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La Soif du mal
note moyenne
4,1
1358 notes dont 163 critiques
33% (54 critiques)
34% (55 critiques)
14% (23 critiques)
13% (22 critiques)
3% (5 critiques)
2% (4 critiques)
Votre avis sur La Soif du mal ?

163 critiques spectateurs

Luc G.

Suivre son activité 7 abonnés Lire ses 96 critiques

4,5
Publiée le 06/12/2017
Un film qui a connu un accouchement bien difficile. Insatisfait du pré montage, les producteurs de Universal ont fait appel à Harry Keller pour tourner des scènes supplémentaires et revoir le montage initial. Insatisfait du travail accompli, Orson Wells rédige alors une note de 58 pages aux producteurs leur indiquant toutes les retouches qu’il désirait apporter à son œuvre. Il faudra attendre plus de quinze ans avant de voir porter à l’écran Touch of evil tel qu’imaginé par Welles. Il en résulte une facture des plus sombres. Tant dans le propos que dans le fait que le tournage s’est pratiquement déroulé entièrement de nuit. On assiste à un affrontement entre le bien et le mal personnifiés par deux hommes représentant la justice. L’un intègre, bellâtre et en pleine lune de miel, l’autre corrompu, physiquement répugnant et limité aux plaisirs de la prostitution. Les deux opposants se livrent à un véritable match d’échec qui se conclue avec la mort du diable. La morale appartient toutefois à la liseuse de bonne aventure, interprétée par nulle autre que Marleen Dietrich, qui devant la dépouille de son ancien client avoue que c’était tout de même un sacré bonhomme. Orson Welles est monstrueux à souhait, Charlton Heston démontre une carrure d’acteur qui lui permettra de remplir le rôle de Ben Hur l’année suivante et Janet Leigh perce toujours l’écran même si certaines scènes ne l’avantagent pas. Ce remontage respectant les intentions du réalisateur contribue au monumental héritage cinématographique d’Orson Welles.
Puce6386

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3,5
Publiée le 18/12/2013
Un bon thriller d’Orson Welles, à l’ambiance sombre, qui se déroule à la frontière américano-mexicaine. La mise en scène est impressionnante, avec notamment une magnifique scène d’introduction qui donne le ton au film. Les interprétations sont toutes de qualité, avec notamment un Charlton Heston d’une grande classe. Cependant, la réalisation souffre de quelques longueurs et manque d’homogénéité. Un bon polar malgré tout, qui constitue un classique du film noir !
Estonius

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5,0
Publiée le 16/05/2013
Une leçon de cinéma. Au 19ème siècle en Italie les compositeurs d'Opéra transcendaient des histoires souvent de peu d'intérêt pour en faire des chefs d'œuvres. Orson Welles à partir d'un scénario, certes intéressant, mais n'ayant rien d'exceptionnel réussit à en faire un monument de l'histoire du cinéma. Comme à l'Opéra où l'ouverture se doit d'être brillante, on a droit dès le démarrage à une séquence de folie qui nous scotche dans notre fauteuil. Les mouvements de caméra, les éclairages, les cadrages ne sont jamais gratuits mais au service de la progression dramatique du film. La direction d'acteur est remarquable, dominé évidement par Welles lui-même, mais Charlton Heston n'a peut-être jamais été aussi bon, quant à Janet Leigh… (et oui Welles aimait aussi les belles femmes et il la dirige superbement) Signalons aussi la présence de Marlene Dietrich et de Zsa Zsa Gabor en guest star. Quant à la fin, magnifiquement filmée utilisant tout l'espace et pataugeant dans l'eau boueuse, spoiler: elle laisse une impression amère, happy end, certes, mais uniquement pour Heston et Leigh… Welles n'était pas naïf au point de nous faire croire que la corruption s'arrêterait avec le mot fin… PS : Et quand  je pense qu'il y en a qui préfère Brice de Nice…
Akamaru

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5,0
Publiée le 13/11/2010
Un sommet absolu du film noir,et c'est peu de le dire."La soif du mal"(1958),oeuvre matricielle de l'omnipotent Orson Welles,surfe sur la virtuosité d'une mise en scène proprement extraordinaire,que ce soit l'inoubliable plan-séquence d'introduction suivant une voiture piégée,ou les mouvements et cadrages de caméra très étudiés.L'histoire se déroule dans une ville fictive frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique.Un attentat vient d'être commis.Les méthodes des 2 policiers chargés de l'enquête s'opposent.La droiture et la méticulosité de Vargas le Mexicain d'un côté contre la corruption et l'intimidation de Quinlan l'Américain de l'autre.Très intéressante confrontation entre Charlton Heston et Orson Welles,2 géants intemporels du cinéma.L'ambiance devient irrespirable à mesure que les tensions raciales et les luttes de pouvoir se font jour.L'ambiguïté morale de Quinlan est symbolisée par son flair infaillable en contradiction avec ses agissement orduriers.Vargas,lui,se tient à sa ligne de conduite,et aspire à une vie paisible avec sa ravissante épouse(Janet Leigh,dans un prélude à "Psychose").Les personnages secondaires sont très creusés,et font même la différence au bout du compte,pour conclure cette partie de perversité,de malveillance,et d'ego.A voir absolument.
Marc Chalard

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5,0
Publiée le 10/06/2012
Démarrant sur un plan séquence explosif d'une splendeur sans précédent et se terminant sur la sublime silhouette de Marlène Dietrich se perdant dans la nuit, ce splendide film noir surprend et éblouit de bout en bout. D'abord et en grande partie grâce à Orson Welles, gigantesque de corps et d'esprit. En tant que scénariste écrivant une histoire superbement construite et extrêmement originale, en tant que réalisateur formant plusieurs très beaux et puissants plans séquences, la scène d'ouverture évidemment, mais aussi deux autres de plus de 5 minutes chacun, et en tant qu'acteur jouant à la perfection ce flic aux manières plus que douteuses. Aussi grâce à Charlton Heston, juste impressionnant en policier se retrouvant imbriqué dans une enquête aux glaçants retournements et aux nombreux risques, pour lui-même mais aussi sa femme, jouée par Janet Leigh, fragile et éclatante de beauté, dont on ne pouvait rêver mieux dans ce rôle. Enfin, grâce à Marlène Dietrich qui apporte une touche de grâce supplémentaire, ses trop rares apparitions mais exactement distillées sont juste parfaites. L'histoire, machiavélique et éblouissante, ne nous laisse pas un seul instant de répit tant le suspense est éclatant et chaque personnage, nombreux au demeurant, est bien travaillé et joué. Rien n'est laissé au hasard dans ce splendide chef-d'oeuvre.
benoitparis

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5,0
Publiée le 29/06/2010
L’incarnation physique par O. Welles de la corruption même (avec obésité, sueur, visage déformé, bouffi, mal rasé) est une des choses les plus mémorables que j’ai jamais vu au cinéma. Elle suinte à la fin une souffrance intime, tragique. Comme les meilleurs réalisateurs de films noirs Orson Welles a retenu les procédés de l’expressionnisme. Il apporte en propre un sens presque architectural de l’espace (frappant aussi dans Othello). « La soif du mal » est un des grands films où le héros positif n’est jamais qu’un faire-valoir d’un mal omnipotent. Plus fort que les anti-héros égarés et manipulés habituels aux films noirs.
beni

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5,0
Publiée le 06/09/2008
Un film monstre qui vous écrase par l'ampleur de son sujet et la virtuosité de sa mise en scène. Dans cette histoire d'honneur, de corruption et de trahison, seuls les hommes ayant le courage de se salir les mains pourront en sortir grandi. Que ce soit Vargas qui se trempe dans des eaux boueuses ou Quinan qui se rend compte de l'atrocité de son entreprise lorsque du sang coule sur ses mains, ils sont sauvés, le premier en retrouvant sa dignité, l'autre car il peut enfin mourir en paix, ce grand taureau blessé. Ces deux personnages sont magnifiques, et antagonistes en diable. Mexicain contre Américain, intègre contre corrompu, rigueur contre manipulation: "La soif du mal" joue des faux-semblants et des contradictions, use de cet extraordinaire jeu de miroir qui parsème le film de moments grandioses. Le dénouement, finalement, n'a pas très grand intérêt. Le courage de Welles de manier des sujets aussi amples et de le faire avec un tel talent (le plan séquence de l'ouverture est peut-être ce qui a été tourné de plus extraordinaire dans l'histoire du cinéma) font de ce film l'un des plus grands, à l'instar de "Sueurs Froides", "Le Parrain" ou plus récemment, "There Will Be Blood".
loulou451

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5,0
Publiée le 22/11/2006
Qui n'a pas vu "La Soif du mal" ne sait pas ce qu'est un film noir, un grand film noir... Le FILM NOIR! Orson Welles fait de l'art quand les autres font du cinéma. Le plan séquence du début du film est un chef d'oeuvre à lui tout seul. L'atmosphère brûlante du film, moite, étouffante, glauque à souhait, soulignée par une musique envoûtante, une maîtrise parfaite des contre-plongées, des plans serrés, un art du dialogue époustouflant et servie par des acteurs au sommet de leur art (Charlon Heston à mille lieues de ses héros sans peur et sans reproches, Janet Leigt comme un ovni tout droit sortie d'une planète interdite, Orson Welles, plus brillant que jamais, méconnaissable et torturé), fait de cette oeuvre un monument du septième art. Crépusculaire, ce film fait partie des cinq plus grands films jamais tournés!!!
shmifmuf

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5,0
Publiée le 08/11/2011
On dit que rien n'échappe à l'emprise du temps. En fait si, peut être ce film!
dougray

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3,5
Publiée le 23/12/2015
Il existe des films où le spectateur se rend compte, dès la première séquence, qu’un grand metteur en scène est aux commandes. "La soif du mal" en fait incontestablement partie. En un plan séquence magistralement tourné et diablement efficace, Orson Welles frappe un grand coup et nous rappelle qu’il est bien le réalisateur de "Citizen Kane". Il plante, de surcroît, son décor dans un lieu atypique (la frontière américano-mexicaine) qui change des habituelles métropoles urbaines et dont il exploite le potentiel avec sont talent habituel (on traite, ici, des conflits de juridictions, du racisme, des différences culturelles, de l’immigration, d’une Amérique en mutation…). Welles se sert, ainsi, de son décor comme d’un moteur renforçant l’antagonisme entre les personnages, ce qui densifie considérablement l’intrigue, par ailleurs, assez classique. En effet, cette histoire d’affrontement entre un procureur mexicain intègre (Charlton Heston, très bien pour peu qu’on mette de côté son maquillage un peu grossier censé le faire ressembler à un latino) et un flic américain ripoux (Orson Welles lui-même, qui s’est offert le meilleur rôle et qui s’avère, une fois de plus, époustouflant de charisme) n’est pas la plus révolutionnaire qui soit puisqu’on retrouve les thèmes habituels, tels que les combines entre collègues, les connivences mafieuses ou encore la corruption. Il semblerait, cependant, que l’intérêt de Welles se soit porté ailleurs… En effet, "La soif du mal" est le dernier film hollywoodien de cet artiste maudit (des producteurs) et il est difficile de ne pas voir ce film comme une sorte d’adieu de Welles au grand écran (ou plutôt au grand public). Le film baigne, ainsi, dans une ambiance de nostalgie d’une époque révolue, notamment à travers le personnage du flic ripoux, dont on évoque le flamboyant passé. Le fait que Welles se soit attribué ce rôle mais, plus éclatant encore, la présence de Marlène Dietrich (icône mondiale du cinéma des années 30 et 40), comme souvenir de ce glorieux passé, vient confirmer que le réalisateur entend profiter de son film pour opposer la génération des illustres anciens aux jeunes nouveaux représentant la relève (Charlton Heston, donc, mais également, Janet Leigh). Cette opposition vient, d’ailleurs, appuyer le propos du film, avec ce monde en plein renouveau, dans lequel les anciens ne se reconnaissent plus. C’est cette superbe allégorie qui offre, à mon sens, tout son cachet à "La soif du mal" qui, à défaut, serait, pour autant, resté un bon film, malgré un rythme parfois un peu lancinant et des effets de mise en scène parfois un peu datées spoiler: (voir la scène de l’apparition du visage du cadavre du mafieux fraîchement étranglé). Il confirme, s’il en était encore besoin, que Welles était effectivement un génie incroyablement moderne pour son époque…
Val_Cancun

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3,5
Publiée le 11/01/2015
Lorsqu'il réalise "The touch of evil" en 1958, Orson Welles a déjà à son actif une dizaine de long-métrages. Il s'attaque ici au film noir, au moment ou l'âge d'or de ce genre se termine, et signe tout simplement une référence de cette sous-catégorie mêlant polar, drame et romance. Suite à un attentat à la frontière américano-mexicaine, on assiste à l'opposition de deux flics aux styles et méthodes contraires : Charlton Heston incarne Vargas le mexicain intègre (tout juste marié à une américaine, jouée par la pulpeuse Janet Leigh), tandis qu'Orson Welles lui même prête sa silhouette empâtée à Quinlan, l'américain au flair infaillible mais aux valeurs douteuses... Si ce scénario est loin d'être inintéressant, ce qui fait la valeur ajoutée de "The touch of evil" est incontestablement la mise en scène brillante de Welles. Dès le plan-séquence d'ouverture, époustouflant modèle du genre, jusqu'à la scène finale autour du pont-frontière, le spectateur en prend plein les yeux. Dans ce classique plébiscité par l'ensemble des cinéphiles, mon seul bémol concerne les scènes situées dans le motel abandonné, qui s'éternisent et n'ont pas l'intensité des autres séquences du film.
JimBo Lebowski

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3,5
Publiée le 30/07/2014
Je me disais bien ... Ce film je l'avais étudié en seconde au lycée mais bizarrement je n'en gardais aucun souvenir, en fait ça m'est revenu d'un coup, je me suis juste endormi devant et ensuite j'ai réussi à me procurer un résumé complet pour broder un truc (les jeunes ne faites pas ça !). Et pourtant à ce même moment, enfin à une ou deux années près j'avais apprécié deux autres films de Welles, "Citizen Kane" et "Le Procès", alors où est le problème ? Simple fatigue ou véritable ennui ? Sans doute un peu des deux car en le revoyant aujourd'hui, et en restant cette fois bien éveillé, j'ai tout de même eu toutes les peines du monde à rentrer dans ce polar. Bien entendu techniquement il n'y a rien à redire, que ça soit ce plan séquence génial au début du film ou cette maîtrise absolue du clair obscur, Welles est véritablement un cinéaste de génie doublé d'un excellent metteur en scène et néanmoins acteur de ces propres longs métrages. Juste le scénario qui ne m'a guère passionné, un film noir sous fond de corruption policière où Charlton Heston campe le rôle de Mike Vargas un policier mexicain qui à la suite de l'explosion d'une bombe dans une voiture entre la frontière americano-mexicaine décide de s'impliquer dans l'enquête et se confronte à son homologue Hank Quinlan (Welles himself bien bedonnant) aux méthodes douteuses. La femme de Vargas (Janet Leigh) se retrouve malgré elle également embarquée dans ce bourbier. Au final c'est uniquement ce duel idéologique entre Vargas et Quinlan qui ressort de ce film, l'intrigue n'est pas forcément brillamment exploitée, faute à une écriture un peu lourde et un rythme qui tend à l'assoupissement. Mais la performance des acteurs et la technique imparable de Welles tiens en éveil, permettant d'apprécier tout de même cette œuvre d'un fort classicisme, certaines répliques où fulgurances de mise en scènes sont d'ailleurs admirablement exploités, sans compter ce twist final plutôt astucieux (bien que traditionnel parmi les codes du genre avec un certain recul). "La Soif du Mal" reste une petite déception, enfin par rapport à sa grande réputation, "La Dame de Shanghai" a réussi là où ce film a échoué, mais en toute objectivité l'œuvre de Welles ne manque certainement pas de grandes qualités techniques et esthétiques.
Léo Mesguich

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5,0
Publiée le 26/01/2014
Quelle classe... Quel génie... Quelle modernité ! Ce film, le dernier hollywoodien d'Orson Welles, boucle majestueusement la boucle ouverte avec Citizen Kane. Ce film, au-delà d'être un film policier au scénario très prenant, multiplie les idées géniales de réalisation : le plan séquence d'ouverture, évidemment, les gros plans sur les visages avec la fumée des cigarettes, la dernière scène, l'utilisation des sons radio... Le filmp est d'une modernité halluciante pour un film de '58, il n'a pas pris une ride. Après, comme je l'ai dit, l'histoire est géniale : Heston-Vargas doit trouver les preuves pour faire tomber Welles-Quinlan, policier véreux, corrompu et malhonnête. Ce film est une quête pour faire éclater la vérité. Mais au-delà de ça, le personnage que Welles s'est donné (qui crève l'écran) et ses acolytes font preuve d'une violence terrible, souvent montré, ce qui est osé. Toutes ces scènes de violence sont d'ailleurs magistralement corégraphié, enchaînant des gros plans, des sons stridents, des images chocs. Enfin, il faut souligner le casting génial du film où tout les acteurs crèvent l'écran. Un film à voir absolument, tant pour les cinéphiles (occasion pour eux d'une vraie lecçon de cinéma) que pour les amateurs. Un film noir passionant, une histoire d'amour, et des amitiés déchues. Belle leçon sur la face sombre de certains hommes. Un vrai chef-d'oeuvre
Skipper Mike

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5,0
Publiée le 02/07/2013
C'est par un plan-séquence d'une perfection inouïe que débute "La Soif du Mal", film prodigieux et passionnant, dans lequel sont enfantés une bonne partie des standards du film noir et qui témoigne d'une grande influence sur ses successeurs. Baigné dans une ambiance glauque et oppressante, il se déroule dans une ville-frontière brechtienne qu'on traverse avec exaltation. La mise en scène est menée d'une main de maître par Orson Welles, qui est ici aussi impressionnant que répugnant dans le rôle de Quinlan, l'un de ses meilleurs personnages. Sans manquer d'humour, le scénario manie aussi la nostalgie, omniprésente grâce à l'ambiance distillée et la très forte identité musicale. Un pur joyau, absolument fondamental.
Appeal

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5,0
Publiée le 14/01/2013
Malheureusement vu en V.F, je n'ai pas eu le choix, mais j'ai eu la chance de tomber sur la version adaptée des écrits de Welles, et non la version éditée. Donc c'est la version 1h55 (et non 1h30). Je continue donc mes visionnages de Welles, dont je suis tombé définitivement amoureux, par La Soif du Mal, pas le moins connu du réalisateur. Et bien ma foi, cet homme est vraiment un génie. Il ne suffirait que du long plan séquence d'introduction pour en être convaincu, tout du moins rien que pour l'aspect formel : incroyable jeu des lumières, positionnement de la caméra, animation, détails, clins d'oeil. C'est résolument moderne et inventif. Et ce n'est heureusement pas que la scène d'introduction qui vaut le détour. De nombreux plans très inventifs s'enchaînent tout le long du film, probablement plus encore que Citizen Kane par exemple. Les acteurs, essentiels dans le film, sont également à leur avantage. Certes Orson Welles est un peu dégueu, tout bouffi, mais garde sa classe naturel. Les seconds rôles, que je ne vais pas énumérer, sont pratiquement tous convaincants - et essentiels. Bon après, Charlton Heston c'est pas ma tasse, mais il s'en sort pas mal - la surprise venant de Janet Leigh, au jeu assez incroyable, surtout quand elle joue dans des phases angoissantes (pas vraiment les romantiques). Enfin elle est aux antipodes de Psychose, sortit 2 ans après, où elle joue l'angoissé : ici elle est d'une nonchalance et d'un détachement assez divin, plus rayonnant encore avec sa beauté. L'ambiance, associée au scénario, est géniale. On a la un pur film noir, probablement le meilleur que j'ai vu, avec les codes classiques : Los angeles (certes, nous n'y sommes pas ici; mais nous sommes pas loin), des mexicains, des policiers pourris et honnêtes, mais qui ont tous une classe à crever, et un flair incomparable, des guerres d'egos mêlés à des repliques cultes. Surtout, ce que j'ai apprécié, c'est une nouvelle fois l'humour, qui parfois touche presque au burlesque, mais qui est toujours bien senti. Le ton décalé rend une nouvelle fois le film très agréable à suivre, si bien que nous n'avons pas de difficultés à se l'avaler. De plus, l'idée de jeu permanent entre les frontières américaines et mexicaines, la confrontation entre deux polices, deux visions de la justice, confère une originalité certaine à l'oeuvre, la où des films noirs classiques dépeignent le plus souvent une histoire de corruption et d'anti-corruption au sein de la police même. La soif du mal est un excellent film, un excellent Welles. Est-il le meilleur film noir? Ma méconnaissance du cinéma m'empêche de répondre; c'est en tout cas, par mon expérience, mon ressenti.
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