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alf38000
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3,5
Publiée le 10 septembre 2020
Bien au-delà d’un film sur une simple et ingénieuse arnaque, le long métrage d’Albert Dupontel, (inspiré du roman éponyme de Pierre Lemaître) virulent pamphlet contre la guerre, mais également contre la bêtise humaine, déroule son cortège de mort, de mutilations, mais également de soif de vivre, de revanche et d’espoir en un avenir meilleur. Une œuvre magnifiquement filmée qui fait se croiser les destins de plusieurs personnalités et qui n’est pas sans rappeler le "Joyeux Noël" de Christian Carion ou le dérangeant "Sentiers de la gloire" de Kubrick qui dénonçaient tous deux la même absurdité belliciste.
Suis assez déçue du résultat et heureuse ô combien heureuse d'avoir lu ce puissant livre avant. Si les acteurs les astuces et le réalisateur sont talentueux, le scénario a été tellement maltraité, estropié, raccourci, qu'on ne retrouve plus la profondeur des personnages. Et que je n'ai pu m'y attacher comme pendant la lecture. Pradelle paraît tout juste méprisant alors qu'il est une véritable ordure, on n'y évoque même pas le mariage de Madeleine et de Pradelle. Pas plus qu'on y détaille la naissance de la relation entre Edouard et Albert, essentielle à toute la suite, et cela démarre par un interrogatoire d'Albert alors que justement c'est ce que l'on craint pour lui durant tout le récit, et que sa bonté d'âme lui évitera ... c'est un bon film, on ne s'y ennuie pas mais tellement en dessous du niveau du récit. C'est d'autant plus palpable que l'auteur manie le rythme le vocabulaire les sentiments et l'art du récit de manière exceptionnelle.
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5,0
Publiée le 23 août 2020
Le déclic de l'histoire dans Au Revoir Là-haut se déroule dans les derniers jours de la Première Guerre mondiale. On dit que l'armistice se produit à tout moment mais il y a encore des commandants qui ont encore du mal à mettre de côté leurs jouets de guerre et continuent de mener des missions absurdes envoyant des soldats sur la voie de la mort et de mutilations inutiles. L'une des dernières victimes de la guerre est le particulier Edouard Pericourt, un artiste dont le talent et le style évoquent les œuvres d'Egon Schiele. Il est gravement blessé et défiguré et portera pour le reste de sa vie des masques qui cachent la mutilation mais expriment également ses humeurs et ses sentiments. Nahuel Pérez Biscayart passe une grande partie du film derrière les masques qu'il a créés et c'est un défi d'acteur de plus qu'il surmonte avec un talent superbe. Son ami et compagnon est un ancien soldat, Albert Maillard (joué par Albert Dupontel). Péricourt refuse de retourner dans sa riche famille l'ancien conflit avec son père sévère et autoritaire étant en partie responsable de cela. Il veut juste disparaître comme mort et cacher son identité et écourter le destin brutalement détruit par la guerre. La vengeance qu'il imagine ne vise pas le bénéfice personnel c'est une revanche contre le système et la société qui l'ont envoyé lui et toute sa génération à la guerre qui ne se soucie pas des victimes vivantes, des survivants traumatisés physiquement mais surtout psychologiquement et contre les démagogues et les profiteurs de guerre qui ont changé les entreprises de vente d'armes à la construction de cimetières et de monuments de guerre. Je n'en dévoilerai pas plus sur l'histoire pour laisser intact aux spectateurs le plaisir de regarder ce film. C'est une histoire très bien écrite avec des personnages qui réussissent à être à la fois originaux et crédibles. C'est magnifiquement filmé, avec un travail cinématographique expressif et attrayant cherchant des angles de caméra surprenant en permanence qui rendent l'expérience intéressante à tout moment. L'art joue un rôle particulier il y a beaucoup d'oeuvre originales (dessins, masques) créés pour le film dans l'esprit des mouvements artistiques de l'immédiat après-guerre. En tant que spectateurs nous sommes ravis d'une belle et authentique image de Paris en 1919 et de l'évolution de l'art au lendemain de la guerre à l'époque ou les artistes art-déco se tournaient vers l'expressionnisme et l'abstrait pour exprimer leurs sentiments. C'est l'un des meilleurs films sur et contre la guerre que j'aie jamais vu...
Malgré une photographie soignée, en particulier dans la première partie, et un montage dynamique, le film semble vaciller entre les styles, donnant lieu à quelques scènes burlesques sans grand intérêt. Nous pouvons cependant noter la volonté du réalisateur à user de plans-séquence réussis et impressionnants.
Je ne comprends vraiment pas certaines critiques de soi-disant "spécialistes" du cinéma, certainement jaloux du coup de maître réalisé par Dupontel avec ce film et encore plus sûrement par leurs tristes et pitoyables expériences personnelles dans ce domaine, n'est ce pas Jean-Philippe Tressé? Ou les commentaires venant de personnes se voulant plus critiques que les critiques... Des "stars" du cinéma qui ne connaissent cet art qu'à travers leurs yeux et leurs avis (oui, j'ai enlevé le minable que je voulais ajouter). En fait je suis d'accord avec certains de ceux-ci, le cinéma est un échange et je juge personnellement un film un peu à la Prichard du "Cercle des poètes disparus", à leur intensité... Pour moi ce film est exceptionnel, pas nécessairement par le jeu d'acteurs qui est admirable ou par les différents plans sublimes d'ailleurs, mais surtout par la sensation qu'il procure. Et je vous avoue avoir découvert relativement rapidement à quel point ce film est beau et triste à la fois. Mais je pense que pour l'apprécier il faut avoir vécu ou avoir connu une histoire proche de celle racontée par Dupontel.
Beaucoup de travail, ce film. Dupontel a eu droit a un gros budget et rien qu'en décors et effets spéciaux, ça se voit à l'écran. Même un peu trop... Donc, après un première heure de film très très pyrotechnique, la deuxième heure est plus calme formellement et ça permet de mieux adhérer aux enjeux dramatiques... Le problème que j'ai avec Dupontel, c'est que je n'arrive pas à distinguer chez lui une vraie mise en scène. Le découpage, les plans au grand angle, les drones, les grues, tout ça fait qu'on a l'impression d'être dans une fête foraine dont Terry Gilliam et Jean Pierre Jeunet seraient les parrains (références insistantes chez Dupontel, mais bon...) Cela me laisse perplexe. On sent bien que Dupontel veut transcender le texte de Pierre Lemaître par une forme percutante mais c'est trop...Cela donne un film qui manque vraiment de profondeur.... Et pourtant, la séquence dans les tranchées qui ouvre le film est impressionnante et fait mal... De même, tout un lot de scènes ressortent étonnamment bien de cette satyre post guerre 14/18 et pourtant il manque quelque chose qui inspire vraiment la réflexion. Le seul personnage qui en amène un peu est celui campé par le très bon Niels Arestrup... De même,Laurent Laffite avec son personnage très cynique ne démérite pas... Sinon, le jeune Nahuel Perez Biscayart qui joue Edouard est un peu le fil conducteur du film, il arrive malgré les masques, à faire exister son personnage, à faire passer une émotion, mais cela ne suffit pas. A côté, Dupontel se démène, en trublion qui court partout, il occupe 70% du cadre avec son numéro mais il y a des moments on aimerait qu'il se pose... Là-dedans, ce sont les rôles féminins (Emilie Dequenne, Mélanie Thierry...) qui ont la plus petite portion, hélas. En fait, on aurait juste aimé un peu plus de psychologie et moins de montagnes russes...
Je ne m'y attendais pas, mais c'est un véritable chef d'oeuvre et du coup ce film mérite ses cinq oscars. Un magnifique film avec une magnifique photographie. Tous est parfait, le style et l'ambiance, et le décors.
Un petit miracle du cinéma français, je ne connaissais pas l'oeuvre d'origine mais ce qu'en a fait Albert Dupontel est mémorable, sans aucun doute. Il maîtrise son sujet de bout en bout, entre envolées lyriques et réalisme prenant, son métrage est emprunt d'une certaine poésie, on navigue entre réalité et burlesque parfois mais toujours avec une main de maître. L'histoire est singulière et la reconstitution de l'époque formidable, Dupontel a su en outre s'entourer d'excellents comédiens, Nahuel Perez Biscayart en tête, lui n'est pas en reste d'ailleurs avec une partition une nouvelle fois particulièrement touchante. Pour une fois, la bande annonce n'était pas trompeuse, le produit final respectant parfaitement cette mise en bouche qui donnait véritablement envie, tout y est réussi. Ce nouveau long métrage de Dupontel apparait très personnel et d'une maîtrise sidérante, dommage que le rythme s'essouffle parfois avec quelques scènes moins palpitantes que d'autres mais le travail dans l'ensemble est formidable et le moment intense pour le spectateur, du grand art et une belle réussite pour Dupontel qui trouve un univers proche de JP Jeunet pour le coup. A voir !
Malgré tous les efforts d’A.Dupontel en termes d’effets spéciaux de guerre, de mise en scène, à force de chercher la perfection technique et visuelle, il manque un vrai souffle épique et un vrai engagement notamment au niveau de l’interprétation. Divertissant bien qu’ambitieux tout au plus.
C'est avec incompréhension que j'écris cette critique je ne comprends vraiment pas le succès de ce film... Il est intéressant mais lent et vide et franchement pas une fois je me retrouve emporté par le récit
Une réalisation appliqué et magnifique de la part de Dupontel encore une fois qui se perfectionne de plus en plus, reconnaissable entre tous. Fluide et clair, le scénario sur deux veterans de la première guerre mondiale après la victoire, est raconté comme un conte absurde à en faire sourire voir rire sur un sujet qui n'en est là que pour raconter aussi les horreurs de la justice Française, déjà alors pourri et corrompu. Une histoire qui passe comme une lettre à la poste avec des séquences sérieusement dérangeante chère au cinéaste qui joue aussi juste que ces complices. Laurent Lafitte joue une vraie ordure de première, est surprenant et efficace, Niels Arestrup touchant, Melanie Thierry, Émilie Dequenne a voir aussi pour l'excellent Nahuel Pérez Biscayart (120 battements par minute) qui ne joue que derrière un masque et ne dit aucun dialogue arrive à s'exprimer par le corp. Dramatiquement drôle vue les circonstances du récit qui aurait peu être traité avec respect, mais aurait-il été aussi bon si cela avait été le cas ? Avec de l'humour noir à fond, un film passionnant, poétiquement grotesque, loufoque, dansant. Les décors sont prodigieux, l'époque également bien reproduit. Une petite touche de tristesse tout de même sur la fin. Un film français original bien comme je les aimes. Merci Albert !