Conception médiocre et jeu d'acteur exceptionnel
Le film possède indéniablement quelques qualités, notamment la performance d'Austin Butler dans le rôle d'Elvis Presley ! Mais, cette tentative de biopic, signée Baz Luhrmann, souffre d’un
manque chronique d’authenticité—préjugés et critères imposés—et d’une conception médiocre
.
Un manque de
respect criant relatif aux origines de la passion et du génie d’Elvis Presley. Qui, s’il a certainement été aussi influencé par le blues et le R&B du Tennessee, a avant tout été bercé par les styles Country et Crooner : Un Crooner est un chanteur qui interprète des chansons d'amour lentes et sentimentales ou des standards de jazz d'une voix douce, suave et intime. Ce style vocal particulier repose sur la chaleur et un phrasé délicat, donnant l'impression que le chanteur berce l'auditeur d'une douce sérénade
.
Le scénario de Monsieur Luhrmann se permet donc de, tout simplement, passer sous silence ces deux
apports fondateurs
, alors même que son film dure presque trois heures.
De surcroît, il s’autoriser même à
remixer certains tubes du King avec des touches « métal » ou « rap » — « Sacrilège » criera donc toute personne respectueuse, même s’il elle apprécie les deux genres musicaux précités ! — et à fabriquer des fausses images d'époque, au lieu de mettre en valeur les nombreuses images d’archives
.
Loin donc de
rendre hommage à la Légende du Rock and Roll, Baz Luhrmann réduit la trajectoire du King à celle d'un phénomène de foire, tout en se concentrant excessivement sur le personnage du Colonel Tom Parker
.
Un personnage qui, soit dit en passant, n'aurait jamais dû être incarné par
une star. Encore moins du calibre de Tom Hanks, même si, comme à son habitude, ce dernier excelle dans son rôle
.
Techniquement parlant, cet essai est
bâclé. Tant au niveau de la conception de production, que de la réalisation, de la photographie et du montage, rendant le résultat final étouffant
.
Moralement, il prend,
honteusement, le parti des exploiteurs qui ont fait de la carrière d'Elvis son calvaire fatal
.
En conclusion, gardons-en mémoire la
performance, digne d'un Oscar, d'Austin Butler. Car, elle seule nous fait regarder ce film jusqu’au bout, avec intérêt et admiration
.
Vivement un biopic aussi parfait et passionné que le « Michael » d’Antoine Fuqua, afin de rendre à Elvis Presley l’hommage cinématographique qu’il mérite, depuis 1977 !