Alors que ses camions sont régulièrement la cible de très violentes attaques Abel Moralès, immigré mexicain, avec sa femme Anna, fille d'un truand réputé de Brooklyn, tente de conserver son business. Pour un entrepreneur qui se veut honnête choisir le milieu pétrolier est un métier à risques, et pas seulement pour soi, pour toute sa famille. Une concurrence trouble, menaçante et déloyale met tout en œuvre pour lui rendre la vie impossible et lui faire couler sa florissante entreprise. Rien ne lui épargné : chauffeurs agressés, commerciaux tabassés, perquisitions abusives, accusations sans fondement. Il lui en faudra à notre intègre chef d'entreprise pour évoluer et prospérer dans un milieu prêt à le trahir à la moindre occasion. La corporation des pétroliers de New-York n'attend que, vienne sa chute pour récupérer ses parts du marché. Le pacifique et non violent homme d'affaires a toujours choisi le chemin le plus droit, et malgré les humiliations, le chantage, l'intimidation, il gardera la tête haute. Vous êtes prévenus, rapaces et vautours politicards, la corruption ne fait pas partie de ses priorités. Ma note sera de 3,14 sur 5. Un bon film qui nous fait part du danger du rêve qu'on dit américain, pas crédible aujourd'hui …
Lara Croche — Le rêve américain a des talons hauts
L’Amérique. Le pays où tout le monde aurait sa chance. Le pays de tous les possibles. Enfin… à condition d’avoir les nerfs solides, les poches pas trop vides et surtout de savoir nager quand les requins commencent à tourner autour de vous. Dans A Most Violent Year, . Chandor nous raconte l’ascension d’Abel Moralès, un homme qui veut réussir honnêtement dans une ville où l’honnêteté semble être devenue une faiblesse. Il travaille, il investit, il prend des risques. Il veut bâtir son empire sans se salir les mains. Abel croit au rêve américain.
Moi, La ra Croche, j’y crois surtout quand je regarde Anna Moralès. Parce que le véritable héros de cette histoire, mesdames et messieurs, ce n’est pas Abel. C’est Anna. Anna, c’est la femme qui voit ce que son mari refuse parfois de regarder. Celle qui comprend les rapports de force, qui connaît les dangers, qui sait que dans ce monde d’hommes en costumes, de magouilles et de flingues sous les manteaux, la morale ne suffit pas toujours à garder la tête hors de l’eau.
Et quelle femme ! Jessica Chastain est exceptionnelle. Elle ne joue pas une épouse décorative venue applaudir son petit mari courageux depuis le bord du terrain. Elle joue une femme de pouvoir. Une femme qui observe, calcule, protège et agit. Quand Abel veut rester propre, Anna se charge de faire en sorte qu’il puisse le rester. Quand Abel avance avec ses grands principes, Anna regarde les réalités en face. Quand les loups montrent les dents, elle ne demande pas où est le berger. Elle sort les crocs. Et c’est là que le film devient, à mes yeux, beaucoup plus intéressant qu'une simple histoire de réussite américaine.
Parce que derrière le self-made-man, il y a souvent une femme dont personne ne parle. Une femme qui soutient, qui travaille, qui prend des décisions, qui encaisse, qui protège ; et parfois même… une femme qui sauve les hommes de leur propre naïveté. Alors oui, Abel Moralès est courageux. Il s'accroche à son rêve dans une époque où la violence, la corruption et la peur veulent lui faire abandonner. Mais Anna, elle, sait exactement dans quel monde ils vivent. Et c’est peut-être elle qui comprend le mieux cette fameuse Amérique où « tout le monde a sa chance ».
Parce que la chance, quand on est une femme, il faut parfois aller la chercher avec les dents. Alors que la mafia new-yorkaise se méfie. Parce qu’elle a peut-être l’habitude de traiter avec des hommes.
Mais elle n’a manifestement pas encore compris le pouvoir des femmes.
Lara Croche : Chroniqueuse pour la page Facebook « Je fais mon Cinéma »
J’aime tous les cinémas. Mais j’ai une tendresse particulière pour ceux qui donnent enfin la parole à ceux qu’on laisse d’habitude dans l’ombre. Défendre l’opprimé, la veuve et l’orphelin Évidemment. Et si nécessaire, je viens avec Anna Moralès.