Menace to Society
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Diabloxrt
Diabloxrt

96 abonnés 1 994 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 octobre 2026
Surfant sur la tendance des films sur la vie de banlieue, "Menace to Society" est probablement l'un des représentants les plus particuliers de ce genre. Considéré comme très violent et perturbant, la découverte de ce grand classique des années 90 est rapidement devenue une évidence pour moi. Réalisé par les frères Hughes, je dois avouer avoir particulièrement apprécié mon visionnage, l'ensemble proposé ici étant assez unique malgré son tracé très balisé. En effet, si l'on regarde uniquement le déroulé du scénario, l'histoire se concentre sur le quotidien de notre personnage principal. Le récit n'a pas forcément d'enjeu à proprement parler, et il se contente simplement de faire vivre notre héros au milieu de cette banlieue dangereuse afin de voir comment celle-ci va l'influencer. En matière d'écriture, le tout ne paraît alors pas extrêmement complexe à première vue, mais c'est bien plus l'énergie se dégageant de tout cela qui va être importante. Ici, le ton est volontairement très cru, avec une violence exacerbée venant parcourir l'entièreté du film. Dès l'introduction, les frères Hughes n'ont aucun mal à filmer l'animalité qui se dégage de nos protagonistes, tout en n'ayant pas peur de montrer des choses sanglantes et déstabilisantes. Le but est de nous faire comprendre en quoi le quotidien de nos héros est rempli de violence et que les morts en deviennent une banalité. Cela s'effectue aussi au travers d'une esthétique très naturelle, la caméra étant souvent tenue à l'épaule pour renforcer le sentiment de proximité. Cependant, cette approche n'a pas été choisie pour amener du divertissement, mais bien plus afin de nous plonger au cœur d'une réalité. Rarement un long-métrage ne m'avait fait comprendre à quel point la vie des quartiers pauvres était complexe et basée sur des règles fragiles. Il ne cherche jamais à nous cacher un contexte aussi réel, surtout après les émeutes de 1992. Tout comme il ne cherche pas à nous montrer que nos protagonistes sont des monstres, mais simplement des victimes de ce quotidien morbide. Si l'on doit être honnête, beaucoup de nos personnages peuvent avoir un côté attachant, notamment Kaydee. Il se montre plutôt respectueux envers ses aînés, très présent pour sa petite amie, et cet ensemble nous permet de nous attacher à lui. En se rapprochant donc de ce personnage et en se sentant aussi immergés dans l'univers du film, nous sommes aux premières loges pour comprendre que la violence amène la violence, les générations se succédant dans ces environnements sans jamais changer. Ne serait-ce que le parallèle fait entre l'une des premières scènes du film et l'une des dernières, où un enfant va être invité à boire de la bière, le démontre. Même avec les meilleures intentions, aucun de ces jeunes ne semble pouvoir sortir de ce rouage. Et justement, c'est un peu tout le propos tenu au sein de la conclusion. spoiler: Après nous avoir fait espérer une nouvelle vie pour Kaydee, cette fin où ce dernier se fait descendre, rattrapé par d'anciens démons, se veut cruelle, mais particulièrement honnête. Si la rédemption est possible, la rue ne nous quitte jamais vraiment, ce qui renforce la puissance de la voix-off accompagnant le projet. Elle peut certes être un peu envahissante à certains instants, mais quand nous comprenons qu'elle est la voix d'un personnage voué à mourir, cela prend davantage de sens et de poids.
Et pour conclure avec cet aspect, je tiens à tirer mon chapeau à la totalité des acteurs. Tous sont excellents dans cette approche très crédible de leur interprétation, et on n'a jamais l'impression d'être face à des comédiens. Ils jouent simplement un quotidien, et c'est ce qui rend leur jeu si crédible. Par conséquent, je vous recommande vivement de découvrir cette expérience. L'ensemble n'est peut-être pas révolutionnaire, mais son utilisation intelligente de la violence le fait passer dans une autre dimension. Il réussit à offrir une efficacité certaine à son concept, pourtant piégé sur une ligne très fine entre le fait de nous faire apprécier ces héros et de nous les faire détester. Le résultat est donc vraiment marquant et très parlant au vu de l'actualité des années 90 aux États-Unis. Pour conclure, un moment suspendu dans le temps.
GéDéon
GéDéon

145 abonnés 769 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 août 2026
En 1993, les frères jumeaux Allen et Albert Hughes signent un film sans concession sur le quotidien des minorités noires et pauvres de Los Angeles. A travers le parcours d’un jeune homme issu du quartier défavorisé de Watts, les réalisateurs livrent une photographie sombre des guerres de gangs animées par le trafic de drogue, la violence et l’absence de perspective. Le récit est d’autant plus terrifiant que les principaux protagonistes sont décrits comme des gamins désorientés mais attachants car profondément humains. Avec leurs failles et leurs blessures, ils donnent malgré tout envie de croire en la fraternité. Bref, une œuvre poignante sur une jeunesse bercée par la criminalité.
Charlotte28
Charlotte28

213 abonnés 3 022 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 août 2026
Fine étude sociologique, l’intrigue montre, à travers l’itinéraire du narrateur, un système autosuffisant à s’autodétruire. Ce drame manifeste son intelligence en ne réduisant pas les inégalités sociales à du pur racisme (qui d’ailleurs existe entre communautés victimes) mais laisse percevoir les raisons endémiques, économiques, idéologiques qui justifient de telles fourmilières de violence: quand sa propre vie n’a pas d’intérêt, quand on se sent déclassé, quand on n’a pas d’espoir hormis en des accomplissements matérialistes vains, comment sortir du cercle de nos proches où meurtres, insultes, fierté mal placée sont la norme? En peignant lucidement un quotidien dédaignant l’empathie, le dialogue, l’honnêteté, le récit prouve sans didactisme que seules la détermination, la foi ou une femme peuvent extraire de cette toile néfaste. Quant à la réalisation, soutenue par une excellente bande-son, elle nous immerge avec efficacité dans cet univers, propose quelques séquences fort bien pensées (colères outrancières du héros ou confrontation avec son amante), avive avec maîtrise la tension dans la scène finale. Une plongée sensée dans des âmes déchues.
Jean Ingalls
Jean Ingalls

6 abonnés 303 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 juillet 2026
Boyz n the Hood est un chef d'oeuvre, a ouvert la voie mais Menace II Society est viscérale. Aucune retenue, LA rue, pas de tendresse, on ne suit pas la jeunesse des protagonistes comme dans le précédent film, ici c'est cash, net. Ça ne rigole pas. Et surtout filmé avec une mastria qui damne le pion au film de Singleton. Beaucoup plus de scènes cultes et marquantes. Son intro légendaire, la partie de jeu avec Samuel L. Jackson. La première fusillade sanglante, le passage sanglant à l'hôpital, le troc avec le hamburger... bref, il y en a tellement. Puis une révélation qui crève l'écran Larenz Tate. Un monument du cinéma. C'est sûr que ça ne va pas plaire à tout le monde car ce film c'est LA rue, la vraie et se moque des codes de bienséance.
Laurent Boutonnat
Laurent Boutonnat

21 abonnés 546 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 mars 2026
Sorti peu de temps après les violentes émeutes de 1992 survenues aux USA, ce film met en avant un jeune homme afro-américain qui grandit dans un quartier sensible. Il a eu une enfance très compliquée et n'a connu que la violence et la drogue dès son plus jeune âge. À présent, entouré de ses amis, il répète ce qu'il a connu : drogue et violence. Pourtant, dans le fond, nous voyons que ce n'est pas un mauvais garçon. La mise en scène et les dialogues sont intéressants, c'est une véritable plongée dans les quartiers populaires afro-américains des USA au début des années 1990. Attention, on entend souvent des vulgarités dans la bouche des différents protagonistes. La musique rap et hipop est évidemment au rendez-vous. Quant au final tragique, il ne peut nous laisser indifférent.
Marcus_667
Marcus_667

5 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 février 2026
Ce film veut enseigner et montrer comment la vie dans la rue n’offre pas une future mais une fin tragique, et cette film dois être vu et compris.
Sebastien Beau
Sebastien Beau

28 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 janvier 2026
La violence dans les ghettos américains dans les années 90 ! À voir si rien d’autres pour avoir un peu d’action
coco borde
coco borde

1 abonné 23 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 août 2025
Pas spécialement fan de ce genre de film prenant souvent sois l’image du fantasme de la violence ou tout le contraire, celui la m’a surpris pas son réalisme et la manière dont les personnages sont construits. Malgré une violence présente montrant la réalité des quartiers des États Unis, on s’attache facilement à certains personnages tandis qu’on en déteste d’autres. Une assez bonne réalisation. Je met malgré tout 3,5 car ce n’est pas came…
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 20 juillet 2025
Menace II Society offre un regard cru et sans concession sur la vie dans les quartiers difficiles de Los Angeles. Le film ne ménage pas le spectateur, exposant les tensions, la pauvreté et la violence avec un réalisme saisissant.
Le casting, notamment Tyrin Turner et Jada Pinkett Smith, livre des performances convaincantes qui renforcent l’impact émotionnel de l’histoire. La mise en scène est efficace, sans artifice, plongeant dans une atmosphère lourde et oppressante.
Si le film peut parfois sembler répétitif dans ses scènes de violence, il demeure un témoignage important et poignant sur un environnement souvent ignoré.
Hotinhere

809 abonnés 5 556 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 octobre 2024
Une plongée brutale et percutante dans les quartiers ghettos de L.A, brillamment mise en scène et soutenue par une BO qui envoie ! 4,25
Shawn777

839 abonnés 4 036 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 septembre 2023
Genre très populaire dans les années 90, le hood movie a laissé derrière lui plusieurs perles comme celui-ci, sorti en 1993 et réalisé par Albert et Allan Hughes. Genre surtout popularisé par "Boyz'n the hood" (même si le genre existait avant, il a vraiment explosé après ce dernier), ce film en reprend donc le même concept, à savoir suivre la vie de minorités noires dans des ghettos de Los Angeles. À la différence près que celui-ci a un aspect beaucoup plus brutal, faisant presque passer "Boyz'n the hood" pour un film gentillet. En même temps, il faut dire que celui-ci sort peu de temps après les émeutes de 1992 et est donc encore bien dans son jus en présentant un contexte social très précaire et réaliste. Et cette violence, on l'a dès la premières minutes avec cette fameuse scène d'introduction devenue mythique qui met directement le spectateur dans le bain. Le film possède malheureusement quelques longueurs mais le film arrive tout de même à continuellement capter l'attention du spectateur avec une histoire et un environnement devenant de plus en plus violent. Et la particularité du film n'est pas vraiment la violence en elle-même mais plutôt de la manière dont elle est traitée. C'est-à-dire que, par exemple, tuer des gens est devenu "normal", le film ne s'attarde jamais vraiment dessus en normalisant le meurtre, ce qui rend le film d'autant plus marquant. Et ce n'est pas un défaut car ce n'est jamais de la violence gratuite pour autant, c'est de la violence crue qui sert complètement le propos du film qui dit, en gros, au spectateur : regardez comment ça se passe là-bas. D'ailleurs, on a presque ce côté "GTA : San Andreas" dont je pense d'ailleurs que le jeu s'est beaucoup inspiré, du moins dans son ambiance. "Menace II Society" n'est donc pas devenu un classique pour rien, notamment en proposant un contenu violent mais d'une violence réaliste.
eldarkstone

309 abonnés 2 461 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 13 mars 2023
Si on peut louer le bon jeu des acteurs et la trame dramatique de l'histoire, on ne peux nier un immonde appel à la violence gratuite et à la haine raciale, sur fond de guerre des gangs ... Non, ceci n'est pas un grand film.
Stone cold steve austin
Stone cold steve austin

20 abonnés 208 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 février 2023
La rue, les gangs, la haine et la violence. Caine et O-Dog. Le bon gars et le sanguin, seuls face à Los Angeles qui les entraîne dans une spirale de violence. On a le droit à de nombreux instants de vie, profitant du soleil de la ville et de la liberté qui s’y joue. Pourtant, les réalisateurs, les frères Hugues, nous plongent violemment dans des images d’archives des émeutes de Watts en 1992, pour donner du contexte à l’histoire. C’est rude, tout comme cette première séquence marquante pour de nombreux aspects qui montre un double meurtre enregistré par caméra. Caine, qui aspire à mieux, ne peut que subir la loi de la rue et ses occupants. La bande et les moments d’amitié sont forts. Pour autant, malgré la religion et les liens familiaux, le destin de ces jeunes est inéluctable. Les dialogues crus soulignés par les musiques gangsta rap apportent un caractère aux quartiers que l’on visite dans des duels urbains saisissants. En effet, la menace du drive-by (fusillade en voiture) est planante, constante, et les représailles peuvent tomber à tout moment à cause du réseau constant qu’entretiennent les dealers. Caine fuit cette réalité avec sa petite amie, apportant des moments de tendresse qui le font grandir et accepter la fin de son adolescence. Même si les jeunes de ces quartiers deviennent tous des hommes, c’est chacun à leur manière par une action plus ou moins répréhensible. Véritable appel de détresse sur une escalade de morts sans fin, les frères Hugues multiplient les scènes impactantes devenues culte. Cela jusqu’au final sanglant qui résonnera à jamais dans ma mémoire, véritable rappel tragique semblant venir directement de l’au-delà : “salut mon vieux tu m’reconnais”.
konika0
konika0

38 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 novembre 2022
Être né quelque part.

Au panthéon de la culture gangsta figure en bonne place ce film des frères Hugues. Vu de loin, d’aucuns n’en seront pas surpris. Et pourtant, ce n’est pas si évident.

Nous sommes dans le début des années 1990 dans un quartier de Los Angeles. Le hood vit toujours le trauma des révoltes de 1965 et celles de 1992 sont en arrière fond (passées, à venir ?). Dans ce contexte, on suit la vie de Caine, jeune et sympathique malfrat, mal né, surtout pas au bon endroit.

Derrière ses airs de thrillers nerveux, le film est surtout une chronique sociale, celle d’une bande de kids sans repère. C’est âpre à l’image et dur dans le fond. C’est au détour de dialogues qui semblent insignifiants que l’on fait la connaissance des personnages, des pièges qui les entourent et des contradiction de la société américaine. Quand on vit sans lendemain, on ne vit pas longtemps. C’est bien le problème de ces jeunes à qui on ne promet rien hormis une ségrégation socio-spatiale et un racisme systémique. Le film pose clairement la question des responsabilités. Quid de la responsabilité individuelle lorsque celle-ci dépend à ce point du milieu. C’est la défaite en héritage. Le propos évite soigneusement la glorification et les excuses vaseuses pour se concentrer sur des personnages en lutte contre eux-mêmes et contre cette fatalité qui vous rattrape toujours plus volontiers quand vous faites partie des exclus du rêve américain. Car on sait où tout ça finit et c’est le propre de la tragédie urbaine. Si lyrisme il y a, il est apocryphe et surtout une libre interprétation postérieure. Ainsi donc, à la manière d’un Scarface, on se demande comment ce Menace II Society peut se trouver dans les références d’un mouvement gangsta vantant les guns, l’argent facile et la masculinité toxique. Une incompréhension ? Une forme de masochisme vindicatif ? Ou alors une réappropriation du drama du hood ? Reste que ce petit brûlot captive du début à la fin par son engagement et sa volonté de ne pas plaire. Il rappellera dans un autre registre culturel le travail d’un Larry Clark, ce qui est bien sûr un compliment.

Donc, on se mate ça si :
- On n’est pas allergique au drame social.
- On ne goûte pas la logique essentialiste.
- On ne craint pas la tragédie.
- On veut un truc qui cogne.
Sébastien Rld
Sébastien Rld

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4,0
Publiée le 23 mai 2022
Il y a deux films référence sur le ghetto noir de Los Angeles : Boyz n a Hood et Menace II Society. Si le premier est identifié plus comme un film politique au message clair, le second est une plongée au coeur de ces quartiers terribles des années 90. Le film sort un an après les émeutes de Watts en réaction au procès des policiers qui ont agressés Rodney King, et démarre avec un rappel historique sur les émeutes de 1965, une façon de montrer que rien ne change.
Les frères Hugues, réalisateurs, nous racontent la vie de Caine, un petit délinquant de 18 ans élevé par ses grands parents. Alors qu'on le voit acheter de la bière dans une épicerie avec son ami O-Dog, ce dernier abat le couple d'épiciers coréens après une altercation. C'est comme ça la vie dans le ghetto déclare Caine, on entre pour acheter de la bière et on ressort complice d'un double meurtre. Il n'y a pas d'avenir possible. Quand Caine a besoin d'argent, il vend de la drogue que son mentor Pernell, ami de son défunt père, lui a appris à couper. Quand il a besoin de jantes et de sono pour sa voiture, il les vole. Le film est sans concession, on s'attache malgré tout aux personnages qu'ils soient voleurs, dealers ou assassins. On a envie que Caine s'en sorte et qu'il se choisisse un autre destin. Il en aura la possibilité, mais le Hood le laissera-t-il faire ? Porté par une bande son devenu culte, du Ghetto Bird d'Ice Cube au merveilleux Straight Up menace de MC Eiht, ce film est un véritable modèle du genre.
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