Kaaris, de son vrai nom Okou Gnakouri, grandit à Sevran, dans un quartier populaire marqué par la violence et la précarité. Très tôt, il est confronté aux réalités difficiles de la banlieue, qui nourriront plus tard ses textes. Il s’intéresse d’abord au sport et à l’écriture avant de se tourner vers la musique. Son vécu personnel devient une source d’inspiration majeure pour son art. Cette jeunesse rude forge son style sombre et réaliste.
Kaaris commence le rap au début des années 2000, mais peine d’abord à se faire connaître. Il collabore avec plusieurs artistes et sort quelques projets confidentiels. Sa rencontre avec Booba marque un tournant décisif dans sa carrière. En 2012, le clip Kalash le révèle au grand public. Son univers brutal et sans concession choque autant qu’il fascine. Il devient rapidement une figure incontournable du rap français.
En 2013, son premier album Or Noir est un immense succès critique et commercial. Il enchaîne ensuite avec Le Bruit de mon âme, Okou Gnakouri, Dozo ou encore 2.7.0, confirmant son statut de star du rap. Son style se caractérise par des textes extrêmement crus, une voix grave et des productions puissantes. Kaaris influence toute une génération de rappeurs. Malgré les polémiques, il reste une figure majeure du rap.
Parallèlement à la musique, Kaaris se lance dans le cinéma au milieu des années 2010. Il obtient son premier grand rôle dans le film Braqueurs (2016) de Julien Leclercq. Son jeu naturel et crédible impressionne le public et les critiques. Il y incarne un braqueur violent, proche de son image artistique, menant la vie dure aux personnages de Sami Bouajila et Guillaume Gouix. Ce rôle lui ouvre les portes du cinéma français.
Kaaris poursuit sa carrière d’acteur avec Overdrive, Lukas, Bronx et Le Roi des Ombres. Il s’impose dans des rôles sombres et intenses, souvent liés au milieu criminel. Toutefois, il est également présent dans le registre comique, comme en témoignent ses prestations dans 4 zéros et Le Jardinier. En 2026, il incarne Tonton, à la tête d'un gang de guerrières, dans la comédie L'Infiltrée, première réalisation d'Ahmed Sylla.
Laurent Schenck