Après avoir organisé le retour à l'écran de Mickey Rourke en 2009 dans "The wrestler", le réalisateur Darren Aronofsky remet cette fois-ci Brendan Fraser sur le devant de la scène après qu'il se soit mis en retrait pour des raisons personnelles, alors qu'il était très populaire à la fin des années 90 et au début des années 2000 (la saga de "La momie", "George de la jungle"...). Dans "The whale", il incarne Charlie, un enseignant souffrant d’une obésité morbide en quête de rédemption et qui solde ses comptes, plombé par
le deuil de celui qu'il aimait et la culpabilité d'avoir abandonné sa fille alors qu'elle n'avait que huit ans
(interprétée par l'excellente Sadie Sink, emblématique Max de la série "Stranger Things").
Adapté d'une pièce de théâtre, le film se déroule en huis-clos dans l'appartement de Charlie, antihéros en proie à la solitude du fait de son état, épaulé au quotidien par sa seule amie Liz (impeccable Hong Chau) qui ne peut que constater la déchéance de celui qu'elle a choisi de ne pas abandonner
malgré l'issue inéluctable de son lent suicide alimentaire
, d'autant qu'il refuse de se soigner. A la fois trouble, contradictoire, empathique et passionnant dans ses imperfections, ce mélodrame déchirant (qui n'a rien de grossophobe) se veut néanmoins optimiste dans la quête d’honnêteté de Charlie, en évitant l’écueil d'un voyeurisme larmoyant et performatif. Les valeurs religieuses disséminées ici et là, notamment par le personnage mystérieux de Thomas (Ty Simpkins), n'ont par contre pas grand chose à faire dans le film et n'apportent à mon avis rien à l'histoire.
Capable du meilleur ("Requiem for a dream", "Black swan") comme du pire ("Noé", "Mother !"), Darren Aronofsky nous livre ici un film singulier qui divisera sans doute les spectateurs et qui aura permis à Brendan Fraser d'être récompensé de l'Oscar du meilleur acteur en 2023, "The Whale" ayant également reçu celui des meilleurs maquillages.