Surprenant! Ma première sortie ciné de l’année est pour la suite directe de « 28 ans plus tard » sorti l’année dernière. J’avais apprécié le film de Danny Boyle, qui était accrocheur et plutôt cool à suivre. À sa sortie, on savait qu’il s’agissait du premier opus d’une trilogie qui viendrait alors conclure la saga « 28 ... plus tard ». Commençons déjà par dire que j’espère que le troisième verra donc le jour, sachant que, si le succès de l’opus de 2025 est honorable, ça semble plus compliqué pour ce « Le temple des Morts ». Je pense qu’il fera deux fois moins bien que son prédécesseur au box-office, alors que le budget est similaire et que je l’ai trouvé, lui-aussi, réussi dans son ensemble.
Déjà, faut avoir vu « 28 ans plus tard » premier du nom pour voir cette suite. L’histoire reprend là où on s’était arrêté l’année dernière, où l’on va suivre le parcours de certains personnages qui avaient marqué le film de Boyle. Ce qui est frappant je trouve, c’est que ce nouveau volet propose des thématiques nouvelles, notamment avec ce qui tourne autour de la croyance. Il y a une dimension plus intimiste sur ce film comparé au précèdent qui fonctionnait pour son côté découverte (ou re découverte) de ce monde post-apocalyptique. On ne perd pas de temps à nous re présenter l’univers, et on rentre directement dans les enjeux qui vont porter ce nouvel opus. On est bien plus centré sur le côté humain (ou devrais-je dire l’absence d’humanité) et la psychologie des personnages, que sur le côté survie et post-apo. Aussi, le long métrage est plus gore et plus violent que son prédécesseur, pour une présence beaucoup plus discrète des infectés à l’écran. En cela, « 28 Years Later: The Bone Temple » prend des risques, parvient à surprendre le spectateur, et vient enrichir le lore de son univers.
Pour zoomer sur les personnages, on constate que celui du jeune Spike, héros du film d’avant, est au second plan cette fois. Il joue plutôt le rôle du spectateur qui va évoluer aux côtés de ce groupe de fous formé par Jimmy. Ce dernier avait été aperçu à la fin de l’opus de 2025, et j’avoue que ce qu’il dégageait m’avait un peu refroidi. J’étais ainsi pas plus motivé que ça pour découvrir « Le Temps des Morts », mais, fort heureusement, les Jimmy ont leur mot à dire et ils m’ont un minimum embarqué pendant cette nouvelle aventure d’épouvante. Leur traitement m'a d'ailleurs fait rappeler celui d'un groupe dans une saison de "The Walking Dead". L’acteur Jack O’Connell (« Invincible ») est efficace et perturbant dans son rôle. Dans un autre arc narratif, on retrouve le personnage de Ralph Fiennes, qui avait déjà convaincu tout le monde dans « 28 ans plus tard ». Le soixantenaire britannique, Celui dont on ne doit pas prononcer le nom, fait décidément pas mal parler en ce moment. Pour moi, il est au top ici, en étant habité par son interprétation du docteur Kelson, et vole assurément le show.
De plus, un petit mot sur la réalisation menée par Nia DaCosta (qui était derrière le chef d’oeuvre du MCU, j’ai nommé « The Marvels ») pour dire qu’elle s’en sort bien. Elle prend le relais sur Boyle tandis qu’il travaille sur le troisième (ou cinquième suivant comme on l’entend) opus de la saga et sachant que les 2 « 28 ans plus tard » ont été conçu en même temps, et qu’Alex Garland est toujours à l’écriture ici. C’est une réalisation certes plus classique qu’exprime le travail de Danny Boyle, mais ça fait le taf. Elle respecte ce qui a été fait avant, et apporte sa propre pierre à l'édifice. Le fameux Temple du film (un décor de 250 000 faux os et 5500 crânes), par exemple, est bien mis en valeur, filmé sous tous les angles possibles. On a également quelques scènes bien brutales et dynamiques, avec une caméra proche des acteurs, pour une meilleure implication du spectateur.
Enfin, je souligne malgré tout que je n’ai pas trouvé le film exceptionnel, bien que ce soit difficile de lui trouver des défauts. Je dirais, tout de même, que le rythme est un peu inégal. Je me suis légèrement ennuyé sur certains passages (certaines séquences du film ont permis de se replonger vite dedans). Surtout, je suis content de l’avoir vu, ça valait le coup, mais je ne suis pas forcément excité à l’idée de le revoir.
Bref, « 28 ans plus tard » reste légèrement plus marquant pour moi, mais c’est clair qu’on ne peut pas parler, pour autant, d’une suite de trop ici! J’irai voir le prochain, si tant est qu’il voit le jour! Cette saga, initiée en 2002, constitue de belles propositions avec des films riches, assez différents dans le ton, qui apportent une certaine fraîcheur dans le genre à chaque fois, mais qui se tiennent dans leur continuité.