Classique absolu, œuvre culte entre toutes, Psychose peut être considéré comme l’un des premiers véritables films d’horreur modernes — du moins le premier à placer au cœur de son récit la figure glaçante du tueur en série, loin des monstres gothiques des productions Hammer ou Universal. Ici, la peur est humaine, intime, et d’autant plus dérangeante.
J’ai eu peur à dix ans, lors de ma première vision. Peur à vingt, à trente, puis à quarante. Et aujourd’hui encore, une décennie plus tard, bien que l'on ait vu des films évidemment plus angoissants, le trouble demeure presque intact. Mais à cette crainte persistante s’ajoute surtout une admiration profonde.
Comment ne pas être ébloui par la mise en scène d’une précision chirurgicale, par la beauté austère de ce noir et blanc, par cette musique stridente immédiatement reconnaissable de tout cinéphile ? Et puis il y a le regard de Tony Perkins, habité, troublant, donnant vie à un Norman Bates inoubliable,
directement inspiré d’Ed Gein.
La construction du récit, elle, force toujours autant le respect. Rarement un scénario n’aura su à ce point déjouer les attentes : lors d’un premier visionnage, il est quasiment impossible d’anticiper
le destin de celle que l’on croit être l’héroïne
.
La faire disparaître dès le premier quart du film relevait d’une audace radicale
, presque inconcevable pour l’époque.
Et que dire de ces scènes entrées dans la légende :
la douche, évidemment, mais aussi le meurtre du détective ou la révélation finale, aussi terrifiante que mémorable
.
Psychose demeure ainsi un chef-d’œuvre impérissable, pierre angulaire du cinéma d’horreur contemporain, dont l’influence continue de se faire sentir aujourd’hui encore.