Avec Toy Story, John Lasseter réalise, pour le premier film d'animation en images de synthèse 3D des studios Pixar et de l'histoire du septième art, un pur chef-d'œuvre. L'histoire nous fait suivre Woody, un shérif cow-boy qui est le jouet préféré du jeune Andy, son propriétaire qui, dès qu'il a le dos tourné, prend vie avec tous les autres jouets. Alors que vient le jour de l'anniversaire d'Andy, Woody n’appréhende pas cette fête car il sait qu'il est le favoris. Seulement, le garçonnet reçoit en cadeau une figurine articulée de Buzz l’Éclair, un Ranger de l'espace possédant de nombreux gadgets électroniques dernier cri. L'astronaute, rendant obsolète les autres jouets plus basiques, et notamment Woody, devient alors le jouet préféré du garçon, créant ainsi une rivalité. Ce synopsis n'est que le point de départ d'une aventure miniature qui va s'étoffer tout du long de ce scénario nous replongeant en enfance pendant une heure et quart. Une durée courte mais pourtant bien remplie à la faveur de son intrigue limpide parvenant rapidement à mettre en place son univers et à le faire évoluer. Il faut dire que presque toutes les scènes se suivent sans ellipse ce qui fait que nous n'avons pas le temps de nous s'ennuyer un seul instant. Au contraire, le temps passe trop vite tant nous sommes bien en compagnie de ces jouets vivants à qui il arrive des mésaventures donnant lieu à des situations très bien trouvées dans lesquels se cachent de nombreux clins d'œil à l'industrie du cinéma. Le concept consistant à donner vie à ces bouts de plastique est sacrément réjouissant et rend hautement nostalgique. De plus, il convient parfaitement à tous les âges, les plus jeunes trouveront leur compte tout comme les adultes. Le ton est d'ailleurs parfait. Il n'est ni enfantin, ni naïf. Il se veut drôle et touchant. L'ensemble est porté par des personnages terriblement attachants que ce soit Woody, Buzz l’Éclair, Monsieur Patate, Zigzag, Rex, Bayonne, La Bergère ou encore les petits soldats, sans oublier tous les autres. Ce groupe ainsi formé est génial et chacun parvient à trouver sa place et son utilité pour résoudre les problèmes. Les humains passent eux au second plan et celui qu'on voit le plus à l'écran n'est pas Andy mais Sid, le voisin sadique qui prend un malin plaisir à martyriser ses jouets via des expériences cruelles. Il campe un antagoniste mémorable et ses étranges jouets ne sont pas en reste. Tous ces protagonistes entretiennent des rapports à la fois conflictuels, bienveillants, marrants et tendres, qui procurent de nombreuses émotions. Des échanges soutenus par des dialogues à base de jeux de mots amusants et dont les répliques marquent les esprits. Si le fond est merveilleux, la forme l'est également grâce à sa technique exemplaire. La réalisation du cinéaste américain parvient parfaitement à donner vie aux jouets et à nous montrer leur perception du monde via sa mise en scène mêlant le point de vue des humains et des jouets. La direction artistique est pour sa part ravissante et colorée, aussi bien au niveau des environnements que concernant l'aspect des jouets dont les mouvements et les déplacements sont des plus convaincants, tout comme le fait qu'ils passent d'êtres vivants à objets inanimés dès lors qu'un humains s'approche d'eux. Ce visuel remarquable et vivant est accompagné par une bande originale tout aussi qualitative, dont les compositions collent parfaitement aux péripéties. Surtout, on retiendra les trois titres chantés par Randy Newman, superbement interprétés par CharlÉlie Couture en version française, dont les paroles sont parfaitement raccords avec ce qui se passe à l'écran et le propos. Reste une fin bouclant superbement la boucle venant mettre un terme à Toy Story qui, en conclusion, est un long-métrage d'animation devant absolument être visionné tant c'est une immense œuvre emplie de nostalgie.