Avec Police Flash 80, Jean-Baptiste Saurel propose une comédie policière qui assume pleinement son héritage cinématographique. Le film se déroule en 1984 et suit Yvon Kastendeuch (François Damiens), un policier un peu dépassé par son époque mais profondément attachant. Contre toute attente, il se retrouve propulsé à la tête d’une unité spéciale baptisée Police Flash 80, une brigade improvisée chargée de démanteler un trafic de drogue.
Pour mener cette mission délicate, Kastendeuch doit collaborer avec une équipe aussi improbable que contrastée. Guilaine (Audrey Lamy), inspectrice méthodique et très sérieuse, tente de maintenir un semblant d’ordre dans ce groupe chaotique. Marfoud (Brahim Bouhlel), geek passionné de Minitel, représente la modernité technologique de l’époque, tandis que Roberto (Xavier Lacaille), infiltré à la coupe mulet parfaitement assumée, évolue dans les milieux criminels pour récolter des informations. Face à eux, Luc Le Timal (Thomas Ngijol) incarne un gangster charismatique et dangereux qui donne à l’histoire sa véritable tension.
Mais l’intérêt du film ne repose pas uniquement sur son intrigue policière. Police Flash 80 fonctionne avant tout comme un hommage au cinéma populaire des années 80. Jean-Baptiste Saurel convoque l’imaginaire des polars français de cette époque, ceux portés par des figures comme Jean-Paul Belmondo ou Alain Delon. L’objectif n’est pas de reproduire ces films à l’identique mais de retrouver leur esprit, celui d’un cinéma direct, efficace et volontiers excessif.
Cette nostalgie constitue d’ailleurs le moteur comique principal du film. Les personnages évoluent dans un univers où les méthodes policières sont approximatives, où la hiérarchie masculine domine encore les commissariats et où la liberté semble plus grande qu’aujourd’hui. Le décalage entre cette mentalité ancienne et le regard contemporain du spectateur produit un humour constant.
L’écriture repose sur une mécanique simple mais efficace. Chaque membre de la brigade possède une personnalité marquée qui génère des situations absurdes ou imprévues. L’humour reste volontairement populaire, parfois un peu grossier, mais sans jamais sombrer dans la vulgarité. Cette approche permet au film de rester accessible et de privilégier les situations comiques plutôt que les dialogues trop écrits.
Le projet trouve son origine dans une idée de Thomas Ngijol, qui souhaitait rendre hommage aux polars et aux souvenirs de sa jeunesse. L’acteur participe également à l’écriture du film avec Giulio Callegari et Yoan Zaoui, avant d’incarner lui-même le personnage de Luc Le Timal. Le casting s’organise ensuite autour d’une véritable dynamique de troupe. François Damiens apporte son sens unique du comique, Audrey Lamy son énergie et son rythme, tandis que Xavier Lacaille et Brahim Bouhlel complètent l’équilibre du groupe.
La musique joue également un rôle central dans l’identité du film. La bande sonore multiplie les références emblématiques des années 80 avec des titres comme Les Lacs du Connemara de Michel Sardou ou encore Collé Serré, auxquels s’ajoutent des morceaux d’Axel Bauer, Guesch Patti ou Jean-Jacques Goldman. La partition originale composée par Alexis Rault vient compléter cet ensemble avec des sonorités électroniques très inspirées des polars américains de l’époque.
Au final, Police Flash 80 propose une comédie policière nostalgique qui assume son goût pour un humour simple et efficace. Le film fonctionne comme un véritable jukebox cinématographique, entre souvenirs musicaux, références au cinéma populaire et plaisir évident de retrouver un esprit de bande. Une proposition légère et assumée qui transforme la nostalgie des années 80 en terrain de jeu comique.
Vu en projection press mi février 2026