Grand retour aux sources bien appréciable du maître du fantastique flippant G. Del Toro après s'être essayer à un style plus large public et qui avait offert d'excellentes choses, mais il est clair que l'on aime d'autant plus quand il fait cela à sa sauce alliant violence, costumes d'époques et style proche du conte par une mise en scène qui est propre au réalisateur, et après son "Labyrinthe de Pan" le voilà à nouveau à la paternité d'une œuvre unique par son esthétique tant par l'ambiance établie. C'est d'ailleurs ce que l'on aime avant tout dans le cinéma que propose Del Toro, soit un univers très stylisé sachant jouer autant des costumes et décors typique d'une époque passée mais pas pour autant clairement définie, le but étant de donner une ambiance par ces simples éléments là, puis c'est aussi à travers cette vision très singulière du fantastique, mixant horreur et croyances populaires illustrées mais l'élément le plus crucial et que l'on retrouve à chaque fois dans la construction de l'univers de ses films, le réalisateur se plaît à mêler le vrai au faux, en gardant à l'esprit que les aspects fantastiques de certaines scènes sont dépendante d'un seul personnage, et que le reste se fonde sur une réalité tout à fait plausible, chose que l'on retrouve aussi dans le scénario puisque le genre du film à beau être clairement assumé tout du long, le cœur même de l'intrigue reste basé sur des éléments et événements tangibles, tout ce qui relève de l'irréel à l'image à pour but d'offrir une esthétique bien particulière, comme c'est le cas par exemple avec la présence de papillon lors de nombreuses scènes à l'intérieur du manoir, ou encore la neige qui tombe à l'intérieur de l'entrée principale, afin de donner ces nuances si particulière à ce qui se passe, installer cette ambiance très particulière qui est aussi à pour faire balancer le doute entre thriller fantastique ou pas, et même si l'on est pas adepte du genre, on ne peut que reconnaître une fois de plus que la qualité visuelle est au rendez-vous, les costumes sont somptueux, tout comme le style de l'époque choisie, très victorien afin de rendre au mieux cette atmosphère pesante qui pèse durant toute l'histoire, faisant preuve d'un poésie habilement sans trop en abuser, ainsi es décors fonctionnent tout aussi bien, et même si l'ensemble reste très contemplatif, dans le sens où ce ne sont de des illustrations permanentes et donc nécessaires pour rendre compte de l'ambiance générale, ce n'en est pas moins appréciable. D'autant plus que même si le fantastique ne fait qu'intervenir de temps à autre et permet surtout de créer cette univers très oppressant, il faut noter que la qualité visuelle de ces moments est plus qu'appréciable car en plus d'être bien foutu, ne tombant pas dans la simplicité malgré ce côté éphémère mais surtout c'est que cela ne tombe pas dans le piège d'essayer de surprendre par le sursaut mais plutôt par une force violente, tant dans la façon de le mettre en scène que de la représenter toujours esthétique, ainsi le film à beau utiliser ces éléments pour parfaire son style et son ambiance plus que pour faire réellement peur, cela reste très plaisant, chacun d'entre eux sont utilisé à une juste mesure et de façon très réfléchie, cela menant à un aspect pas si éloigné du style de fantastique que Del Toro exploite et qu'il apprécie mettre en image, c'est bien évidement l'emploi d'une violence bien enragée, n'hésitant à faire couler le sang, justement sa couleur prend un sens tout particulier dans ce film à, tant par le contexte que par l'essence même du scénario qui renvoie au titre, faisant des nuances de rouge un élément majeur de l'image, mais aussi en se faisant un malin plaisir à montrer chaque acte de barbare sans concession, et pas besoin de jouer avec viscères et autres trucs gores, il suffit que la manière de jouer et filmer cette violence soit sincère, car en plus de donner plus de poids à cette atmosphère oppressante du scénario qui est lié largement au genre, toute cette barbarie parvient autant à s'illustrer dans le fond même de l'intrigue, par les révélations faites qui en deviennent aussi morbides que certaines scènes de coups de couteau ou de massacres purs et simples, ainsi tout ce plaisir se retrouve dans ce film, mais cela ne restent que de simple éléments d'illustrations et de narrations qui fonctionnent bien et donne une vraie force à la mise en scène. Le problème n'en est pas tant le scénario d'ailleurs mais plutôt son exploitation qui est non seulement s'opère de manière irrégulière et qui surtout est bien trop longue à prendre réellement forme, étant donné que le film commence à prendre un peu d'intérêt qu'une fois l'établissement complet du décor et des personnages ce qui à tendance à traîner en longueur, et même si l'on apprécie ce qui est mis en image autour, cela reste trop mou, et une fois l'action lancée les évènements tardent à se mettre en place, se perdant dans quelques dialogues pas très flamboyants, dès moments d'amour et d'émotion typiques de ce genre de conte fantastique mais qui n'ont rien de captivant ici et bien que l'on puisse apprécier que le scénario soit traité intégralement et de manière évolutive encore une fois à la manière d'un conte, puisque c'est ici l'essence même des films de Del Toro comme celui ci, trop de passages peu convaincants jalonnent le déroulement de l'intrigue, alors que pourtant celle ci offre de très bonnes choses, essentiellement dans sa dernière partie, lors des diverses révélations et affrontements qui en découlent pouvant même aller jusqu'à titiller la morale de manière plutôt plaisante, ainsi on peut pas dire que tout soit passionnant, trop d'écart de rythme pour se prendre totalement au jeu même si l'ambiance permet un lien constant et qui se tiens pas trop mal, du moins dans la manière de jouer entre réaliser et fantastique, on se surprend même à être surpris à la fin du film alors qu'on ne pensait être transporté uniquement par le style et la mise en scène. Alors bien évidemment il faut garder à l'esprit que cela est monté une fois de plus purement à la manière d'un conte, chose dont Del Toro prouve qu'il maîtrise à la perfection et que cela implique évidement de respecter tout un tas de code dans la structure du scénario et on ne peut pas lui reprocher de l'avoir respecter, d'autant plus que le réalisateur mexicain à cette capacité à apporter sa propre touche quand il s'agit de mettre en image ces histoires fantastiques, avec un brin de folie, de mysticisme rappelant indéniablement certaines croyances populaires et c'est singularité de narration qui peut faire la différence, dans le sens où il peut raconter des histoires au tenants assez basiques, c'est clairement l'esthétique générale qui permet de donner plus de relief à des choses que l'on peut avoir déjà vu et surtout permettant d'entrer dans son univers par la simple curiosité, après peut être que ici cela reste pas assez étayé, construit avec des éléments qui trouvent échos dans l'intrigue mais ne donne pas assez de puissance au contenu même et la fin à beau fonctionner et être surprenante à certains égards, l'originalité réside bien plus dans la réalisation et le genre.