Je suis ressorti de Dalloway avec un sentiment assez mitigé. Sur le papier, le film avait vraiment tout pour me plaire : un thriller autour de l’intelligence artificielle, un huis clos moderne, et cette idée d’une machine qui s’immisce dans la création artistique. C’est clairement un sujet actuel et prometteur, surtout quand on voit à quel point l’IA prend de plus en plus de place dans nos vies. Malheureusement, j’ai trouvé que le film n’allait jamais aussi loin qu’il le prétend.
Il y a pourtant une vraie ambiance, assez froide et clinique, qui fonctionne bien au début. La mise en scène installe un malaise progressif, et j’ai aimé cette sensation d’être observé en même temps que l’héroïne. Mais plus le film avance, plus il devient prévisible. J’ai rapidement deviné où ça allait, et du coup la tension est retombée assez vite. On sent que le scénario suit des rails un peu trop classiques pour ce genre d’histoire.
Côté personnages, là aussi je suis resté un peu à distance. Clarissa est intéressante sur le papier, surtout avec son blocage créatif et son passé, mais je n’ai pas réussi à vraiment m’attacher à elle. Les seconds rôles manquent un peu d’épaisseur, et certains dialogues m’ont paru un peu artificiels. C’est dommage, parce qu’il y avait matière à creuser des choses plus fortes, notamment sur la dépendance à la technologie ou la manipulation psychologique.
Cela dit, tout n’est pas à jeter. Il y a de bonnes idées, quelques scènes efficaces, et le film reste regardable sans ennui. Mais j’en attendais plus, surtout venant de Yann Gozlan qui nous a déjà habitués à des thrillers plus maîtrisés. Au final, Dalloway est un film intéressant mais frustrant, qui effleure de grandes thématiques sans jamais vraiment les exploiter à fond.