(…) vous ne feriez pas injure à vos bonnes résolutions sérielles en commençant l’année par ce remarquable récit transalpin. Pas de miracle ici, juste le talent et l’imagination !
La composition du tableau est une chose. Encore faut-il y insuffler de la vie. Or notre Jean-Jacques Annaud national se perd dans de langoureux plans interminables et se prend les pieds dans le traversin de dialogues à dormir debout. Le montage est si monotone et dérisoire qu’il aura raison de la moindre once de vitalité du téléspectateur ou de la téléspectatrice en un temps record. Soulignons néanmoins qu’à sa décharge, Annaud doit meubler la bagatelle de dix épisodes, soit une durée bien trop longue pour un matériau original qui n’est pas si conséquent.
OCS persévère sur la comédie de jeunes et c’est tout à son honneur, même si Vingt-cinq peine à convaincre avec une brochette de spécimens particulièrement désemparés.
Adapter Stephen King pour la télévision, mais sans l’adapter vraiment, mais un peu quand même, mais sans le trahir… Il fallait des pros de la haute couture pour réussir ce tour de force. Castle Rock est leur créature de Frankenstein sérielle. Plutôt une réussite, même s’il faudra attendre la saison 2 pour confirmer.
Rien de bien neuf sous le soleil noir de l’horreur américaine : une maison hantée remplie de jump scares éculés, une famille confrontée à des fantômes et à ses propres démons. Où, une fois de plus, le genre (ici, l’horreur) n’est qu’un véhicule pour explorer les rapports humains. Cela suffit-il à faire une bonne série ?
(…) le produit fini est très décevant. Alors bien sûr, on se gardera à ce stade de faire des affirmations péremptoires. Nous n’avons vu que trois épisodes (et nous ne dévoilerons rien sur le troisième) mais la perception d’ensemble navigue entre l’amusement poli et l’embarras. Le fil conducteur russe apparaît comme un prétexte assez grossier. Le format de l’anthologie semble neutraliser la quête d’enjeu consistant, les narrations donnant l’impression de fonctionner en roue libre.
Kidding démarre sous les meilleurs auspices, pour peu que vous appréciiez cette ambiance mordante et cruelle, noire et parfois sordide. Le parallèle d’une émission pour enfants croisée avec la brutalité de la vie réelle, symbolisé par ce personnage improbable et complexe joué par Jim Carrey, est le gros point fort de la série. Sa sincérité et sa naïveté sied parfaitement à l’acteur, qui joue une partition d’une mélancolie presque burlesque.
Cette déclinaison portée par le sémillant John Krasinski remplit aisément son cahier des charges mais se garde bien de s’aventurer en dehors des sentiers battus.
Pour un peu, HBO tiendrait presque là son mode opératoire fétiche. Après Big Little Lies l’an passé, voici venir une autre déclinaison d’un roman écrit par une femme autour de plusieurs personnages féminins, le tout porté à l’écran par Jean-Marc Vallée. Mais la comparaison tourne court et Sharp Objects d’évoquer plutôt une certaine True Detective, en bien comme en mal !
Cet Aliéniste a tout du projet alléchant. Un polar historique à la reconstitution soignée et un attelage prestigieux pour en assurer la production. Le résultat est effectivement classieux mais manque d’inspiration.
En apparence, Nox pourrait être trop vite ignoré comme un polar de plus dont notre bon vieux paysage audiovisuel est si friand. Mais, en s’y plongeant en profondeur, l’expérience s’avèrera bien plus intense que la moyenne.
Peut-être que ce Chalet trouvera son public. Peut-être que les frissons d’une deuxième partie de saison plus sombre auront convaincu quelques téléspectateurs égarés. On a tout de même du mal à comprendre comment une si belle ambition de départ s’est si lamentablement effondrée.
À dessein, la série cherche à projeter d’emblée ses protagonistes dans un marasme insondable. On devine que le but est de démontrer à terme que les valeurs collectives et multiculturelles vont prévaloir et peuvent rejaillir sur le bonheur individuel. Mais est-ce que le public sera prêt à suivre/supporter les Bishop pour le découvrir ? Rien n’est moins sûr.
Il faut tout de même reconnaître que Billions est, en soi, une prise de risque non-négligeable, pour avoir fait le choix de décrire un univers pas franchement spectaculaire, ou tout du moins dont les tensions ne sont pas les plus simples à retranscrire. (…) le problème avec la métaphore du matador, c’est qu’une fois que les deux protagonistes principaux auront martyrisé le taureau à tour de rôle, on ne voit pas comment la bête pourrait ne pas s’essouffler rapidement.
On est assez loin du une mission/un épisode. C’est la force et la faiblesse de Star Trek: Discovery. Force parce qu’il prend le temps de présenter les personnages, le cadre historique, s’offre le luxe de long plans sur son environnement. Faiblesse parce qu’on perd dans ces deux premiers épisodes l’aspect exploratoire qu’on pouvait trouver dans Star Trek: Next Generation.
Franco est très adroit dans une reconstitution qui lui correspond bien. Il bénéficie surtout d’un personnage bien plus nuancé que celui qu’il tenait récemment dans 11.22.63. Mais on retiendra surtout la performance monumentale de Maggie Gyllenhaal (…) qui brille de mille feux alors que la trajectoire de son personnage (Candy) décline de manière implacable.
Alison Brie s’offre ici enfin un rôle central qui lui permet d’étaler une palette complète alternant comédie et drame sans effort. L’approche formelle est néanmoins plus aléatoire. Si les tenues et autres constructions de coiffures font leur petit effet, la mise en scène s’épanche vers quelques raccourcis afin de singer les années 80 à moindre effort.
Portée par une SF rigoureuse, les auteurs construisent une belle aventure martienne, aux références marquées mais pas encombrantes, jusque dans une résolution qui entrouvre de belles possibilités.
Le premier épisode est un feu d’artifice, de couleurs, mais aussi de rapidité, peut-être un peu trop. Il est inégal, en comparaison des trois épisodes suivants (…) Il faut vite poser le cadre, avant de se lancer sur la route en compagnie de Shadow Moon (Ricky Whittle), un voleur tout juste sorti de prison, et de Voyageur (Ian McShane).
Si les arabesques comiques sont toujours bien réglées, la portée dramatique reste superficielle. L’égoïsme sous-jacent de l’héroïne ne sert finalement aucun enjeu et laisse, par conséquent, une certaine amertume s’installer.