Un film comme on n’en fait plus. Vraiment.
Derrière cette comédie française à première vue bon enfant se cache un portrait social aussi drôle que profondément humain, porté par un Coluche plus sincère que jamais.
Coluche qui joue un vendeur viré pour avoir défendu un gamin, et qui décide de devenir instituteur ? Sur le papier, ça sonne comme une idée un peu tirée par les cheveux. Et pourtant, à l’écran, ça fonctionne à merveille. Il y a une alchimie immédiate entre lui et cette classe d’enfants insupportables mais terriblement attachants.
Ce qui frappe surtout, c’est la justesse.
La manière dont le film parle de l’école, de l’autorité, des inégalités, du système, sans jamais sombrer dans le moralisme ou la lourdeur. C’est drôle, piquant, parfois même émouvant, mais jamais donneur de leçon. Et quand Coluche balance ses vérités à la hiérarchie scolaire ou à ses collègues trop rigides, on jubile littéralement.
Il y a aussi ce regard tendre mais lucide sur les enfants. Pas idéalisés, pas diabolisés non plus. Juste vrais. Chacun a son caractère, son style, ses failles. Et Coluche les observe, les écoute, les bouscule parfois, mais il ne les méprise jamais. Il les aime, à sa manière brute mais sincère.
Visuellement, le film est simple. Pas de fioritures, pas de grandes envolées esthétiques. Mais l’essentiel est ailleurs. L’écriture est fine, les dialogues font mouche, et l’ensemble dégage une énergie à la fois anarchiste et bienveillante. C’est un cri du cœur contre les absurdités administratives et les injustices sociales, emballé dans un humour irrésistible.
Alors oui, le film date un peu. Mais il garde une fraîcheur et une pertinence qui étonnent encore aujourd’hui. Et surtout, il montre une autre facette de Coluche — loin du simple comique à punchlines : un homme intelligent, révolté, mais profondément humaniste.
4/5. Un film qui mérite d’être redécouvert, et qui, sans en avoir l’air, en dit beaucoup plus qu’il ne le prétend.