8654 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
307 critiques spectateurs
5
89 critiques
4
124 critiques
3
50 critiques
2
27 critiques
1
11 critiques
0
6 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
ChroniqueMécanique
351 abonnés
214 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 6 janvier 2013
Il est vrai que "Festen" n'est pas un joyau de mise en scène. Mais au fond ce sont les règles du Dogme95, mouvement dont Thomas Vinterberg est un des co-fondateurs avec le célèbre Lars von Trier, qui veulent cela. Ce manifeste cinématographique écrit par les deux réalisateurs danois impose à ses auteurs de ne plus résonner en tant qu'artiste essayant de créer une œuvre personnelle, et de faire fi de tout bon goût ou considération esthétique (un éclairage spécial de cinéma n'est pas accepté, aucun traitement optique ne doit être réalisé, la caméra doit toujours être portée à l'épaule, aucune musique additionnelle ne doit être ajoutée, les décors doivent être naturels, le son doit être effectué en prise direct), afin de privilégier le fait de saisir l'instant, le réel qui en émane, de mettre en avant la psychologie des personnages, et de puiser la force et l'intensité des films au cœur même des situations, sans le moindre effet. C'est donc pour cela que, comme je le disais en début de paragraphe précédent, "Festen" n'est pas un film qui prévaut de par sa mise en scène, totalement brute de décoffrage et dénuée du plus petit artifice. On peut ainsi avoir du mal à accrocher dans un premier temps, tant l'aspect de son cadrage et de sa photographie parait rudimentaire. Puis, on s'habitue rapidement à la méthode radicale de réalisation du Dogme95, les situations de ce long-métrage scandinave étant si puissantes et saisissantes. Le grand repas d'une tranquille famille bourgeoise est totalement troublé par la révélation de vertigineux secrets, qui vont entrainer règlements de compte froids et mordants, hypocrisies et refus de faire face à la réalité des choses, batailles psychologiques pour gagner sa place auprès des siens et chasser ceux que l'on juge être des imposteurs, crises d'hystéries collectives, j'en passe et des meilleurs. Ce portrait de famille dessiné au vitriol est des plus acerbes. Malgré les codes de mise en scène évoqués plus haut, la grande force du film réside en la puissance de ses interprètes, tous excellents dans des rôles pourtant difficiles, en la qualité des joutes verbales et psychanalytiques de son scénario qui rythme le tout, en quelques bonnes trouvailles visuelles, et en son montage affuté comme un couteau de cuisine. Ce drame se déroulant dans le huis-clos de la demeure familiale, au passage non dénué d'un certain humour bien corrosif, ressemble à s'y méprendre à une tragédie grecque, avec ses protagonistes devant affronter leur for intérieur et combattre de troublants secrets de famille pour gagner leurs places.
Retrouvez toutes mes critiques sur mon blog cinéma, CINE IS A BLOG (http://soldatguignol.blogs.allocine.fr/). Merci !
L'enfance est sacrée, encore faut-il la vivre dignement. Dans ce film le milieu aisé, la bonne "éducation" implique les convives de cet anniversaire qui sont pris entre des sentiments incertains et vivent une situation qu'il faut a tout pris minimiser. Le fils ainé, Christian améne ces révélations en sonnant sur son verre, provoque son père à écouter. Il révèle par des interventions répétitives, les actes effroyables subis par son père, vécu par lui et sa soeur qui elle a préféré en finir. Tous les enfants de ce vieux couple bourgeois sont perturbés par ce père incestueux. Le personnel de cette grande maison n'est pas en reste dans les souvenirs évoqués par Christian on a l'impression que ce fils de famille à vécu trouvé de l'affect dans son enfance plus dans les cuisines et auprès des servantes. Tout ce beau monde vit dans le déni. Les révélations du fils sont salutaires pour la poursuite de sa vie et la dignité de sa soeur. Film coup de poing sur les secrets de famille qui réaparaissent la plupart du temps dans la vie de tout à chacun vers la cinquantaine. Là le drame vécu par Christian sera libérateur pour la mémoire de sa soeur et une évidence pour tous les membres de cette famille
J'avoue que la manière de filmer m'a un peu dérouté au début, je me demandais même si je ne m'étais pas trompé de film, mais finalement on s'y habitue : ces mouvements saccadés de caméra ainsi que l'image un peu floutée, donne un charme, de l'étrangeté et un style unique au long métrage. Festen est un huit clos humoristique, ahurissant, scandaleux et théâtral. Les secrets de famille sont révélés au fur et à mesure qu'avance le film ; cela crée une tension voir un certains malaise, car non seulement c'est très crédible (les acteurs sont excellents), mais en plus on ne sait pas trop ce qu'il va se passer par la suite, on est en plein questionnement. Par contre, là où je trouve la photographie magnifique (mon avis personnel) et le scénario original, la réaction des invités elle je l'ai trouvé abusée : des révélations choquantes éclatent et personne ne réagit, ils font comme si de rien n'était ; j'attendais plus de rébellion de leur part. C'est la seule chose décevante concernant le film, mais mise à part ce détail qui m'a dérangé, le film est excellent.
Un film puissant sur les choses non dites qui peuvent se passer dans une famille même bien sous tout rapport (du point de vue de la société).Une mise en scène implacable de ce qui va être un repas de famille mémorable . Un jeu d'acteur époustouflant . Bref Un Grand Film
Un film coup de poing, dérangeant, tant par la façon floue, sale dont il est filmé que par ses scènes incroyablement réalistes et dures. Il soulève des interrogations sociales et psychologiques, c'était vraiment un moment fort. A voir absolument, mais quand on est en forme !
L'ambiance de cette fête de famille est rendue atypique de par sa mise en scène et son placement des angles. Il y'a là toute l'inspiration et le génie créatif de Vinterberg : savoir rythmer des dialogues, des attitudes, une atmosphère en elle-même, sans jamais brusquer. Toujours garder un équilibre entre le scénario et les images pour tenter de passionner immanquablement le spectateur et rendre l'oeuvre un maximum immarcescible. On entre dans cette vie de famille par une seule porte, d'un coup notre esprit est immolé, imbibé de par ces caractères immanents et ces comportements parfois enfantins, souvent grossiers. C'est une véritable caméra cachée : on sort de chaque plans encore plus harassés, mais avec cette envie que cela continue dans le même désordre, et pareillement avec la même harmonie dans la réalisation. Cette dernière ne nous harcelant pas, comme certains ont pu le croire, mais nous délivrant de plus en plus de détails à mesure que l'intrigue se poursuive. Voici du cinéma avec sa pointe de sensibilité, accrue grâce à son semblant d'expérimentalité et sublimé par son casting.
LE film parfait qui concilie le Dogme cher à Lars Von Trier et psychanalayse du secret de famille qui craint (le secret pas le film). Histoire d'une catharsis salutaire et in fine jubilatoire. Film du siècle selon moi.
Un pur chef d'oeuvre ! Une claque cinématographique comme j'en ai rarement reçu, ce film va fièrement rejoindre la liste de mes films préférés. Thomas Vinterberg nous livre sa propre vision de la réunion familiale et ça déménage. Une famille et leurs amis se retrouvent pour fêter les soixante ans du père, mais rien ne va se passer comme prévu. La manière de filmer est extrêmement particulière, j'avais des à priori au début du film mais finalement la qualité des plans et cette manière de changer brutalement de point de vue colle parfaitement avec la violence psychologique des propos. Le film bascule complètement avec l'annonce de l’aîné, et on glisse dans une gouffre qui ne s'arrêtera qu'à la fin du film. Le jeux des acteurs est très juste, mention spéciale à l'acteur qui joue le rôle du frère un peu dingue. Surtout le film est à voir en VO pour apprécier toutes les subtilités notamment avec les passages qui concernent le compagnon de la benjamine de la famille.
Premier film du célèbre Dogme 95 ayant pour objectif de revenir à une sobriété artistique, Festen est déroutant sur sa forme mais aussi sur le fond. Caméra instable, faible éclairage, cadrage des plans inhabituels, la réalisation de Vinteberg n'est pas forcément à mon goût mais force est de constater qu'il renforce l'idée de malaise qui règne dans ce film. En effet, nous sommes en pleine fête de famille et de des secrets inavouables vont être divulgués et la fête va rapidement dégénéré en règlement de compte. A ce jeu là, les acteurs sont vraiment excellents et incroyablement naturels avec notamment un Thomas Bo Larsen détestable. A découvrir, ne serait-ce que par curiosité.
Une vraie claque cinématographique. Thomas Vinterberg balade sa caméra encore et encore en nous dévoilant la face caché d'une famille plutôt riche. L'on reste bouche-bé devant le courage du personnage principale jamais prit au sérieux qui nous surprend et nous fait pitié. Magnifiquement filmé, Festen restera un des films que je n'aurais pas peur de montrer. Le jeu des acteurs n'est pas des meilleurs mais convient parfaitement pour ce film à budget moyen qui me fait penser à "Elephant" dans sa façon d'être filmé et le choc produit sur les spectateurs. Un film que je conseille rien que pour le jeu de caméra.
La maîtrise du réalisateur, dans un parti pris visuel remarquable (Dogme95, te voilà), classe Festen dans un genre à part. Ce n'est pas un vulgaire conflit familial, c'est l'histoire d'un choix de parler qui renverse, qui détruit toute une pyramide de faux semblants, d'illusions. C'est réaliste, ça frappe très fort et ça nous mets K.O sans prévenir.
Depuis les années 80, une tendance très énervante est apparue au cinéma : le sacrifice du fond au profit de la forme. Eh ben, "Festen" arrive brillamment à se distinguer par l'inverse. Le "Dogme95" est intéressant en théorie, sur le papier mais en pratique on ne peut pas dire que la forme hideuse de l'ensemble aide le spectateur à se laisser prendre par l'intrigue. Et pourtant grâce à la force et la profondeur de celle-ci, on finit par s'intéresser à l'histoire, à son lot de situations, ou plutôt de révélations abominables, et à ses personnages crédibles. Le point d'orgue se trouve dans les dernières scènes qui ne peuvent pas laisser indifférent. Ah fichu dogme, sans cela on aurait pu avoir un grand film.