À trop vouloir chercher le minimalisme et la subtilité, multipliant les silences et les non-dits, Tim Mielants semble vouloir éviter son sujet, refusant de l’aborder frontalement. Et, si le poids du secret pèse efficacement sur le récit, "Tu ne mentiras point" dit finalement peu de chose de la maltraitance institutionnelle.
Dans l’Irlande des années 80, un modeste charbonnier tentant de subvenir aux besoins de sa famille est tiraillé dans sa moralité lorsqu’il découvre lors d’une livraison au sein d’un couvent une jeune femme victime de maltraitance. Evoquant les pratiques abusives menées par l’institution « Tu ne mentiras point » se drape dans un silence feutré à l’image de son personnage principal taiseux incarné par le formidable Cillian Murphy. La mise en scène est aussi précise que l’écriture et permet à l’acteur d’offrir une prestation d’une grande tenue.
Bon film, acteur et réalisation nickel; Cillian Murphy mutique, muré dans une douleur dont je n'ai pas compris les raisons, mobilise trop l'attention au détriment de l'histoire même et des victimes. Une bonne surprise néanmoins.
Un film sombre au style très épuré voire un peu austère. L'histoire est édifiante, le film un peu longuet et Cillian Murphy époustouflant, comme souvent.
Grâce à Tu Ne Mentiras Point, Tim Mielants fait la lumière sur une sombre page de l’Histoire irlandaise peu connue. J’ai personnellement découvert ces faits avec ce métrage et rien que pour ce qu’il dénonce, il mérite d’être vu. Et puis il faut le dire, le jeu intense de Cillian Murphy suffit à être embarqué dans ce drame sombre, sale et glauque. Ça ne va pas vous remonter le moral mais plus on en apprend sur la main mise religieuse plus on veut en savoir, et l’émotion que dégage Murphy fait le reste du job. Certes ce n’est pas palpitant dans l’ensemble mais l’intérêt est ailleurs et le film est clairement d’intérêt général. La qualité des interprétations c’est du plus.
Cillian est un grand acteur : il s'est lavé les mains trois fois avec tellement de conviction que j'y ai cru à chaque fois.
Idem pour le portage des sacs de charbon. Un sac, deux sacs...toute la magie du cinéma.
Les oies signalant l'arrivée en enfer et la none alcaponesque au regard noir était le passage le plus terrifiant, presque insoutenable.
Reste ce fameux puzzle, au cœur du film: la vie du héros aurait elle été la même s'il avait eu son puzzle ? Trente ans plus tard ce puzzle dans la vitrine le hante encore.
Lent, très lent Noir, très noir J’adore l’acteur mais le scénario et la mise en scène ne l’aident pas et n’incitent pas à visionner tout le film. Je ne mentirai donc pas.
Film interessant sur les couvents irlandais où les femmes aux moeurs légères ou parfois pour de futiles raisons, étaient détenues et maltraitées. Environ 30000 femmes furent détenues entre 1922 et 1995. Je n'ai pas trop aimé l'histoire du jeune garçon qui n'est pas forcément nécessaire dans le récit je trouve et manque de réalisme..
Un film qui avec le même sujet s avère moins frappant que « The Magdelene Sisters ». Si ce dernier se penchait sur les « mauvaises » filles que l on enfermait et qu on exploitait dans des couvents en Irlande; « tu ne mentiras point » s intéresse plus à la mentalité et aux us et coutumes du pays qui ont engendré ces dérives et crimes. Pour dénoncer l omerta ambiante le réalisateur et son scénariste on fait le choix d un film taiseux ou les silences et les non dits sont lourds de sens. Mais du coup le cinéma est bien présent, la caméra est pudique mais incisive délaisse le spectaculaire pour arriver à un constat et une démonstration implacable.
J’ai eu du mal à rentrer dedans mais au fil du temps, on commence à découvrir où le réalisateur souhaite en venir. C’est poignant mais très mélancolique et très lent. Il ne pourrait convenir à tout le monde notamment par son sujet assez grave.
L'excellent Cillian Murphy porte le film sur ses épaules. Il joue Bill Furlong, un Irlandais qui dirige une équipe de charbonniers. A travers plusieurs événements, il comprend que les filles recueillies dans le couvent de sa ville sont maltraitées, ce qui fait écho avec son propre passé. Économe de ses mots, l'acteur fait passer ses émotions dans ses silences ou dans sa voix douce, presque éteinte. La puissance nocive de l’Église est bien abordée, mais sans montrer la complicité de toute une communauté. Ce sont les états d'âme de Furlong qui sont au centre du récit. Les scènes montrant son enfance ne sont pas les plus réussies. Il reste une scène forte et remarquable, la façon dont sœur Mary, excellemment interprétée par Emily Watson, achète le silence de Furlong. C'est sans doute le moment le plus malsain et violent d'un film par ailleurs très sombre.
Bill est à la tête d'une petite entreprise de charbon où il assure les livraisons. Pratiquant, marié et père de 5 filles, il va voir ses convictions remise en question lorsqu'il va se rendre au couvent de la ville. Cela va réveiller en lui des souvenirs enfouis de son enfance sous forme de flashbacks et le plonger dans un quasi mutisme. Cillian Murphy ("Peaky Blinders") est tout à fait crédible dans ce rôle de travailleur taiseux au milieu de l'Irlande des années 80. Malheureusement, malgré une mise en scène soignée et l'atmosphère de Noël, le film est lent, manquant de manière générale d'émotion. Il se contente de rendre hommage à ces jeune femmes sans pour autant élever le curseur de la dramaturgie. A voir comme un devoir de mémoire et pour Cillian Murphy. Dans l'ensemble, on reste sur sa faim à l'image de la scène finale.
Très bon film. J'avais vu The Magdaleine 's Sisters. Ici, c' est la même époque, mais tourné cette fois du point de vue d'un homme. Celui ci étant né lui même d'une de ces filles que l'on envoyait dans ces couvents pour en faire des esclaves et remplir les poches du clergé. Triste... Terrible vérité, tragédie, que les abus au nom d'un dieu. À voir. Très bien joué. Très émouvant sans être larmoyant.