Suite directe de La Maison des 1000 morts, narrant les heures dantesques d'une bande de serials killers dégénérés et consanguins - dépeints comme les pires de l'Histoire - poursuivies par la police avec en tête un chérif psychologiquement atteint par la mort de son frère, abattus sans plus de cérémonie par la mère FireFly dans le film précédant, qui compte bien assouvir sa vengeance au méprit de toute légalité, et qui va insidieusement devenir aussi furieux et déjanté que ceux qu'il traque... Rob Zombie - qui s'est vu sacré plus grand metteur en scène du cinéma de genre contemporain à l'époque - nous amplifie à ce pitch extrême une ambiguïté de chaque scène digne de Sam Peckinpah... et ainsi, se moque de la censure avec une intelligence et une audace salutaires. Dans The Devil's Reject, on reconnait immédiatement la patte inimitable de ce sale gosse enragé de cinéaste à ses heures perdus, sans doute le plus couillu et indompté de sa génération : de l'anticonformisme visuel baignant dans une ambiance crade et dépravée à la subversion d'une mise en scène profondément primitive, animale et sauvage, à analyser comme telle (le générique du début en est éloquent), pour ce film exutoire en mode méchamment immoral, transgressif, dérangeant, violent, sexy, rock et libertaire, qui nous montre, une fois de plus, une Amérique redneck que les ricains ne veulent pas voir, et interpelle brutalement notre morale et la civilisation en nous attachant à cette famille de tueur en série.
Attention ceci-dit le film est très inégal : si toute la première heure est juste parfaite, la deuxième moitié du film est par contre nettement moins réussie et palpitante, relativement moins hard, avec quelques scènes complètement ratés voir ennuyeuses, comme la mort d'un certain personnage principal, une longue scène de torture pas très choquante, ou encore une poursuite pas très intéressante dans un enclos à vache.... Bref, passé ses 60 premières minutes pile, le film dérape presque complètement, pour se rattraper quelque peu sur sa séquence finale sur l'autoroute au ralentis, vraiment mélancolique et instantanément culte.