Punitif. C’est le mot.
Grand client du premier film, j’étais curieux de retrouver son ton absurde et son humour grinçant. Mais ici, la formule ne prend plus. Cette suite, qui reprend les grandes lignes du premier sur le fond tout en changeant radicalement de forme, s’en éloigne tellement qu’elle en perd l’essentiel : son charme et sa spontanéité.
Là où le premier Chasse gardée baignait dans une atmosphère légère et sympathique, portée par des personnages attachants, râleurs mais souriants et réactifs, cette suite fait tout l’inverse. Les protagonistes passent leur temps à se plaindre sans jamais agir. Ils deviennent spectateurs des événements — et de leur propre film — pendant plus d’une heure et demie, avant de se réveiller dans les dix dernières minutes ; dix minutes qui, paradoxalement, rappellent enfin l’esprit du premier et fonctionnent… presque.
Les blagues sont recyclées, mais en moins drôles. Certaines scènes entières semblent copiées-collées, en plus confuses, plus lourdes, plus paresseuses.
Le tout sonne brouillon, désinvolte, parfois même consternant.
Là où le premier trouvait son équilibre en se moquant gentiment d’une bande de chasseurs de campagne aussi incompétents qu’attachants, cette suite choisit de viser les bourgeois amateurs de chasse à courre, compétents, mais entourés d’animaux caricaturaux et ridicules. Résultat : le ton tombe complètement à plat, et la satire ne fonctionne jamais.
Côté interprétation, l’équipe semble ne plus savoir si elle tourne une parodie ratée ou un nanar assumé. Dès son apparition (heureusement tardive), Élie Semoun, en totale roue libre, monopolise l’écran, et personne ne semble oser le recadrer.
En somme, une suite paresseuse, confuse et épuisante, qui trahit tout ce qui faisait le charme du premier opus.