Un "Cinquante nuances de Grey" version gay ? C'est en tout cas tout ce qu'indique, au premier abord, ce film réalisé par Harry Lighton et adapté du roman "Box Hill". C'est en réalité, sans mauvais jeux de mots, beaucoup plus profond.
Colin, la trentaine, est un homme introverti qui peine à trouver l'amour, virevoltant de dates en dates qu'arrange sa mère. Puis, un soir, un mystérieux motard lui laisse un mot l'intimant de le retrouver le lendemain. C'est à partir de là que va débuter une relation un peu spéciale qui permettra à Colin de découvrir sa vraie nature. Eh oui puisque, comme vous l'aurez compris, son amant, Ray, a des "goûts très particuliers".
Et c'est un peu en ça que vont consister les trois premiers quarts du film, c'est-à-dire voir le développement d'une relation dominant/dominé à la limite du sadomasochisme. Mais ce n'est pas juste là pour faire beau ni pour des spectateurs désireux de voir des scènes un peu crues de temps à autres. À travers cette relation, les personnages se découvrent, déjà l'un, l'autre puis explorent finalement leur vraie nature. L'un est le pilote, qui décide de tout, tout le temps, tandis que l'autre reste toujours sur le siège passager, à suivre. Mais que se passe t-il si Colin décide de devenir le pilote de temps en temps et donc prendre, à son tour, la relation en main et ainsi, par extension, le contrôle de sa propre vie ? C'est là que le film devient d'autant plus intéressant, les désirs de l'un se répercutant sur les peurs de l'autre.
Alors certes, certains pourront dire que le film est une représentation négative de l'homosexualité, surtout que gravite autour du couple, la même "meute" de motards qui ont les mêmes comportements, c'est-à-dire les alphas avec leurs clefs trimballant leurs soumis avec leur chaine. Mais c'est une représentation d'une forme de relation homosexuelle, pas d'une norme, si tant est qu'elle existe, ou une généralité et, de plus, le film ne délivre aucun discours moralisateur face à cette relation. Est-elle toxique ou saine ? Est-elle dérangeante ? C'est au spectateur de décider.