La célébration des 500 ans de la découverte de Christophe Colomb, Ridley Scott derrière la caméra, Gérard Depardieu alors au sommet de son art devant... Tous les voyants étaient au vert pour nous offrir une œuvre mémorable, un spectacle grandiose qui marquerait une génération de spectateurs : il n'en est rien. Pourtant, la première partie s'avère à la hauteur : enjeux, situations, contexte historique et scientifique bien exploité, préparation du voyage plutôt excitante : sans être trépidant, la qualité est un minimum au rendez-vous, certaines scènes (notamment celles avec Sigourney Weaver) étant vraiment réussies. Reste que lentement mais sûrement, et malgré quelques belles visions
(les nuages se dispersant pour laisser apparaître l'Amérique : pas dégoûtant)
, rien ne prend vraiment : cela manque d'émotion, de grandeur, de puissance, au point de ressembler parfois à un téléfilm luxueux, aux images (trop) léchées et aux ralentis superflus, ce qui n'est toutefois rien au vu de la dernière partie. Bon, quelques moments forts
(la construction de l'église, principalement, ou le dernier « affrontement » entre Colomb et Moxica (excellent Michael Wincott))
, mais on a l'impression qu'il ne se passe plus grand-chose, si bien que si ces 149 minutes me paraissaient totalement légitimes à la base, difficile de les justifier en voyant un tel projet ne plus rien proposer, répétitif dans son discours et assez pauvre en action. A vrai dire, je n'explique pas bien cet échec. Je comprends (et adhère) aux intentions de Ridley Scott, reconnaît son talent à quelques moments, mais n'arrive pas à comprendre comment peut-on en arriver à souhaiter au plus vite la fin d'un récit qui, pourtant, avait beaucoup pour me plaire. Oui, on s'ennuie ferme durant plus d'une heure, et même la performance remarquable de Depardieu ou l'envoûtante musique de Vangelis ne pourra y changer quoi que ce soit... Tout n'est pas à jeter donc, mais il est peu dire qu'on en attendait plus, beaucoup plus.