Visuellement somptueux, le film est surtout à voir pour sa première partie, mystérieuse et fascinante (à l'image de Michael Fassbender, bloc pulsionnel opaque). Car ensuite, le sujet s'épuise sans que le réalisateur n'ait à rien à dire dessus. Le beau personnage de la sœur est sacrifié à une mécanique tournant à vide. Intriguant mais finalement creux. Dommage.
Shame est un film intéressant. Avec un synopsis alléchant, ce long-métrage traite d'un sujet de société relativement peu présent sur grand écran, mais de plus en plus actuel notamment avec l'éclosion d'internet. L'addiction sexuelle, vaste sujet en effet... Je ressors de ce film avec une impression mitigée. Il y avait tout pour nous faire vivre un très grand moment, pour vivre la vie tragique de Fassbender, pour vivre ses troubles et espérer qu'il s'en sorte... Mais au final -est-ce du à la réalisation et aux nombreux plans séquences sur le visage fermé de Fassbender ou non-, nous manquons cruellement d'empathie pour cet homme, et dès lors le sort qui lui est réservé nous importe peu... Nous suivons alors l'histoire douloureuse d'un homme en attendant le dénouement sans être véritablement concerné... Cet homme a de graves troubles psychologiques, oui et? Il ne nous est pas sympathique, alors peu importe ce qui lui arrive au fond. C'est à mon sens là que le bât blesse. Si Steve McQueen avait réussi à donner une once d'humanité au personnage, il nous aurait alors ému, on se serait senti concerné par ses problèmes, avec l'envie qu'il s'en sorte.. Là on assiste à la déchéance progressive d'un pervers sexuel, et ce n'est peut être pas plus mal finalement... Néanmoins, ce film nous amène tout de même à nous poser pas mal de questions, est intriguant, complexe, et mérite donc quand même que vous y jetiez un œil, ne serait-ce que pour la belle prestation de Carey Mulligan qui, pour le coup, nous touche davantage.
Sublimé par une direction d'acteurs magnifique et une esthétique fabuleuse, Shame est la dissertation sur l'obsession sexuelle la plus pertinente que j'ai pu voir dans le rayon cinéphile. Finement axée sur la psychologie en captant chaque réaction de ses personnages, flirtant avec le trash à plusieurs reprises (notamment une scène de partouze finale assez longue), c'est une démonstration technique et psychologique des plus appréciables. Une révélation du talent de Steve McQueen dans mon cas...
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3,5
Publiée le 12 novembre 2012
Ce deuxième long-mètrage de Steve McQueen est d'une grande maitrise, filmè d’une manière quelque peu ètrange mais valorisè par une photo soignèe! Tout rèside dans les dètails, tout est suggèrè, impliquè, montrè! En homme perdu dans New York, de corps et d'allure, Michael Fassbender est èblouissant dans un rôle complexe mais taillè sur mesure! Le prèdateur qu'il incarne est palpable de la première à la dernière minute, et plus que jamais dans la sèquence du mètro, d'un Fassbender qui dèshabille des yeux une jolie rouquine! Le ton est donnè! Glacè et glaçant, "Shame" est avant tout une oeuvre sur les addictions sexuelles dont on ne sort pas indemne! Quand arrive enfin la meilleure sèquence du film dans ce restaurant chic où l'èmotion emporte tout sur son passage parce qu'elle semble dèfinitivement venir d'un autre monde, celle d’une Carey Mulligan chantant magiquement "New York New York". D'un incroyable rèalisme, "Shame" va de l'èmotion aux larmes amères en passant par la poèsie la plus trouble! Mais peut-être est-il trop dèrangeant ? trop froid ? (c’est souvent le cas dans le cinèma britannique), malgrè ses qualitès indèniables...
Un film perturbant,cru sur l'addiction sexuelle qui est ici montré sous son vrai angle: une maladie. C'est d'ailleurs l'une de ces forces de ce film, car la mise en scène de Steve Mc Queen nous revoit une image différente du sexe, en particulier du dégoût et du besoin du personnage enlevant au scènes de sexe toute tendresse ou émotion et se concentrant sur son côté brutal, maladif. En effet, le film place son personnage dans une perpétuelle introspection rendant cet homme plus tourmenté par cet envie qu'il ne peux contrôler. Car ce qui surprend pour un film traitant de l'addiction est le fait que le personnage soit totalement conscient de sa situation, accentuant un côté émotionnel plus fort dans la tournure plus psychologique que prend le film. Mais le film s'axe aussi sur les conséquences sociales de cette addiction et le personnage de Micheal Fassbender le rend bien grâce à l'excellente interprétation de ce dernier et de Carrey Mulligan, jouant une soeur voyant son frère se refermer sur lui-même. Plus qu'un simple film, Shame dégage un sentiment de malaise fasciné envers cet homme accro et malade qui se retrouve seul.
C'est lent et très peu innovant. Les personnages sont bof ; les scènes de sexe décevantes ; les dialogues plats et le scénario manque de rebondissements. On plonge dans la vie d'un Sex-addict qui n'a rien d'autre que son travail, sa soeur et son ordinateur. On le découvre beau, propre et ordonné. On le quitte négligé, souillé et perdu. L'évolution du personnage de Brandon est la seule chose qui sauve le film. Moyen.
Le film est porté par son acteur principal, magistral dans un rôle pourtant très compliqué d'accroc au sexe qui tente ainsi de remplir le vide et la solitude de son quotidien. Un quotidien perturbé par l'arrivée d'une soeur dépressive mais qui elle aussi s'auto-détruit faute d'arriver à donner un sens à sa vie. La réalisation froide et placide de McQueen colle parfaitement à l'histoire sans jamais tomber dans le glauque/sordide, ce qui n'était pas évident non plus. Seuls regrets: un scénario qui reste finalement à la surface du problème et une fin un poil prévisible.
Un très beau mais très dur drame sur l'addiction au sexe, un regard froid et profond sur la froideur de notre époque. Constat vraiment glauque, le scénario raconte l'addiction d'un homme au sexe, et qui doit supporter ce fardeau avec le retour de sa soeur dépressive mais pleine d'espoir, l'histoire d'un homme comme un autre et qui est parfois vraiment insipide, mais qui parle de la froideur d'une société qui abandonne et qui délaisse dans des immeubles et des rues immenses. Génie de sa génération, Michael Fassbender est exceptionnel, une performance brillante et presque indescriptible tellement il se transforme en pervers aussi victime que voyeur, une performance qui écrase pourtant celle de Carey Mulligan, plus enjouée que dans ses rôles habituels. Après son Hunger, qui avait lancé Michael Fassbender dans la cour des grands, Steve McQueen signe une mise en scène aussi froide que son scénario, un regard implacable et sordide sur la relation entre les hommes de notre époque mais plein de sens et d'images marquantes. Un drame froid, remarquable et surtout porté par un Michael Fassbender toujours exceptionnel.
A l'heure où la galaxie internet règne sur nos quotidiens comme la dynastie des Windsor règne sur la Grande-Bretagne, le sexe est devenu aussi simple qu'un clic, aussi envahissant qu'un spam. Et c'est de cette surconsommation d'une sexualité en barquette surgelée dont parle ici le nouveau cinéaste indépendant en vogue du côté de chez la Reine Elisabeth, Steve McQueen. Ce-dernier habille celui qui est déjà son acteur fétiche, le très performant Michael Fassbender, avec le costume d'un jeune cadre dynamique new-yorkais, consumé de l'intérieur par le feu d'une terrible obsession, pour mieux le mettre à nu. Honteux de cette drogue qu'il s'injecte malgré tout à en frôler l'overdose, cet homme cynique et mécanique, prisonnier de son corps et esclave de ses pulsions, voit le pauvre contenu d'une vie de solitaire sans le moindre sentiment lui exploser en pleine face du jour au lendemain. Le réalisateur homonyme du légendaire acteur de Bullitt impose son style glacé et distant, son regard ultra-épuré et contemplatif, dans l'exacte continuité de son premier et précédent film Hunger. Si il peut dérouter ou déranger, jamais Shame ne veut choquer gratuitement, ni ne cherche en vain des justifications à ce mal du mâle moderne. Juste à l'exposer de façon frontale, via un réalisme sans la moindre petite concession. Ainsi, on se retrouve devant cet instant cinématographique pas toujours facile d'accès car un peu dénué d'émotions, mais doté d'une beauté fascinante et porté par un acteur remarquable. Retrouvez ma critique complète de "Shame", ainsi que beaucoup d'autres, sur CINE IS A BLOG, ma page dédiée au cinéma : http://soldatguignol.blogs.allocine.fr/ Merci !
C'est tellement beau qu'on pourrait presque oublier le scabreux et le pathétique de la vie de cet homme. Michael Fassbender livre une prestation sans faute tandis que McQueen s'invite dans le club sélecte des grands réalisateurs.
"Shame" est un film sur le vide de deux existences, un film où le sexe n'est vraiment pas gai du tout, un film où il est parfois difficile de se frayer un chemin dans la noirceur de l'existence telle que la vit le personnage principal, une film d'une profonde désespérance et d'une indicible tristesse. Par ailleurs, l'interprétation est superbe et la musique magnifique.
Source : Plog Magazine, les critiques des ours => http://lescritiquesdesours.blogspot.fr/2011/12/shame.html
Un acteur prodigieux porte complètement le film sur ses épaules. Si ce n'était pas pour Fassbender, la mise en scène de McQueen presque absente (selon moi) ne saurait retenir notre attention. Mention spéciale néanmoins à l'emploi des plans longs (plus à même de laisser s'exprimer le génie de l'interprète).
Est-ce qu'un film comblé tout le long de sex vulgaire fait un film ? Personnellement, non. Mais la presse a l'air d'adorer par contre --'. Sérieusement, j'ai beaucoup aimé l'interprétation de Michael Fassbender (comme d'hab j'ai envie de dire). De plus la mise en scène, d’ôté de la superbe musique en ressortait quelque chose d'assez jouissif et expressif. Mais sincèrement, ce film n'est pas complet ! Raconter du cul en enlevant toute la censure ne fait pas un bon film Mr McQueen.