Si les retours sur la prestation de Nicole Kidman et le fait que ce film soit une nouvelle production d'A24 m'avaient donné envie de le voir, je suis ressorti extrêmement déçu de mon visionnage. Pour moi, "Babygirl" est clairement le gros nanar de ce début d'année. C'est un film qui avait des ambitions bien trop énormes, et qui se prend les pieds dans le tapis, à chaque scène ! Sur le papier, l'objectif était de fournir un drame érotique où l'on explore les fantasmes cachés de notre héroïne. Elle est âgée, elle évolue dans un monde bien rangé et sa vie intime s'avère particulièrement plate. L'idée était donc de voir à quel point ses pulsions inassouvies pouvaient ressortir et venir poser des problèmes. Malheureusement, si cela semble intéressant sur le papier, rien n'est réellement effectué de la bonne manière. Déjà, car toutes les thématiques nous sont envoyées au visage de manière extrêmement peu subtile. Cela commence dès l'introduction, qui trouve la pire manière possible pour nous illustrer le manque de plaisir de notre héroïne,
en nous sortant le cliché ultime de la femme qui va se toucher après l'amour.
C'est tellement peu inventif que cela en est même gênant ! Cela se poursuit lorsque l'on apprend à découvrir notre héroïne, qui arbore toutes les caractéristiques les plus basiques possibles de ce genre de personnages, et de manière aléatoire. Au début, on reste sur cette idée des fantasmes refoulés, donc dans la direction où le long-métrage semblait vouloir aller. Puis, on part sur le fait qu'elle se trouve un peu trop âgée, et on nous montre cela dans une scène extrêmement forcée avec du botox. Au niveau de la subtilité, on repassera donc ! Et pour finir, on aborde la question de l'enfance, dans un seul petit dialogue, mais celle-ci ne reviendra jamais après ! Très sincèrement, je trouve donc que ce personnage est particulièrement mal écrit ! Je veux bien que Nicole Kidman joue plutôt bien, mais son personnage n'a rien de cohérent. On essaie même de lui intégrer une situation compliquée avec sa fille, mais ce ne sera jamais vraiment développé et cette relation sera simplement éclipsée en deux scènes de 2 à 3 échanges. Et évidemment, le bouquet final du personnage sera sa relation avec Samuel, qui tourne autour d'un jeu de séduction sur un fond de domination. Mais à ce moment-là, on découvre le gros problème du film : les dialogues. Les échanges n'ont aucun sens, car ils partent dans absolument tous les sens et on ne comprend pas où les scènes veulent aller. Celle qui illustre parfaitement cela étant la première rencontre à l'hôtel.
On commence avec de l'incompréhension de la part de notre héroïne, avant qu'elle semble accepter la situation. Puis elle veut partir de la pièce, avant de revenir et de sauter sur Samuel comme une enfant. Et tout va se finir par un moment très intime entre ces deux-là, celui-ci étant vraiment dérangeant. Je suis désolé, mais, personnellement, voir une scène où Romy se met à dire qu'elle ne le sent plus, au milieu de l'acte, et voir que Samuel continue quand même, cela m'a particulièrement dérangé ! Ici, le problème étant que ce ne sera jamais remis en question, le personnage ayant même apprécié cela ! On abordera juste le concept du consentement bien plus tard, et pendant seulement quelques secondes !
Et ce dernier point, il illustre parfaitement la sensation que donne le film : il ne sait pas quoi raconter ! Cela se voit au niveau du personnage de Samuel, qui semble changer d'utilité et de personnalité entre deux scènes. Au début, il semble être un pro de la domination, puis on comprend qu'il est finalement très amateur dans ce domaine.
Et par la suite, il va se montrer très manipulateur, avant d'être quasiment présenté comme la victime de cette histoire !
Et au final, tout cela amène à une conclusion qui paraît illogique !
Le mari qui finit par s'énerver en apprenant la chose, c'était la réaction la plus logique à amener. Mais pourtant, tout change de manière aléatoire à la scène d'après ! Celle-ci commence en nous montrant le mari se battre avec Samuel, puis, le temps d'une coupure, discuter avec lui et lui dire que ce n'est pas de sa faute. Et cette séquence démontre totalement à quel point le montage d'un film peut parfois détruire toute la tension dramatique qui voulait être développée, car, encore après, le mari accepte le pardon de sa femme. Encore une fois, c'est abordé au milieu d'une scène de 30 secondes entre deux autres, donc le montage n'aide vraiment pas à ce niveau-là. Pour que tout cela se finisse par une scène où l'on retrouve Romy et son mari faire l'amour. Par conséquent, à quoi cela aura servi ? Pour moi, à pas grand-chose. Je sais bien que le film ne semble pas vouloir dire ça, mais présenté de cette manière, il semble vouloir dire qu'il faut enfermer ses envies et rester dans sa petite vie, au risque de tout faire exploser autour de soi. Ce n'est clairement pas ce qu'il veut dire, mais comme le montage est extrêmement mal géré et que les dialogues n'aident pas, voilà ce qu'il en ressort. Donc, peut-être que votre interprétation sera différente, mais factuellement, le film présente cela comme ça. Et personnellement, je trouve que c'est quand même vraiment banal et bizarre de terminer de cette manière.
Sincèrement, cela faisait donc longtemps qu'un film ne m'avait pas autant énervé. On peut le trouver joli et bien interprété, il n'y a pas de problèmes. Mais que l'on ne vienne même pas me dire que celui-ci traite correctement ses sujets. Il est le cliché parfait du film trop prétentieux et qui se perd dans son propos. Pour conclure, un film à fuir !