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Un visiteur
4,0
Publiée le 19 novembre 2011
C'est avec brio que ce film expose le mécanisme du pouvoir politique. Glaçants et drôles à la fois, les acteurs sont parfaits, Olivier Gourmet en tête . A voir absolument !
Rares sont les films qui présentent la vie politique sous un angle quasi-clinique, sans emphase ni jugement. Ici, il s'agit de la vie quotidienne d'un ministre et de son cabinet, une équipe de femmes et d'hommes soudés par un emploi du temps sans répit, une solidarité non sans causticité contre tous les autres, Matignon, l'Elysée, les autres ministres, la presse. Bien sûr il faut traiter des thèmes importants, les "réformes", mais surtout faire face à tous les événements de la vie courante, déplacements sur le terrain, réunions permanentes, contact avec les élus, la presse... Ceci remplit abondamment les journées, épuisantes, stressantes. Le film ne développe pas de compassion pour les femmes et les hommes qui par goût du pouvoir, y compris dans ses avantages dérisoires, ont choisi cette course infernale qui broient les convictions face à la nécessité constante d'être bien vu par le PR (Président de la République), de réussir ses passages obligés devant la presse et de préparer l'étape suivante, l'inévitable fief local où les grands ambitions trouvent leur terreau nourricier. Pas de jugement hâtif non plus car ces gens restent humains, fragiles, et composent leur personnage public sur les fragment éclatés de leur personnage privé. Mais le jeu incessant et plein de pièges de la politique les coupe totalement de la société qui les entoure, sauf quand les événements brutaux rappelent les réalités de la vie. Le personnage du chauffeur fait le lien entre ces deux mondes, mais en reste sans voix... Le film au rythme intense épouse avec une précision méticuleuse la vie de ces acteurs du théâtre politique. Il est didactique, juste comme le jeu des acteurs - Olivier Gourmet et Michel Blanc sont excellents-, sans fausse note. On en ressort un peu désespéré devant l'impuissance de ces gens intelligents et compétents face à ce jeu complexe et finalement vain qu'on appelle "la politique". Il n'y a pas de thèse dans ce témoignage, une illustration sans concession qui n'ouvre aucune porte de sortie. Est-ce que "du sang neuf" est envisageable ? La film ne laisse guère de place pour y rêver.
Une nuit, le ministre des transports est réveillé par son directeur de cabinet. Un bus vient de choir dans un ravin, des ados morts en pagaille, il se rend illico presto sur les lieux de l’accident où une chapelle ardente est dressée. Ensuite, tout s’enchaine pour cet homme d’état ; tout est urgence, stress, gestion des égos de l’équipe gouvernementale, gestion de sa posture en vue de servir l’Etat mais aussi sa propre carrière,… L’exercice de l’Etat est compliqué et finit par le dévorer de l’intérieur et de l’extérieur : « Tout Cru ». La première scène du film très symbolique avec le crocodile dévoreur annonce déjà la teneur du propos. Le pouvoir, son exercice et le conserver captive jusqu’à s’oublier personnellement. Cette satire politique de très haut vol démontre, pour ceux qui l’ignorait encore, le cynisme de nos gouvernants guidés par leurs ambitions personnelles tout autant que par le goût de l’Etat. L’ambition démesurée de cet homme est à l’image des personnalités accédant à ces postes. Le tout donne un film vif, survolté, agressif, stressant et palpitant à l’image du quotidien de cet homme : aucun répit. Durant 2 heures, aucune baisse d’intensité, Schoeller nous ape, ne nous lâche, nous colle au siège… Une belle prouesse sur un thème pourtant plutôt intello et intérieur ; on pouvait avoir peur d’un film bavard, il n’en est rien ; çà sent le César voire les César… car les dialogues intenses, ciselés, acides et parfois d’une drôlerie sarcastique sont livrées par quelques comédiens qui incarnent la fonction avec un réalisme étonnant : Olivier Gourmet en ministre est parfait. Courrez voir ce film politique glaçant qui a tout du film d’action… A ne pas louper…
Un film fort sur les coulisses de l’État, servi par des comédiens exceptionnels (Olivier Gourmet en tête !). Nul ne peut dire le degré de réalisme de tout cela (y a-t-il un ministre parmi les lecteurs de cette critique ?!) mais cela permet d'entrevoir la réalité du pouvoir au quotidien. La mise en scène est haletante, la musique superbe. Le scénario par contre s'égare un moment dans une série de tonneaux qui sont là pour montrer un peu trop ostensiblement l'humanité du ministre. Mais le reste est tellement bien ! A voir.
Un plongeon au coeur du pouvoir politique qui trouble et dérange. On n'apprend rien de ce qu'on savait déjà, c'est juste une confirmation de la violence d'un milieu dans lequel les rares amis d'un jour deviennent les pires ennemis le lendemain. L'interprétation est excellente, notamment celle très forte d'Olivier Gourmet. Michel Blanc est de son côté d'une sobriété et d'un flegme remarquable. Quant à la réalisation, le moins qu'on puisse dire est qu'elle est énergique. Le rythme est haletant et quelques scènes, dont celle impressionnante de l'accident de voiture, sont réellement speed.
Pierre Schoeller c’est le cinéma social radical, Versailles, son précédent long, par son traitement acide nous avait laissé une forte impression où émotion et réflexion se mélangeaient. Le réalisateur franchit cette fois un cap en apportant une teneur forte à sa mise en scène (flirtant au passage avec le film politique italien de ces 10 dernières années). La réalisation soignée, ambitieuse et provocante (montage image et sonore) donne l’aura d’un énième personnage au film. Et pourtant il en était nul besoin tant la présence et le jeu d’un casting sans être exceptionnel est parfait de cadence, réparties et crédibilité. Olivier Gourmet est dans ce registre excellent comme toujours, suivi de Michel Blanc en pleine possession de son rôle. Ainsi L’exercice de l’état se dessine comme un film politique fort de discours, évitant le pathos social que certains metteurs en scène mettent hélas en œuvre. On fait un parallèle évident avec une politique actuelle où tous les coups sont permis, et où les ficelles à défaut d’être découvertes sont surlignées afin de ne pas oublier que ce théâtre de l’absurde est bel et bien la réalité qui nous gouverne.
Film intéressant pour l'approche politique en back office. Cependant, un peu lent... Et une fin qui laisse sur sa faim. Plutôt decevant dans l'ensemble.
Excellent et très bien joué. Ce film nous montre bien ce qu'implique la position des membres du gouvernement qui doivent renoncer à leurs convictions personnelles
Un film lourd et glauque sur les coulisses du pouvoir, aux dialogues parfois incompréhensibles, et assez repoussant dans le genre (la photo est particulièrement laide). Certes, le coté tourbillon de la vie du ministre et la manière dont le système fait plier ses convictions sont bien rendues et on y croit, mais le film est tout simplement trop sombre pour qu'on prenne plaisir à le voir. Dérangeant.
film francais retraçant la vie d'un ministre des transports dans un gouvernement de droite ou de gauche on ne sait pas , film politique brillant , mise en scène sobre , joué par un excellent Olivier Gourmet , film sans doute assez réaliste montrant les rouages du pouvoir , et les compromissions nécessaire pour rester au pouvoir , flim très contemporain .
Froid, rigoureux, tendu: une plongée éprouvante dans les arcanes du pouvoir et l'univers des cabinets. Excellente interprétation: encore un bon film français de plus!!!
J'aurais volontiers quitté cette simulation politique barbantissime qu'est 'l'exercice de l'état', malheureusement ma carte d'abonnement au cinéma a glissé sous les fauteuils et je ne me voyais pas rampé, mon portable en guise de torche pour la retrouver. J'ai donc pris sur moi et me suis farci ce navet. Ça commençait pourtant sur un ton original, avec cette séquence onirique à la Bunuel et le ministre se réveillant avec la gaule. Autant le dire franchement, mon intérêt, lui, a graduellement débandé pour atteindre un état de flaccidité complète aux deux tiers du film environ. Quand j'ai enfin admis la vacuité de cette descente dans les arcanes vaseuses du pouvoir. Seul le début est réussie, la scène d'un accident mortelle d'autocar, assez crédible, sur laquelle se rends le ministre des transport, il fait les déclarations compatissantes de rigueur devant les caméras, ce recueille devant quelques macchabées, passe à la radio devant un fogiel teigneux mais complaisant en off pour démentir un projet de privatisation des gares... Et puis, le vide scénaristique, occupé par des dialogues ronflants et compassés dans des brain-storming entre ministres ou sous-ministres (j'ai noté un excès de métaphores creuses) et des micro-évènements sans intérêt ou tape-à-l'oeil. Outre le fait que le scénario soit assez amorphe il comporte quelques feintes agaçantes, leurrant le bon sens du spectateur roder aux films de genre (moi en l'occurence), on nous fait miroité des tensions, d'âpres intrigues au sein du gouvernement, des dilemmes moraux entre l'ambition personnelle et les convictions politiques, mais à moins que je ne sois passé totalement à côté du film je n'ai rien ressenti de tout cela. En cause la personnalité tristement insipide du personnage. Oui, on peut facilement imaginer un ministre aussi complètement hypocrite et veule. Mais ce regard banalement froid et désabusé sur la politique ne m'excite pas plus que ça. Un film sans chair, sans nuances, sans état d'âme.