"Divergente" est le premier volet d'une saga un peu maudite, celle-ci ne s'étant jamais terminée. N'ayant pas réussi à convaincre au-delà de deux films, les scores plus minces au box-office du troisième volet ont annulé la production du dernier épisode et nous laissent donc avec un ensemble sans conclusion. Par conséquent, il est clair que se lancer dans le visionnage de ce premier opus est une expérience particulière, car on sait déjà que tout ce que l'on nous racontera au cours de ces trois films n'aura jamais de point final. Ici, l'idée n'est donc pas de vivre une histoire de A à Z, mais bien plus de comprendre ce qui a cloché au sein de cette série. Et honnêtement, même si je sais que beaucoup aiment ce premier volet et pensent que c'est à la suite de celui-ci que la licence a perdu en niveau, je comprends pourtant dès celui-ci pourquoi cela n'a pas fonctionné. Pour commencer, car je trouve qu'il y a un gros problème au niveau du fonctionnement de l'univers, celui-ci étant trop bancal pour fonctionner. Déjà que ce concept de séparer une population en différentes catégories rappelle d'autres histoires de la littérature jeunesse, et n'a donc rien de neuf, le principe même de cette séparation me paraît également flou. Si l'objectif est de faire en sorte que chacun reste à sa place pour que l'ordre règne, alors pourquoi les jeunes qui passent le test d'aptitude peuvent choisir dans quel clan aller ? On leur dit clairement à quoi ils sont destinés, et on pourrait donc maintenir l'équilibre voulu en appliquant ce que le test raconte, mais on laisse la porte ouverte à la sélection. Dans son principe, l'univers n'a donc aucune cohérence, surtout quand on voit à quelle thématique cela fait référence. Là où d'autres adaptations de littérature jeunesse ont développé des thèmes intéressants, celle-ci se résume simplement à une histoire de liberté et de briser les cases qu'on nous impose. Pour le coup, je ne dis pas que c'est inintéressant, mais cela reste extrêmement basique. Et ce côté classique, il se ressent aussi dans l'approche des personnages. Très rapidement, on remarque les clichés de ce genre d'histoire au niveau de nos protagonistes. Cela se voit via le personnage masculin beau gosse qui servira d'amourette à l'héroïne, via le personnage un peu secondaire qui va se révéler méchant par la suite, ou même via l'héroïne en elle-même. Si j'ai beau trouver que Shailene Woodley n'interprète pas mal son personnage, ce dernier n'a rien de très intéressant. Ici, le souci vient plutôt du fait qu'elle est trop rapidement introduite, ce qui fait que nous n'avons donc même pas le temps de comprendre sa relation avec sa famille (ce qui va clairement poser des problèmes en matière de dramaturgie par la suite). Par conséquent, avec un univers très bancal, des personnages aussi classiques et un manque d'enjeu fort dans le scénario, on comprend vite quel est le problème de cette série de films. Pourtant, cela vous surprendra peut-être de savoir que tout n'est pas forcément raté au sein de ce projet. À ce niveau, je pense notamment à tout ce qui concerne la production, le film ayant bénéficié d'un joli budget. En matière de décors et d'environnements, l'ensemble est donc plutôt riche et j'ai aimé parcourir cette ville détruite, mais habitée malgré tout. Et par ailleurs, je trouve également qu'il y a quelques idées de mise en scène assez sympathiques et qui m'ont parfois réveillé de la platitude scénaristique que je subissais. Ici, je pense notamment aux séquences de rêve, qui sont assez étudiées et plutôt créatives en matière d'idées de montage ou d'effets visuels. On sent que c'est réellement dans ces moments que la réalisation se montre un peu créative, et ce sont ceux que je retiens de ce film. Maintenant, cela ne veut pas dire que la mise en scène est ratée dans le reste, car il y a quand même des moments intéressants, notamment au travers de quelques scènes d'actions. Mais il ne faut pas se le cacher, elle se montre quand même assez sage. Et dans l'ensemble, c'est ce que je dirai pour définir cette introduction : elle est trop sage. On a l'impression que cette licence pose beaucoup trop d'idées classiques et ne s'amuse donc pas réellement, alors que c'est ce que l'on attend de ce genre de production pour adolescents. D'autres nous ont prouvé par le passé que c'était possible, et je suis donc déçu que cette saga ne reproduise pas le même schéma. Pour conclure, un départ trop timide.