Comédie écrite et réalisée par Laurent Firode, Le Monde D'Après est un film moyennement convaincant. L'histoire nous fait suivre différents individus d'un immeuble le temps d'une soirée, qui évoquent des sujets de société brûlant tels que la crise sanitaire, le féminisme, l'islam ou encore l'identité de genre, qui ne sont que quelques thématiques parmi d'autres. Ce scénario s'avère assez sympathique à visionner tout du long de sa courte durée d'à peine une heure. Cette durée permet de ne pas voir passer le temps. L'intrigue n'en est pas vraiment une, c'est plutôt une succession de saynètes nous montrant neuf situations se déroulants dans les appartements d'un immeuble, avec plus ou moins de lien entre elles, avant un final réunissant tout ce beau monde. Ces petits sketchs sont l'occasion de nous montrer toute l'absurdité de notre monde en se moquant gentiment de nombreuses thématiques très actuelles, avec en principale la crise sanitaire liée au coronavirus et toute les aberrations qui en ont découlées. Tout cela est forcément empreint d'une idéologie minoritaire qui fait du bien tant elles est peu mise en avant. Si toutes les situations ne se valent pas, elles sont tout de même toutes appréciables et assez courtes si jamais une nous plaît moins, on passe rapidement à la suivante. Le tout se tient bien à la faveur des petits détails qui les lient entre elles. L'humour, sous forme de brûlot, se veut pour sa part burlesque, grinçant et acide. S'il parvient à décrocher de nombreux sourires de bout en bout, il ne fait pas rire aux éclats pour autant. De plus, il manque tout de même d'une ambiance, les discussions étant très souvent sans autre fond sonore. L'ensemble est porté par des personnages plus vrai que nature se questionnant. Des rôles interprétés par des comédiens à peine convaincants. La distribution comprend Irène Ismailoff, Alex Gallois, Patrick Dross, Bamar Kane, Jean-Louis Garçon, Alexandre Jean, Matthieu Moerlen, Christian Diaz, Jean-Michel Marnet, Fabrice Herbaut, Manon Lheureux ou encore Sabrina Nanni. Tous ces protagonistes entretiennent des rapports amusants, soutenus par des dialogues qui le sont tout autant. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français sent l'amateurisme. Sa mise en scène est rudimentaire, faute de moyens qui se ressentent fortement à l'écran. On a le droit quasi exclusivement à des champs-contrechamps peu intéressants cinématographiquement parlant. Le propos passe clairement avant l'aspect formel. C'est tout de même dommage, à défaut de ne pas avoir de budget, de ne pas avoir d'idées. Les appartements dans lesquels se déroulent ces moments de vie sont également pauvres en terme de décors. Ce visuel fauché est accompagné par une bande originale composée uniquement d'une seule mélodie au piano revenant à plusieurs reprises. Celle-ci est agréable mais assez anecdotique. Reste une fin plutôt satisfaisante venant mettre un terme à cette farce humaine pourtant bien réelle. En conclusion, Le Monde D'Après est un long-métrage divertissant, au contenu tragi-comique, mais au contenant indigne d'une œuvre diffusée sur un grand écran.