« Le livre de la jungle » (1894) du britannique Rudyard Kipling (1865-1936), né à Bombay (Inde) et prix Nobel de littérature en 1907, à 42 ans, étant un recueil de nouvelles qui relèvent plus du conte, avec des animaux anthropomorphisés, il n’est pas étonnant que les studios Walt Disney s’en soient emparé pour l’adapter. Ce fut le dernier film supervisé par Walt Disney (1901-1966), mort pendant le tournage. A voir comme un film d’animation destiné à la jeunesse, centré sur l’amitié, entre Mowgli (10 ans), enfant élevé par des loups (voix du fils du réalisateur et qui deviendra directeur de la photographie), Baloo, l’ours « philosophe » et Bagheera, la panthère noire, avec de nombreuses scènes musicales [musique de George Bruns (63 ans) dont c’est la 4e collaboration pour un long métrage Disney, et chansons des frères Richard (39 ans) et Robert (42 ans) Sherman, qui ont obtenu l’Oscar des meilleures chansons pour « Mary Poppins » (1965) de Robert Stevenson, et de Terry Gilkyson (51 ans)] pleines d’entrain, très jazz et où les voix sont importantes, telles celles de Luis Prima (57 ans), surnommé le « roi des swingers », connu, notamment pour la chanson « Just a gigolo » (1943), voix du roi des singes Louie (un orang-outan) et de George Sanders (61 ans), voix du cruel tigre Shere Khan. La version française n’est pas en reste avec Jean Martinelli (58 ans) qui double l’éléphant colonel Hathi et Shere Khan, et Roger Carel, voix du python Kaa, au regard hypnotique. Bien entendu, les méchants, Kaa, Shere Khan voire Louie, sont réussis. 58 ans après sa sortie, le film a aussi un intérêt historique, étant tourné en technicolor, en 35 mm, avec beaucoup de travellings latéraux ; c’est le 2e film adapté du livre de Kipling, après celui de Zoltan Korda (1942) avec de vrais acteurs. Etonnement, Walt Disney a produit un remake en prises de vue réelles, en 1994 (par Stephen Sommers), un « préquel » en 1998 (« L’histoire de Mowgli » par Nick Marck), une suite, en animation, en 2003 (par Steve Trenbirth) et un 2e remake en 2016 (par Jon Favreau), où seul Mowgli est réel, les animaux relevant des effets spéciaux. Cette dernière version est beaucoup plus sombre, plus violente que le dessin animé original et même différente car se focalisant sur les rapports de l’Homme avec la nature et le passage à l’état adulte.