De manière toujours aussi poétique, Yves Robert raconte Pagnol après « La Gloire de mon Père » en réunissant le même casting si touchant fait de comédiens confirmés et d’amateurs pour un résultat toujours aussi charmant. La nostalgie est au rendez-vous et l’on passera volontiers l’éponge sur les quelques scènes sur-jouées ou les rebondissements assez improbables. Le moment est toujours aussi mignon et dans l’ensemble ça fait du bien tout simplement.
Il est bon de retrouver les personnages du premier opus et se replonger dans les paysages du sud, et la douceur de ses accents chantants. Une oeuvre du patrimoine français qui rend dignement hommage à la famille Pagnol.
On apprécie revoir ce film simple, divertissant et sans prétention. On se plaît à découvrir les aventures de la famille Pagnol, de classe moyenne, au début du vingtième siècle, sous le regard du petit Marcel.
Là où La Gloire de mon père riait au soleil, ce second volet s'ouvre sur un paysage crépusculaire où l'on croit déjà deviner des tombes. On est face au temps qui file et qu'aucune main d'enfant ne peut retenir. Yves Robert n'est pas un grand styliste, mais il filme ses personnages avec une tendresse qui transforme tout en hommage : celui de Pagnol à son enfance, celui de Robert à Pagnol, et le leur, commun, à un art de vivre qui n'existe plus. Sa Provence éclate de lumière (ciel d'azur, chant des cigales) avec ces collines qui deviennent le premier amour d'un gamin. Philippe Caubère fait sonner l'accent du Midi comme une chanson, en père libre et lumineux tandis que le coeur du film repose sur Nathalie Roussel. Une mère fragile et discrète, qu'on croirait sortie d'un rêve, et qui porte seule toute la charge émotionnelle. Ça démarre trop doucement, avec ces allers-retours qui finissent par tourner en rond, au point qu'on frôle le décrochage. Et puis l'épilogue tombe comme un couperet. Cette brutalité finale fait du film une madeleine cruelle : ce ne sont plus seulement les personnages qui nous touchent, mais notre propre enfance, nos proches qui s'en sont allés eux aussi, que l'on revoit avec une tendresse mélancolique. Rarement un film aura dit aussi fort l'amour démesuré d'un fils pour sa mère. Reste cette vérité de Pagnol qu'on n'ose pas confier aux enfants : la vie n'est faite que de quelques joies, vite effacées par des chagrins qu'on n'oublie jamais.
Film de 1990 deuxième volet de la trilogie des souvenirs d'enfance de Pagnol. Le film est un peu emphatique sur sa première partie mais devient ensuite plus sensible et intéressant.
Je ne me lasse jamais de revoir ce film. Tant d'authenticité et de poésie. Un film qui fait du bien dans ces temps si troublés. Et la fin procure une telle émotion, voir les gens qu'on a aimés nous quitter, c'est dure mais il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants. Merci Mr Pagnol et Mr Yves Robert pour ces oeuvres uniques qu'on ne peut oublier.
Film délicat et rempli de nostalgie, Le Château de ma mère séduit par sa simplicité et la justesse de ses émotions. Le rythme peut sembler un peu lent par moments, mais les paysages et l’atmosphère en font une œuvre agréable à suivre. Sans être inoubliable, il reste touchant et sincère.
Aussi bon que sa première partie (la gloire de mon père) et avec les mêmes acteurs, dans une suite que Pagnol a su mettre en mots et en émotions en racontant sa vie. C'est à la fois théâtral et aussi exubérant, avec cette humanité qui appartenait à une autre époque disparue aujourd'hui. Et les drames sont juste égrenés sans qu'on en sache rien, comme de résumer la grande guerre à une phrase: "c'était cela, la vie des hommes". Un film à voir pour se rappeler une époque qui ne reviendra plus.
Ah… Le Château de ma mère. Si La Gloire de mon père était un lever de soleil sur l’enfance, celui-ci en est le crépuscule tendre, doré, aux ombres qui s’allongent. Yves Robert poursuit la musique de Pagnol, mais cette fois le refrain a la saveur douce-amère des instants qui s’échappent.
Dès les premières images, on retrouve la Provence comme un royaume enchanté, mais déjà fragile, menacé par le temps. Les collines s’habillent d’une lumière plus mélancolique, les pas du petit Marcel semblent plus pressés, comme s’il savait qu’il courait vers la fin d’un âge d’or. Le rire d’hier se fait murmure, la fête de l’enfance s’orne d’un voile de nostalgie.
Philippe Caubère et Nathalie Roussel incarnent à merveille ce couple de parents, figures d’amour et de dignité. Et le petit Marcel, toujours émerveillé, devient peu à peu spectateur de sa propre vie, conscient que chaque promenade, chaque franchissement de porte ou de canal, est une victoire éphémère contre le temps qui s’enfuit. Les scènes des trajets, avec leurs raccourcis clandestins, deviennent une métaphore lumineuse : l’enfance est un passage secret que l’on voudrait garder à jamais.
Il y a dans ce film une poésie plus grave, comme si Yves Robert et Pagnol se tenaient par la main pour nous dire : “Regardez bien, retenez tout, car la vie, comme l’été en Provence, ne dure pas.” Et quand survient la fin, bouleversante, c’est toute une enfance qui se referme, comme une porte trop lourde qu’on aurait voulu laisser ouverte.
Le Château de ma mère, ce n’est pas seulement une suite. C’est une révérence. Un adieu vibrant à l’enfance, dit avec l’élégance d’un conteur qui sait que les plus belles histoires sont celles qui s’achèvent en nous laissant le cœur serré et les yeux brillants.
Un classique du cinéma français des années 90, belle réalisation, très bon jeu d'acteurs, magnifiques paysages et très bon dialogues, je rajoute aussi une mention spéciale pour la voix off et la musique. Du vrai cinéma comme on l'aime !
Un morceau de vie de M.Pagnol plein de joie, de tristesse…de VIE! De baux acteurs dans une région du sud de la France très ensoleillée et vous passez un très bon moment de cinéma
Cette suite n’en est pas vraiment une car ces deux films forment plutôt un diptyque. On y retrouve avec joie tous ces personnages bienveillants vivant comme dans une parenthèse enchantée. Le Château de ma Mère est clairement coupé en deux avec une première partie sur les premiers émois amoureux du jeune Marcel. La suite offre une certaine tension jamais ressentie jusqu’alors mais globalement le film a perdu de la fraîcheur du premier film. La fin est beaucoup moins jovial et nous ramène de manière abrupt à la dure réalité de la vie. Globalement, j’ai trouvé ces deux films de qualité assez équivalente et méritent indubitablement d’être vus au moins une fois dans sa vie.
Tourné en même temps que La gloire de Mon Père, cette suite des souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol en conserve toutes les qualités. On adore détester l'insupportable Isabelle et son ivrogne de père, l'inoubliable Jean Rochefort. Et puis vient la fin, magnifique sur le fond comme sur la forme mais si abrupte et irrémédiablement triste que tout ce qui précède semble n'avoir été qu'un doux rêve. Un peu rude pour un jeune public, mais après tout, la sortie parfois brutale de l'enfance et le besoin irrépressible d'y retourner n'est-elle pas le thème principal du film?