de fragile et dérangeant à la fois. Elle porte le film sur ses épaules avec une performance troublante, presque hypnotique. Et Jenna Ortega apporte une présence plus retenue, plus intérieure, qui contraste intelligemment avec l’énergie des autres personnages. On sent déjà chez elle cette capacité à exister dans le regard sans en faire trop.
Mais ce qui rend X intéressant, ce n’est pas seulement son côté slasher. Il joue avec les codes du genre : le désir, la jeunesse, la peur de vieillir, la frustration, la morale puritaine en toile de fond. Il y a presque un sous-texte mélancolique derrière la violence. Ce n’est pas juste “qui va mourir ensuite ?”, c’est aussi une réflexion sur le corps, le temps qui passe, et le regard qu’on porte sur le désir.