Dans Signes, la phrase
ne céder rien au nihilisme
résume vraiment tout le sens du film. Graham est un homme
qui perd sa femme
d’une manière brutale et absurde, et cette absurdité le brise. Il arrête de croire, il renie ce qu’il était, il s’enferme dans une vision du monde où plus rien n’a de sens. Le film ne parle donc pas seulement
d’extraterrestres,
mais de ce combat intérieur contre le vide, contre l’idée que tout est chaos, hasard, souffrance inutile. Le nihilisme, c’est finalement la facilité : c’est abandonner, c’est accepter que la vie n’a aucun sens, et c’est exactement ce que Graham est en train de vivre au début du film.
Toute l’histoire consiste à lui faire revivre l’expérience inverse : remettre du sens là où il n’en voyait plus. Chaque petit détail qui semblait idiot, inutile ou même absurde finit par trouver une place. Le verre d’eau posé au hasard, l’asthme du fils, le passé du frère,
les dernières paroles de sa femme…
tout ce qui paraissait incohérent s’assemble au moment où il comprend que, peut-être, les choses ne sont pas seulement du hasard. Et ce moment, c’est justement l’instant où il refuse de céder au nihilisme. Il se rend compte que, malgré la douleur, malgré la violence du monde, il existe encore quelque chose au-dessus de lui, un principe, une providence, une raison d’espérer, peu importe comment on l’appelle.
Cette idée est essentielle, et elle dépasse largement le cadre du film.
Ne pas céder au nihilisme, c’est refuser de se laisser détruire par ce qui semble absurde. C’est continuer à croire qu’il existe un sens, même si on n’en voit qu’un morceau. C’est un combat intérieur, souvent silencieux, souvent douloureux, mais fondamental.
Et Signes raconte ce combat-là, avec ses maladresses, ses facilités scénaristiques, ses moments un peu enfantins, mais avec une sincérité réelle. C’est pour ça qu’il reste important malgré ses défauts. Il porte ce message :
même quand tout paraît vide, même quand la vie semble injuste, ne cède rien au nihilisme, ne renonce jamais au sens. Ne céder rien au Nihilisme