Le film ne décolle pas et vend du mensonge, Mathilda ne deviendra pas cette tueuse (« cleaner ») qu'on nous avait promis
Le film est cliché : tant l'histoire que les personnages
- les personnages principaux n’ont pas une évolution crédible : par exemple pas assez d'importance donnée aux traumatismes de Mathilda ni de Léon
- les policiers sont tous corrompus, pourquoi décrédibiliser et généraliser ça ? et puis y’a des invraisemblances :
comment Mathilda peut-elle rentrer sans soucis dans le comissariat de NYC avec des lunettes de soleil qui masque son identité
- les méchants sont très méchants, sans nuances,
- la relation M/L aussi :
- l’origine : pourquoi d’un coup il s’intéresse à sa voisine qui se fait battre depuis toujours ?
- l’évolution :
au moment de la crise dans leur relation, ils s’engueulent sans raison parce qu’ils sont de mauvaise humeur, mais rien n'est fait de cette crise, par ailleurs la pauvre scène de complicité entre Mathilda et Léon se résume à une scène de traverstissement sexualisée, M en Marylin Monroe et Léon en John Wayn ≠ pourtant quand il lui apprend à tirer c’est hyper intéressant, les fausses balles c’est un super cliffhanger mais ça s’arrête là, elle veut devenir une « tueuse » mais ils ne vont pas plus loin que l’intégrer à quelques missions
Si seulement plus de profondeur avait été accordée à l'évolution de Mathilda, elle délaisse si rapidement son envie d'être une tueuse
- la fin est prévisible et ne surprend pas
Sur le personnage de Mathilda : sans profondeur, elle ne sert qu’à attiser la temptation de tous - y compris du spectateur - elle est le jouet de tous les hommes : par exemple
le policier qui la retient dans la scène finale (elle est filmée avec une main sur sa bouche, elle gémit, un bras lui entoure la poitrine, ok mais pour quoi faire s’il y avait un but ok (montrer la peur constante des filles dans une ville, le traumatisme d’une enfant battue parce ça le film ne revient jamais dessus par contre le film joue bien de l’ambiguité sur son âge, dans la scène finale où elle quitte Léon, elle s’évade par la tuyauterie et descent face à Léon...elle est constamment filmée vers le bas donnant une position dominante à Léon…et au spectateur. elle rêve d’embrasser Léon et parle de la première fois de sa soeur au dernier moment de complicité qu’elle a avec Léon, elle est constamment filmée dans son lit - mais jamais en train de manger - par contre le lait ah ça oui -
- Léon :
on apprend son histoire à la fin, on sait pas trop pk il tue, ni pk il a une plante qu’il adore
effets sur le spectateur : si le film parvient à susciter une certaine tension de temps à autre, le film n’émeut pas, là où Mathilda passe son temps à pleurer, l’auditoire ne pleure pas
- les décors ne sont pas beaux : à part le symbolisme sexuel, rien n’est subtile, le gant cochon du premier appartement de Léon on l’a bien vu mais évidemment que c’est un symbole sexuel
- Il y a deux/trois prises qui sont belles : scène à la fin où Mathilda avance vers la caméra avec la plante et son doudou avec un arrière-plan flou des panneaux lumineux de la NYC nocturne, scènes dans les escaliers
==> En somme, on ne tire rien de ce film libidineux, simple romantisation clichée de la jeunesse, des femmes et de la souffrance. Seul point positif le jeu d'acteur
Sur la relation perverse M/L:
si c’est sensé être justifié par le fait que Leon ait été confronté à la mort de sa copine à 19 ans, on ne comprend pas à quoi sert de sexualiser une enfant mais c’est vraiment malaisant : boire du lait constamment, porter des vêtements hyper courts (la robe rose? pourquoi ??), le film ne dépasse pas cette relation clairement malaisante et très freudienne. La soi disant pulsion féminine d’une enfant pour l’homme qui l’a sauvé et le symbolisme des armes est hyper dérangeant aussi...