Une Nuit est un film dans lequel on rentre tout de suite. C’est immédiat. On s’attache aux personnages dès les premières minutes, parce qu’ils sont vrais, profonds, touchants. Il y a une forme d’authenticité et de spontanéité qu’on ne voit presque jamais au cinéma, et encore moins dans le cinéma français. Ils sont extraordinaires, charismatiques, intelligents, humains et justes sans jamais être caricaturaux. C’est un vrai bonheur de les écouter, de les suivre, de les voir s’ouvrir l’un à l’autre. On sent qu’il y a quelque chose qui nous échappe, qu’on ne sait pas tout, et pourtant, on ne veut surtout pas que cette nuit prenne fin. On la vit avec eux, intensément. Le film n’est pas loin d’être un chef-d’œuvre mais
le twist final vient casser cet élan. Il est trop abrupt, un peu plaqué, comme en décalage avec tout ce qui a précédé. Ce que ça raconte, à la toute fin, est trop ouvert, trop vague et tellement frustrant. Il y a une part d’interprétation, oui, mais il y a tant de chemins possibles, tant d’indices à peine esquissés, que ça finit par se contredire. Plus on y pense, plus ça s’embrouille. Et c’est dommage, parce que tout le reste est parfait.