La prouesse de réaliser un Anti -Emmanuelle , à l’opposé du concept imaginé, rêvé , et transcris par Emmanuelle Arsan. Elle doit se retourner dans sa tombe , de cette a adaptation « libre » tellement antinomique avec son livre qui décrivait une femme libérée ,assumée , féministe , qui faisait de la recherche du plaisir son challenge et la libération de la femme par l’orgasme.
Ce film en est la face inversée.
Ici l’héroïne est frigide , toute recherche transgressive n’est que le fruit de sa frustration, elle est toujours passive , se laisse prendre sans plaisir, se laisse manipuler , pas du tout pro-acitve, comme l’ Emmanuelle du roman.
On sent bien toute la frustration de la génération actuelle néo-féministe , qui ne peut comprendre la libération sexuelle, le libertinage , l’érotisme comme un aboutissement , mais cherche à montrer, mettre en avant constamment la femme comme personnage, agressée , non-consentante, contrite .
Qu’est ce que l’on est loin des années 70’s, libératoire,
On se demande pourquoi Audrey Diwan s’est emparée de ce projet, tellement à l’opposé de ses fondamentaux pour le transformer en un brulot, post féministe, sur une femme frigide ,elle-même soumise à une femme dominatrice, et à un mentor néo- libérateur, dans le livre et même le film (formidable Alain Cuny dans le film) , qui est ici un impotent , asexué, fadasse et mièvre .
Les scènes de sexes sont glauques, non assumées, qui ne montre rien, froides, tout sauf érotique. Pas capable de réaliser et d’assumer une scène lesbienne, si importante dans le livre et dans le film de Jaeckin, 10 fois supérieur à celui-ci .
Mais surtout il faut relire le livre de Emmanuelle Arsan , culte, très bien écrit , très littéraire et meilleur témoignage littéraire sur la libération sexuelle version 60’s .
Diwan touche avec des pincettes, un thème qu’elle n’aime pas, on a l’impression qu’elle est dégoutée par le thème qu’elle a choisi, et elle le revisite.
Noémie Merlant est un peu perdue et joue mal, elle a du mal à assumer cette double sensation, d’érotisme répulsif et passif.
Alors qu’elle avait très bien joué dans un film de la réalisatrice Lou Jeunet , avec un thème similaire ,qui avait trouvé un ton érotique juste , dans le très réussi Biopic sur Pierre Louys « Curiosa » , et Jeunet réalisatrice femme , savait filmer le sexe avec la même grâce érotique que les maîtres contemporain du genre : Chechiche , Brisseau ou Catherine Breillat.
Non vraiment que Diwan ne touche plus à l’érotisme et à la sensualité, ce n’est son taf.