Une bataille après l'autre s’inspire très librement du roman Vineland (1990) de Thomas Pynchon. Paul Thomas Anderson n’en est pas à son coup d’essai avec cet auteur puisqu'il avait déjà adapté Inherent Vice. A noter que le réalisateur n’a pas voulu être fidèle à la lettre du livre. Ici, il a pris le squelette narratif (un homme traqué par l’État, un groupe rebelle, la paranoïa des années Reagan), mais l’a transformé en une comédie-action épique. Leonardo DiCaprio décrit d'ailleurs le film comme une "fable politique mais avec l’énergie d’un cartoon".
Plutôt que de tourner en numérique comme beaucoup de blockbusters, Paul Thomas Anderson a insisté pour utiliser des caméras VistaVision (un format horizontal créé par Paramount dans les années 1950, utilisé par Hitchcock sur Vertigo). L’avantage : une image extrêmement détaillée, idéale pour les projections IMAX. Cela a exigé une logistique lourde : caméras rares, pellicule chère, et développement coûteux. Mais le réalisateur voulait que son film conserve le grain organique de la pellicule, même dans les séquences d’action les plus spectaculaires. Au XXIe siècle, un seul autre film a été tourné avec le même procédé, The Brutalist de Brady Corbet (2025).
Paul Thomas Anderson n’avait jamais approché un budget de cette ampleur (compris entre 110 et 140 millions de dollars). Une bataille après l’autre dépasse ainsi de loin There Will Be Blood (25 M$) ou Licorice Pizza (40 M$). Ce pari financier est d’autant plus étonnant que le cinéaste n’est pas connu pour tourner des blockbusters calibrés. Warner Bros. a accepté de financer le projet parce que Leonardo DiCaprio y était attaché, ce qui garantissait un certain succès international.
Pour Une bataille après l’autre, Leonardo DiCaprio a touché la bagatelle de 25 millions de dollars, soit le cachet moyen (compris généralement entre 20 et 25 millions) qu’il empoche lorsqu'il tient le rôle principal. Mais il ne s’agit pas du film pour lequel il a été le mieux payé puisqu’il a notamment touché 40 millions de dollars pour son personnage dans le long-métrage Killers of the Flower Moon de Martin Scorsese, sorti en 2023.
Leonardo DiCaprio avait été pressenti pour jouer dans Boogie Nights de Paul Thomas Anderson en 1997. Cependant, l'acteur avait renoncé pour jouer dans Titanic de James Cameron (Mark Wahlberg a alors hérité du rôle de Eddie Adams).
Alana Haim et Sean Penn ont tous les deux joué dans Licorice Pizza, le précédent film de Paul Thomas Anderson.
Une bataille après l’autre marque la cinquième et dernière collaboration de Paul Thomas Anderson avec son premier assistant réalisateur, Adam Somner, décédé d’un cancer de la thyroïde le 27 novembre 2024. Auparavant, les deux hommes avaient travaillé ensemble sur There Will Be Blood (2007), The Master (2012), Inherent Vice (2014) et Licorice Pizza (2021).
Il s’agit du premier film de Paul Thomas Anderson sans son chef costumier habituel, Mark Bridges, qui l’accompagne depuis ses débuts en tant que réalisateur. Il est ici remplacé par la costumière Colleen Atwood, lauréate de l’Oscar des meilleurs costumes à quatre reprises (Chicago et Mémoires d’une geisha de Rob Marshall en 2003 et 2006, Alice au pays des merveilles de Tim Burton en 2011 et Les Animaux fantastiques de David Yates en 2017).
Dans la version française du film, Sean Penn est doublé par le comédien Emmanuel Karsen qui était sa "voix officielle" depuis 1995 et le long-métrage La Dernière Marche de Tim Robbins. Une bataille après l’autre est le dernier film dans lequel l’acteur français double son homologue américain puisqu’il est décédé le 11 septembre 2025, soit deux semaines avant sa sortie sur les écrans français.
Une bataille après l’autre marque le premier rôle au cinéma de Chase Infiniti, qui joue ici la fille du personnage interprété par Leonardo DiCaprio. Auparavant, la jeune actrice n’avait tenu qu’un rôle récurrent dans la série Presumed Innocent (2024) aux côtés de Jake Gyllenhaal et Ruth Negga.
Une bataille après l’autre réunit trois acteurs récompensés au Oscars : Leonardo DiCaprio (pour The Revenant d’Alejandro González Iñárritu en 2015 qui lui permet de décrocher le titre de meilleur acteur), Benicio del Toro (pour Traffic de Steven Soderbergh en 2001, en tant que meilleur acteur dans un second rôle) et Sean Penn (vainqueur à deux reprises de l’Oscar du meilleur acteur pour Mystic River de Clint Eastwood en 2004 et Milk de Gus Van Sant en 2009).
Paul Thomas Anderson a entamé les repérages plusieurs années avant de démarrer le tournage du film. Il a été épaulé dans cette tâche par sa cheffe-décoratrice Florencia Martin et par le régisseur d’extérieurs Michael Glaser. Ce travail, long et nécessaire, a permis au cinéaste d’enrichir le récit. Pour la productrice Sarah Murphy, le but était surtout de mettre en avant plusieurs sites différents.
Pour préparer son rôle dans Une bataille après l'autre, Leonardo DiCaprio a suivi un entraînement physique rigoureux. Inspiré par les révolutions intenses du personnage, l'acteur a passé six mois à s'entraîner aux arts martiaux et à la course en montagne. Ce régime strict lui a permis non seulement de se transformer physiquement, mais aussi d’entrer mentalement dans la peau d’un homme prêt à tout pour retrouver sa fille.
La première version d'Une bataille après l'autre durait près de 3 heures. Warner craignait que cette longueur limite les séances en salle. Après de longues négociations, le film devrait sortir à environ 2h30. Paul Thomas Anderson aurait accepté certaines coupes, mais réservé son montage intégral pour une potentielle version director’s cut en Blu-ray/streaming.
Une des scènes les plus mémorables d'Une bataille après l'autre se déroule lors d'une course-poursuite intense à travers un marché bondé. Pour cette scène, l'équipe de cascadeurs a dû coordonner une livraison avec des dizaines de figurants en ébullition, tout en capturant l’énergie frénétique du roman original de Thomas Pynchon. Le réalisateur a insisté pour tourner en décors réels, avec des caméras portables capturant chaque mouvement, afin de donner au public l’impression d’être en plein cœur de l’action.
Le film a nécessité sept mois de tournage à travers la Californie (Eureka, Arcata, Sacramento, Stockton, San Juan Batista, San Diego, Los Angeles, Borrego Springs) et le Texas (El Paso).
Le film a été au cœur d’une polémique lorsqu’un campement de sans-abris à Sacramento, en Californie, a été évacué pour les besoins du tournage. Toutefois, il s’agit d’un protocole standard lorsqu’un permis est délivré pour un événement ayant lieu dans un espace public de la ville.
Les comédiens du film ont effectué eux-mêmes la majorité de leurs cascades. Pour la scène au cours de laquelle son personnage saute du haut d’un immeuble, Leonardo DiCaprio a répété pendant environ une semaine sous la supervision du chef-cascadeur Brian Machleit, en collaboration avec Paul Thomas Anderson.