La Dernière tentation du Christ
Note moyenne
3,3
1556 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

144 critiques spectateurs

5
36 critiques
4
29 critiques
3
34 critiques
2
30 critiques
1
9 critiques
0
6 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
J31frites
J31frites

15 abonnés 285 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 avril 2026
Martin Scorsese adapte un roman qui affirme ne pas être tiré des évangiles et qui pourtant s’essaie quand même à les suivre, je dis bien “essaie” car tous les épisodes sont mélangés, synthétisés dans une espèce de bouillie scénaristique mystique et niaise. Les dialogues frisent parfois le nanar et c’est encore pire avec la VF.
La fin a été source de controverses et d’attentats et c’est pourtant la bonne idée du film, un flash back très long, très bien inséré dans le montage, qui suggère que le Christ avait tout de même à travers ses souffrances des tentations d’homme qu’il est parvenu à surmonter. Dans la douleur nous avons tous eu de tels fantasmes de céder à la lâcheté pour abréger le calvaire.
A l’image de d’autres oeuvres populaires tels que les romans L’évangile selon pilate de Schmidt ou le Da Vinci Code de Dan Brown, Jésus Christ est montré sous un jour moins idéalisé, celui d’un homme en proie aux mêmes doutes (même quant à sa propre nature) et désirs que le commun des mortels, pêcheur à profusion, voire violent à plusieurs reprises. “Je suis venu apporter le glaive, Dieu ne vous aidera pas”, voilà son message de paix dans ce long métrage, qui pourtant parle d’amour et de pitié l’instant suivant. Jésus est montré comme acteur d’un théâtre orchestré par Dieu, comme le montre son amitié particulière pour Judas (c’était plutôt avec Pierre dans les évangiles), non pas Dieu lui-même conscient. Il s’agit d’un choix honnête qu’on ne peut contrer faute de preuves historiques, le film propose seulement une possibilité (certes malaisante) telle que tout le monde pourrait avoir la sienne. Autre détail rajouté, pourtant pas nécessaire mais qui constitue une véritable ironie glauque : au début du film, Jésus fabrique des croix pour crucifier ceux qui se font passer pour le messie.
J’ai été d’abord mitigé quant au choix de Willem Dafoe pour le rôle jusqu’à qu’ils finissent par vraiment ressembler au Christ tel qu’on imagine qu’il était et puis surtout quelle belle performance, il parvient à être juste sans trop se prendre pour Dieu !!
Heureusement, Scorsese sait se servir d’une caméra (la scène de la crucifixion est intense, attention âmes sensibles) et la photographie est bien conservée, de sorte que les choix de reconstitution suffisent à empêcher un ennui qui aurait pu se ressentir vu la durée du film. Peter Gabriel compose une bande-originale qui a le mérite de se détacher du blockbuster hollywoodien et de plutôt tenter de recréer l’ambiance sonore de l’époque.
Gé Hem
Gé Hem

2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 décembre 2025
Un film magnifique sur l'humanité de Jésus, qui peut choquer les croyants. Dans la lignée des grands Scorsese, ce film est à voir et à revoir.
Cadreum
Cadreum

59 abonnés 778 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 septembre 2025
Qui est le film ?
En 1988, Martin Scorsese, déjà reconnu pour ses fresques criminelles (Taxi Driver, Raging Bull, Les Affranchis), surprend en adaptant le roman de Nikos Kazantzakis. La Dernière tentation du Christ naît d’une longue obsession d’un cinéaste catholique. Le film ne cherche pas à rivaliser avec les grandes fresques bibliques hollywoodiennes, mais à déplacer le récit évangélique vers l’intime. En surface, il raconte la vie de Jésus jusqu’à la crucifixion, mais avec une inflexion décisive : le Christ est ici un homme de chair, traversé par la peur, le désir et le doute.

Que cherche-t-il à dire ?
La Dernière tentation du Christ est l’un des gestes les plus radicaux de Scorsese, car il déplace le récit évangélique du registre dogmatique vers le champ de l’expérience intérieure. Ce n’est pas un film sur la doctrine chrétienne, mais sur la fragilité d’un homme confronté au fardeau d’incarner le divin. Scorsese y inscrit sa propre obsession : la culpabilité, la tentation, le poids de la grâce. Le Christ y devient figure du doute et du désir, pris dans l’entre-deux entre l’appel céleste et l’attachement terrestre. Le film ne cherche pas à nier le sacré, il le dramatise à travers la chair, en affirmant que la transcendance ne se vit pas dans l’abstraction mais dans l’incarnation souffrante.

Par quels moyens ?
Contrairement aux représentations hagiographiques, Scorsese filme un Jésus hésitant, parcouru de vertiges, effrayé par sa mission. Ce renversement est fondamental : il ne s’agit pas de sacraliser un être parfait, mais de montrer la foi comme combat intérieur. La sainteté ne se déduit pas d’une nature immuable, elle se forge dans la confrontation avec la peur et le désir. Ce choix ouvre un champ théologique et cinématographique : la sainteté comme lutte et non comme essence.

La fameuse « dernière tentation », où Jésus imagine une vie ordinaire faite de mariage, enfants, vieillesse, n’est pas une simple provocation antireligieuse. Elle révèle que la tentation n’est pas l’écart moral, mais l’épreuve radicale de l’imaginaire : et si l’on échappait à la mission, et si la vie se réduisait à l’intime, et si le salut n’était pas à porter pour tous mais à vivre pour soi.

Scorsese insiste sur la matérialité : la sueur, le sang, la poussière des routes. Le spirituel ne se vit pas en dehors du corps, il s’y éprouve. Les stigmates, les tremblements, la fatigue inscrivent le divin dans la chair. La foi devient ici incarnée, traversée par la douleur physique et par les pulsions.

Judas n’est pas ici simple traître, mais compagnon et miroir. Scorsese complexifie le récit en montrant Judas comme celui qui pousse Jésus à accomplir sa mission, presque comme un directeur de conscience. Cette relation traduit une vérité profonde : toute vocation, dit le film, exige un autre qui l’oblige à se réaliser, même par la négativité.

À l’opposé des fresques bibliques flamboyantes, Scorsese filme la rugosité : paysages arides, costumes simples, visages marqués. Ce dépouillement visuel recentre l’attention sur l’expérience intérieure. Pas de monumentalité, pas d’iconographie figée : le spectateur n’est pas invité à vénérer une image, mais à partager une angoisse.

La bande originale de Peter Gabriel, mêlant instruments anciens et textures contemporaines, inscrit le récit dans une temporalité ouverte. Ce n’est plus seulement l’histoire d’un peuple antique, mais une parabole adressée à l’homme moderne. Le Christ de Scorsese n’est pas relégué dans le passé : il est une figure toujours actuelle du doute et de l’engagement.

Où me situer ?
Je dois l’avouer, La Dernière Tentation du Christ m’a toujours laissé à distance. Là où d’autres films de Scorsese parviennent à faire jaillir une tension vivante entre l’intime et le monumental, celui-ci me semble englué dans une solennité raide. Le projet est passionnant sur le papier (interroger l’humanité de Jésus, sa tentation, sa chair tremblante) mais l’exécution m’a paru pesante, presque démonstrative. Le jeu de Willem Dafoe, malgré son intensité, reste prisonnier d’un dispositif trop didactique.

Quelle lecture en tirer ?
La Dernière tentation du Christ n’est pas une provocation, mais un film de spiritualité incarnée. Scorsese refuse la distance hiératique et choisit de montrer un Christ vulnérable, divisé, tourmenté. En cela, il réinscrit le sacré dans l’expérience humaine : la sainteté n’est pas absence de désir, elle est traversée du désir. L’œuvre est aussi bien théologique qu’autobiographique : Scorsese y met en scène sa propre tension entre le cinéma (art de l’image, donc du sensible) et la foi (quête de l’invisible). C’est ce qui fait de ce film une œuvre unique.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 septembre 2025
Une œuvre polémique et provocante de la part du réalisateur Martin Scorsese évoquant la tentation de Jésus sur la croix à mener une vie normale parmi les hommes. Ce questionnement sur le corps, l’esprit et la foi animant la source de la chrétienté interpelle et que l’on adhère ou non au long-métrage mérite le coup d’œil rien que pour l’interprétation enivrante de passion de Willem Defoe.
JEB
JEB

6 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 23 septembre 2024
Film complètement abject qui blasphème la religion : on ne respectant pas les croyances des catholiques et en s'y moquant insidieusement
pgioan
pgioan

32 abonnés 134 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 décembre 2023
Je viens de le revoir.....Mais quel ennui !!! quand je pense aux polémiques de l'epoque....Vraiment sans grand intéret....
fred c
fred c

6 abonnés 460 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 15 septembre 2023
Le réalisateur se base sur un livre qui prend beaucoup de liberté par rapport a l'histoire connue, et a l'arrivée ca me laisse une impression d'un grand n'importe quoi
Totoloinloin
Totoloinloin

13 abonnés 469 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 septembre 2023
Très difficile de juger ce film. Déjà car il porte sur la religion. Retranscrire 1 époque et des faits aussi lointain en fait, de facto, 1 objet cinéma transcrivant la vision du réalisateur uniquement.
Pas d avis à donné ici pour moi. en terme de film, je l'ai trouvé long et pas palpitant dans la réalisation. Pas étonnant qu'il ai fait scandale à sa sortie, faut dire que si ça avait été voulu on aurait pas fait différent !
OSC4R _
OSC4R _

81 abonnés 55 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 février 2023
Simplement aucun intérêt.

Ça pourrait mais non. Un film réalisé sans aucune recherche, sans aucun recul. C’est pas intéressant, pas bien réalisé et long.

La musique du générique de fin est le meilleur élément du film.
Florian Malnoe
Florian Malnoe

142 abonnés 557 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juillet 2021
On peut dire que Scorsese n'est pas tombé dans le piège de l'hagiographie avec cette adaptation de la fameuse figure Christique. Mieux, il a carrément déconstruit, voire démystifier, l'icône du "Messie guidant le peuple" en lui ajoutant de la complexité, de l'ambiguïté et de la nuance et sur ça je dis chapeau !! C'est sacrément osé !! Alors, je ne sais pas à quel point le film est fidèle à la nouvelle mais cette ré-écriture est quand même assez puissante avec un Dafoe hallucinant et un Keitel comme à l'accoutumée impeccable également. On nous présente un Jésus schizophrène complètement tiraillé entre son côté divin et prophétique et sa nature humaine faite d'angoisses et de tourments. On a donc là une histoire sur la vie de Jésus beaucoup plus proche (bien qu'encore très libre) de l'ancien testament que la version fantasmée narrée dans le nouveau. Le savoir-faire de Scorsese, que ce soit dans la mise en scène comme dans la réalisation, m'éclate une énième foi à la figure comme à l'habitude avec son immense filmographie qui ne cessera jamais de me surprendre. Même pour le réfractaire à la Religion que je suis ça s'est laissé suivre d'une traite. La BO appuis le tout d'une manière magistrale. Ce n'est pas encore le genre de cinéma que j'affectionne le plus mais pas grand chose à y redire a part que c'est un bon film qui a emporté mon adhésion tant on y ressent une grande passion dans l'intention et une grande maîtrise formelle et narrative dans l'exécution. Je n'ose imaginer le recul qu'il faut avoir sur sa foi pour pondre à tel film. Pour ça Bravo !!
Yalfy
Yalfy

1 abonné 90 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 mai 2021
A la différence du roman de Kazantzakis dont il est tiré il n' y a pas de champ de maïs dans la Galilée de Jésus.Willem Dafoe n' est pas trop crédible dans le rôle de Jésus.Barbara Hershey sensuelle dans le rôle de Marie-Madeleine.Des fantasmes bof bof de Jésus sur la croix.Pas de quoi incendier un cinéma comme à l' époque de la sortie du film.La connerie humaine.Harvey Keitel joue un Judas presque sympa.Film faussement sulfureux
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 avril 2021
Adapté du roman de Nikos Kazantzakis par Martin Scorsese, “La dernière tentation du Christ” a créé une véritable polémique à sa sortie en 1988. Accusé de blasphème, le film représente en effet un Christ humain simple, qui succombe au péché, notamment de chair avec Marie-Madeleine. Pendant des semaines, des chrétiens manifestent devant les cinémas avec des banderoles et bloquent même le standard téléphonique du ministère de la Culture en France. Aux Etats-Unis une croisade est engagée pour empêcher les spectateurs de voir le film. Enfin, les radios encouragent les fidèles à déchirer les sièges de cinéma et un cinéma parisien est incendié faisant des dizaines de blessés. “La dernière tentation du Christ” pourrait pourtant être vu comme un simple péplum, mettant en scène un être rongé par sa double nature humaine et divine qui acceptera d’aller sur la croix pour être le fils de Dieu. Martin Scorsese démystifie le Christ dans une mise en scène sobre loin des symboles. Si le jeu des comédiens semble parfois aléatoire et que certaines séquences englobent trop de longueurs, la réalisation est véritablement audacieuse.
D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Chaîne 42
Chaîne 42

221 abonnés 3 552 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 23 mars 2021
Film de 1988 qui est l'adaptation d'un roman, le titre est trompeur car il ne correspond qu'à la dernière partie du film. Cependant dès le début le propos est outrancier et sans rapport avec la bible et la personne de Jésus. Un avertissement que ce n'est pas un récit des évangiles pour commencer le film qui n'est pas négligeable bien qu'un chouïa bien hypocrite mais la teneur du film est bien dès la première scène une vie de Jésus mensongère selon sa façon d'être dans les évangiles et ce qui ne trompe pas non plus par un bon nombre de scènes sont obscènes ou sordides sans non plus de rapport aucun avec les évangiles. Un mélange de fait tirés des évangiles et de considérations stupides ou malsaines qui se finit par le propos de cette dernière tentation qui est juste une tromperie totalement malsaine et incohérente. C'est un film long, lent, pesant et peu propice à la réflexion, Jésus y est juste surtout humain et un humain assez crétin qui ne semble réagir que par des mouvements d'humeur.
Danny_1952
Danny_1952

6 abonnés 31 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 février 2021
Je me souviens que lorsque j'ai vu ce film au cinéma et que le film a commencé en affichant son écran rouge sang, j'en avais presque le souffle coupé d'avoir la chance de pouvoir le voir en salle, car il avait été question de l'interdire en raison des critiques des bien-pensants.et de tous ces gens bornés, remplis de préjugés religieux dépassés. J'avais même écrit une petite critique favorable dans la section « Avis du lecteur » de mon journal local.

Ce film, basé sur le roman de Níkos Kazantzákis et réalisé par un homme très catholique (Martin Scorcese), présente le Christ comme étant bel et bien « incarné » et donc apte à toutes les tentations et toutes les souffrances de la chair. Que vaudrait cette incarnation de Dieu s'il n'était pas à 100 % humain ?

J'avais vraiment adoré !
TUTUR29
TUTUR29

46 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 janvier 2021
La Dernière Tentation du Christ est un film extrêmement original, qui vaut vraiment la peine d'être vécu. Le mélange entre le récit réécrit de Jésus Christ et le style cinématographique de Scorsese est excellent. Jésus est ici traité comme n'importe quel personnage névrosé d'un film de Scorsese et c'est assez perturbant de faire cela avec un personnage mythique comme Jésus, mais ça rend le film d'autant plus mémorable. De plus, Willem Dafoe signe ici une prestation extraordinaire, l'un des rôles dans lequel il m'a le plus bluffé. Cependant, c'est clair que c'est loin d'être le film le plus plaisant de Scorsese : le rythme est très lent et il y a très peu d'action (hormis les scènes de torture, toujours aussi bien filmées). Ceci fait que c'est un film bien moins divertissant que la majorité des films de Scorsese. De plus, en découvrant ce film après d'autres comme Silence, j'ai trouvé que les thématiques de La Dernière Tentation du Christ faisaient un peu redite par rapport à ces autres films, ce qui enlève un peu d'intérêt à ce film. Ca reste du Scorsese donc c'est très intéressant à regarder et je recommande pour l'expérience, même si c'est loin d'être son meilleur film.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse