Très réussi sur le plan artistique, Lady Vengeance est un film dérangeant qui bascule dans l'extrême. Il faut avoir le coeur bien accroché, mais c'est en même temps le principe puisque l'intrigue se repose sur une vengeance (on ne part donc pas sur une comédie). Il clôt la trilogie de la vengeance de Park Chan-wook, mais sachant que chaque film peut (et doit) être pris indépendamment, je ne vais pas prendre en compte cette donnée.
Le rythme est plaisant, les personnages intéressants, l'histoire accrocheuse. En plus de tout cela, il est ludique : on peut interpréter certains symboles pour tenter de comprendre la morale au-delà des images. C'est osé, parfois cru, parfois subtil, et on passe rapidement d'un film coloré et presque drôle à des séquences froides, ternes, terribles, cassant le rythme : l'effet est immédiat et très efficace... Jusqu'à ce que l'on se demande quand est-ce que ça se termine, tant la dernière partie du film semble longue.
Là où j'ai décroché un peu, c'est au niveau du scénario. Certains choix des personnages peuvent sembler surprenants, les rendant parfois carrément antipathiques et surtout...
C'est vraiment ça la vengeance imaginée pendant 13 ans en prison ? C'est léger, non ?
En soit, le caractère parfois glacial des personnages nous empêche de totalement nous attacher à eux. Au début, on se demande si on ne va pas s'y perdre lorsque ceux-ci s'accumulent. En soi, Lady Vengeance est très intéressant à regarder, il a du caractère, un parti pris artistique assumé et franchement réussi, et il se regarde un peu comme une toile qui nous intrigue, sans que nous parvenions à en déceler un mystère plus profond qui, peut-être, n'existe tout simplement pas. Et puis... On passe à autre chose...