Vingt-quatrième volet des aventures de James Bond à l'écran, Spectre, réalisé par Sam Mendes, déjà derrière la caméra sur le précédent, est un film peu emballant, pour un résultat à peine moyen. L'histoire nous fait suivre l'agent 007 qui, suite à la vidéo testament laissée par M, se met à enquêter sur l'organisation secrète SPECTRE. Il va ainsi s'allier avec la fille d'un ancien ennemi afin d'affronter l'organisation, alors que dans le même temps, le nouveau M fait face à la volonté du Home Office de supprimer la section 00 des services secrets britanniques. Ce scénario s'avère hélas peu prenant à visionner tout du long de sa durée de près de deux heures et demie. Une durée qui se fait franchement ressentir. Pourtant, la généreuse introduction est franchement réussie et pleine de promesses. Mais, après un générique d'ouverture doté d'une belle esthétique, l'intrigue se poursuit sans retrouver la qualité de ses premières minutes. On assiste à un récit dans la continuité des trois derniers opus, à savoir sur des rails et donc peu surprenant. La formule est une nouvelle fois la même avec ses scènes d'action à base de courses-poursuites, combats à mains nues, fusillades, cascades et explosions. Des ingrédients offrant quelques bonnes séquences mais le spectacle n'est pas aussi impressionnant et mémorable que lors de certains passages de Casino Royale et Skyfall. Chose tout de même appréciable, le métrage renoue avec quelques gadgets. Le ton est lui toujours aussi grave et sérieux. Un sérieux parfois brisé par quelques touches d'humour peu convaincantes. L'ensemble est porté par des personnages qui peinent à évoluer. Des rôles interprétés par une distribution comprenant en tête d'affiche Daniel Craig qui endosse le costume pour la quatrième fois. Il est entouré par Léa Seydoux, Christoph Waltz, Ralph Fiennes, Ben Whishaw, Naomie Harris, Monica Bellucci, David Bautista, Andrew Scott ou encore Rory Kinnear. Tous ces individus entretiennent des rapports basés sur l'entraide ou la confrontation selon le camp, qui procurent peu d'émotions. Des échanges soutenus par des dialogues corrects. Sur la forme, la réalisation du cinéaste britannique se veut toujours aussi qualitative. Sa mise en scène est ambitieuse et particulièrement soignée, nous gratifiant de passages de haute volée, notamment son plan séquence d'introduction. De plus, elle évolue au sein d'environnements variés et agréables au gré des pays traversés pour remonter la trace. Ce visuel remarquable est accompagné par une bande originale aux compositions honorables accompagnant bien l'action et les images, même si leurs notes ne sonnent pas aussi juste que celles des dernières partitions proposées. La chanson du générique d'ouverture chantée par Sam Smith est pour sa part une des pires de toute la saga. Elle ne colle vraiment pas avec l'esprit de la franchise et c'est d'autant plus dommage car le visuel est, lui, de bonne facture. Reste une fin sans surprise venant mettre un terme à Spectre qui, en conclusion, est un épisode dispensable et vite oubliable.