Une nouvelle fois, les critiques cinémas m'ont paru extrêmement à côté de la plaque lorsque je me suis lancé dans le visionnage de cet "Avant toi". Si cela peut paraître un peu extrême, il faut comprendre que j'avais entendu beaucoup de bien en ce qui concerne ce projet. Pour le coup, je m'attendais donc à voir quelque chose de grand lorsque j'allais m'y plonger à mon tour. Quand on voit un engouement aussi important autour d'un long-métrage, on s'attend donc logiquement à découvrir ce que tout le monde a ressenti. Pourtant, dès les premières minutes du film, je me suis posé des questions. La raison étant simple : j'ai eu la sensation de me retrouver face à un téléfilm. Et à ce niveau, je parle vraiment de tous les aspects qui m'ont été présentés. Déjà, visuellement, car le long-métrage me semblait extrêmement lambda. Porté par une photographie vraiment plate, on se retrouve finalement face à une esthétique extrêmement sobre. Certes, ce n'est pas une mauvaise chose, mais à aucun moment la mise en scène (bien qu'elle soit loin d'être mauvaise) n'a réussi à me faire ressentir ce début de relation très amorphe que vivent nos personnages. Par ailleurs, cela se poursuit fortement au niveau du casting, car j'ai vraiment eu beaucoup de mal avec la prestation d'Emilia Clarke. Sur le début du film, on comprend que sa naïveté doit ressortir avant tout, mais elle le joue tellement peu subtilement. À aucun moment, je n'ai eu envie de rire, ses expressions faciles semblant toujours aller trop dans l'extrême. Et par ailleurs, j'ai très vite été un peu gêné par la bande-son. Elle est globalement composée de morceaux déjà existants, donc efficace, mais qui sonne quand même comme quelque chose d'un peu déjà vu et revu pour un genre comme la comédie romantique. Dans tous ces aspects, le film me criait au visage qu'il n'allait qu'être cela, et rien de plus. Cependant, je dois bien avouer avoir été très surpris par la manière dont le film prend son envol. Je pense que ce n'est pas foncièrement une bonne idée d'avoir autant insisté sur l'aspect romantique du projet, car il est finalement plus un film sur le choix de notre existence que sur l'amour en lui-même. Pour moi, le personnage de William est le meilleur point du film, et à tous les niveaux. Déjà, car il est parfaitement interprété par Sam Claflin, qui réussit à être beaucoup plus subtil et drôle que sa camarade de jeu. Mais aussi, car son écriture réussit à nous surprendre. Rapidement, l'histoire met en place une notion de sacrifice face à la vie, et je dois dire que ça m'a plutôt interrogé, et je dis cela positivement. Au lieu d'aller dans le cliché de la relation parfaite qui va redonner le goût de vivre à un personnage malheureux, le film assume sa position de fatalité. L'idée n'est pas de retrouver la vie, mais de comprendre en quoi elle ne peut plus exister pour le personnage de William. Honnêtement, la conclusion m'a complètement retourné, car je ne m'attendais pas à ce que cette décision soit prise. Jusqu'au dernier moment, je me suis dit que le film n'allait pas assumer et faire marche arrière, alors je suis content qu'il ait été jusqu'au bout. Au final, on pourrait se dire que l'ensemble est maladroit, même au niveau de son message, car il porte notamment un regard assez méprisant sur le peuple un peu "déconnecté". Pourtant, via cette envie de porter son idée jusqu'au bout et grâce à un acteur vraiment talentueux pour le porter, le message global reste suffisamment fort. On ressort de là en n'étant pas complètement d'accord avec le principe, mais on comprend ce personnage. Et honnêtement, je pense que c'est ce choix très assumé qui a été apprécié et qui a aussi bien marché sur les gens. Malheureusement, au risque de vous décevoir, cela ne va pas redéfinir mon avis global et il restera mitigé. Certes, je suis très heureux qu'il ait eu le courage d'aller jusque-là, mais je ne peux pas oublier ce style et ce ton très clichés de côté. C'est donc une romance quand même assez surprenante, bien qu'elle soit servie sur une table parfaitement connue. Pour conclure, un film compliqué à juger.